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Rechercher : Beaujolais

je crois qu'il faudra bien du temps pour rétablir la circulation et la confiance

... Et vous sentez bien qu'il ne s'agit pas là des conditions de circulation routière alors qu'on parle d'alerte météo dans 19 départements : attention nous sommes en hiver et il va neiger , quel scoop !

Il peut être question des chauffeurs de taxis qui savent à l'occasion, tout comme les routiers et les cheminots semer le soukh et geler eux aussi les déplacements de leurs concitoyens qui n'en  peuvent mais .

Malheureusement, on fait un constat tristounet à propos de notre politique

confiance Charles_Alexandre_de_Calonne.jpg

 

« A Jean-Robert TRONCHIN

à Lyon
Je commence à espérer la paix, et je pense que cet événement si désirable est ou sera la suite de ce que je vous mandai il y a quelque temps. Mais je crois qu'il faudra bien du temps pour rétablir la circulation et la confiance.
Ne soupçonnez-vous pas que M. Silhouette voulait faire rendre gorge à certains financiers, et que ceux-ci l'ont culbuté?1 Il allait trop vite, il effarouchait; peut-être de bonnes intentions trop
précipitées l'ont perdu. S'il y a quelques nouvelles je vous prie de m'en faire part . Je n'en sais point encore d'Allemagne .

Si vous pensez, mon cher monsieur que le vin que vous avez eu la bonté 2 soit de garde je vous prie de m'en envoyer encore deux pièces .

J'ai écrit à Paris pour les livres qu'on ne peut trouver à Lyon .

Nulle nouvelle sinon qu’on attend la réponse de Vienne pour avoir la paix . Le roi de Prusse inattaquable dans son camp de Meissen et le duc de Virtemberg battu la font espérer .

Votre très humble serviteur

V.

17 décembre [1759] 3»

2 V* a oublié quelques mots, sans doute de m'envoyer . Voir lettre du 6 octobre 1759 à JR Tronchin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/10/26/n-auriez-vous-point-du-nectar-cette-annee-en-beaujolais-rien-5476966.html

3 Année ajoutée sur le manuscrit .

 

 

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27/12/2014 | Lien permanent

pourrait-on par votre faveur trouver à Lyon deux tonneaux de bon vin de Serrière ou autre bien potable

... Car en ces temps (qui sont brefs habituellement sous nos climats) de canicule, je sens venir une bonne petite soif .

A propos du Salvagnin, je laisse l'entière responsabilité de son jugement à Volti ; pour ma part je le préfère quand même aux Beaujolais pissés dru, sans toutefois le porter aux nues (fussent-elles alcoolisées ) .

 C'est à boire , à boire, à boire , ... qu'il nous faut

 Macon-tonneaux.jpg

 

« A Ami Camp

et compagnie

à Lyon

Aux Délices 12 avril [1758]

Je vois par vos lettres mon cher monsieur, que vous prévenez tous mes désirs . Je n'ai jamais que des remerciements à faire, soit que je vous écrive ou à M. Tronchin .

Si vous n'avez pas envoyé les cent bouteilles voulez-vous bien y ajouter six bouteilles de vin de Rota ou d'Alicante 1 bien vieux ? Cela conviendrai très fort à mon estomac fort délabré qui est dans un état où le vieux vin d'Alicante est un spécifique . Savez-vous ce que c'est que la nouvelle opération de finance ? Mais ce qui m'importe le plus, pourrait-on par votre faveur trouver à Lyon deux tonneaux de bon vin de Serrière 2 ou autre bien potable , car les huit tonneaux de 1756 ont tous mal réussi, et il me vient du monde ? J'ai recours à vos bontés sans quoi nous serions réduits au Salvagnin 3 et cela serait dur .

Mme Denis et moi nous sommes etc.

Votre très humble et très obéissant serviteur

V. »

3 Le salvagnin , cépage dit « maintenant disparu » était une sorte de pinot noir . Bescherelle le définit comme un cépage du département de l'Ain qui y aurait été introduit par Voltaire . Actuellement on parle de Salvagnin pour désigner un vin rouge issu de Gamay, de Pinot ou de leur assemblage ; on parlait de Salvagnin dans le vignoble neuchatelois en 1775 . Des redevances en Salvagnin autant qu'en « bon vin blanc » sont livrées aux patriciens genevois par leurs grangiers en 1720 près d'Annemasse . Voir : http://www.academievin.com/pressrelease.aspx?cid=168&lid=2&eid=1&clid=1&ctid=6

 

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30/07/2013 | Lien permanent

Rien n'est si cher que de rendre justice

...

justice.jpg

 

 

 

 

« A Jean-Robert Tronchin

à Lyon

30 novembre [1759]

Un Suisse comme moi, mon cher correspondant ne connait ni les Beaujon 1 ni les Gaussen 2 ni rien de la marine . Je prie Dieu seulement que notre marine ne soit pas anéantie . Et je vous félicite de ne point souffrir de toutes les secousses que le royaume vient d'éprouver .

Le vin de Beaujolais me consolera un peu . Je vous fais mes remerciements ; vous mangez donc à cul noir comme toute la France 3. Il n'y a sorte de bontés que vous n'ayez pour moi . Le libraire Laroche prétend qu'il m'envoie l'ordonnance des eaux et forêts . S'il l'a envoyée je vous supplie de vous en faire informer . Il me faudrait aussi l'ordonnance criminelle 4 attendu que l'on juge à présent un procès criminel dans mes terres . Rien n'est si cher que de rendre justice .

J'ai pensé il y a quinze jours qu'il était bon d'acheter actions sur les fermes quand elles étaient à 600 . Le fonds est sûr . Je crois que 30000 livres ne seraient pas mal employées dans dans cet effet . Mais il faudrait vendre annuités et loteries 5, et je les crois actuellement invendables . Ne reprendront-ils pas faveur si M. de Montmartel règne sous le nom de M. Bertin 6? Mais alors les actions des fermes ne hausseront-elles pas aussi ? qu'en pensez-vous ? que me conseillez-vous ? Je commence à être bien pauvre . Je vous embrasse tendrement .

V. »

1 Nicolas Beaujon était un banquier chargé des comptes de la Marine .

2 Jean-Pierre Gaussen était un banquier genevois établi à Londres .

4 L'édit d'août 1670 ; voir Lavisse, Histoire de France, 1905, VII, I, 291-292 .

5 Billets a été ajouté au-dessus de la ligne .

6 A propos du remplacement de Silhouette par Bertin , De Brosses écrivait à V* vers le 20 novembre 1759 : « Le contrôleur général branle au manche . On parle beaucoup de M. Joly de Fleury ». Et Thieriot, le 28 : « Vos espérances et les nôtres sur l'administration de M. de Silhouette se sont bientôt évanouies […] . Le roi a forcé M. Bertin de prendre le contrôle général . Il ne l'a accepté qu'en demandant un conseil qu'il se formera de quatre personnes choisies . » Bertin succéda à Silhouette le 21 novembre 1759 .

 

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07/12/2014 | Lien permanent

j'aime bien mieux que le conseil mette le peu d'argent qu'il a à nous faire de beaux chemins

... C'est un voeu toujours d'actualité afin que nos impôts servent à quelque chose d'utile à tous ; dans la mesure du raisonnable, éviter la mise en route de projets ferroviaires comme une certaine ligne de TGV en direction d'une petite ville , symbole de légèreté, mais chère, trop chère,  à notre Fanfoué No Land .

 Conseil municipal, conseil général, un bon conseil sait saisir les bonnes occasions d'implanter des centres commerciaux de bon rapport

 DSCF0449 beau chemin segny.JPG

 

« A Jean-Robert Tronchin

à Lyon

8 octobre 1759

Cette fois-ci, mon cher monsieur, je fais réponse le même jour que je reçois votre lettre ; j'en avais déjà envoyé une à la poste, intitulée à Messieurs Tronchin et Camp 1; cette lettre par laquelle vous verrez à quels excès j'abuse de vos bontés et combien l’académie de lésine est subjuguée par nos plaisirs . Je ne sache point que M. de Chauvelin doive aller à Genève, il ne fera probablement que passer par la ville pour se rendre à sa destination . Les cérémonies seraient trop onéreuses et trop gênantes s'il s’arrêtait dans la ville ; j'aime bien mieux que le conseil mette le peu d'argent qu'il a à nous faire de beaux chemins . J’ai mandé à cet ambassadeur qu'il devait vous voir en passant à Lyon parce que vous êtes un homme excellent à voir, qu'il sera probablement ministre de la guerre 2 un jour, et que je souhaite que vous soyez lié avec lui .

À l'égard des douze mille livres , payables à Turin, je saurai incessamment le nom de la personne à qui il faudrait les remettre directement ; et s'il y a des frais cette personne les supportera .

Grand merci de la saucière, il faut au bout du compte une saucière, pour faire manger des truites à un ambassadeur . Elle suffira ; il faut bien faire quelque chose pour l'académie .

Grand merci encore du chocolat, car nous n'en avons plus, et grand merci des chiffons dont il est question dans ma requête à M.M. Tronchin et Camp ; le tout sans oublier le meilleur vin de Beaujolais, le plus couvert, le plus savoureux, le plus ressemblant au bourgogne, le plus digne d'être bu avec vous .

Je suis le plus trompé du monde, ou les affaires du roi de Prusse vont bien mal ; l'esprit de sédition est dans nos troupes , les officiers de notre belle légion ont assassiné un de leurs camarades, en présence du maréchal de Contades, nous n'avons pas la discipline des légions romaines, nous ne sommes pas faits pour ressembler à ces gens-là . Ma nièce et moi nous vous réitérons les plus tendres remerciements .

V. »

1  Cette lettre ne nous est pas parvenue .

Chauvelin devait mourir subitement sous les yeux de Louis XV fin 1773, sans avoir jamais été ministre de la Guerre ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard-Louis_Chauvelin et : http://www.andriesvandenabeele.net/AndriesVandenAbeele/AV...

 

 

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27/10/2014 | Lien permanent

Je ne vous demande du vin monsieur qu'en cas que vous en ayez de semblable à celui que vous m'avez envoyé les premières

... De ce Beaujolais nouveau dont une bouteille -oubliée trois ans dans ma cave-  voulu vieillir bien, au point de passer pour un bon Bourgogne au goût de mes invités . Las, ne reste que cet excellent souvenir, et , au fond , ce n'est pas rien .

Vivent les vins nouveaux ! ils ont le mérite d'encourager à se réunir en bonne compagnie , sans modération .

A propos de vin , extrait du  poème Comme, de Robert Desnos :

Poème, je vous demande un peu?
Poème? je vous demande un peu de confiture, encore un peu de gigot
Encore un petit verre de vin
Pour nous mettre en train...
Poème, je ne vous demande pas l'heure qu'il est
Poème, je ne vous demande pas si votre beau père est poilu comme un sapeur
 

 

« A Antoine-Jean-Gabriel Le Bault

Conseiller de Grand-chambre

à Dijon

A Ferney 12 novembre 1761 1

Je ne vous demande du vin monsieur qu'en cas que vous en ayez de semblable à celui que vous m'avez envoyé les premières années . À mon âge le bon vin vaut mieux que M. Tronchin . Il y a près de deux ans que je bois du vinaigre, et le président De Brosses n'y met pas de sucre . Je suis devenu délicat mais pauvre . Je me recommande monsieur à votre goût et à votre compassion .

Je vous demande en grâce de vouloir bien me procurer deux mille barbues 2, c'est le mot je crois, de ceps bourguignons . Le tout m'arriverait par les mêmes voitures . Tout ce que je reçois de Bourgogne me fait grand plaisir excepté les exploits du président De Brosses . Il veut vendre cher ses fagots . Tâchez monsieur de me vendre bon marché votre vin dont je fais plus de cas 3 que de cette grande forêt de quarante arpents de la magnifique terre du président . Je sais qu'il y a vin et vin , comme il y a fagots et fagots . C’est du bon que je demande . Il serait doux d'avoir l'honneur de le boire avec vous et que ce terrible président n'y mît point d'absinthe . Il fait d’étranges hypothèses ; il suppose des ventes ; et il argumente a falso supponente 4. Vous ne m'avez pas répondu, monsieur, sur l'arbitrage que je proposais . Aussi je n'en demande plus, et je le tiens condamné dans le cœur de tous ses confrères . Quod erat demonstrandum .5

J'ai l'honneur d'être très respectueusement

monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

1 Le Bault a ajouté sur le manuscrit : « Répondu le 28 novembre, offert du Rully soutiré à 200 livres et promis de lui envoyer les 2000 [pieds] de chapons. »

2 Il s'agit d'un mot dialectal signifiant plant de vigne ; pour sa part Le Bault parle de chapons .

3 V* semble avoir écrit d'abord fagots, mot en partie gratté, ce qui est très rare dans ses manuscrits .

4 A partir de fausses suppositions .

5 Ce qui était à démontrer .

 

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19/11/2016 | Lien permanent

Si nous n'avions pas quelque ressource dans l'envie de plaire, nous paraitrions anéantis . Le plaisir me soutient

... J'ai de l'eau jusque là ... mais ça va, elle est bonne !

J'ai un gros nez rouge - Comptine avec gestes pour enfants et bébés (avec  les paroles) - YouTube

Beaujolais nouveau oblige !

 

Mis en ligne le 19/11/2020 pour le 28/9/2015

 

 

« A Louise-Dorothée von Meiningen, duchesse de Saxe-Gotha

Au château de Ferney par Genève

27 septembre 1760

Madame , je devrai donc à vos bontés les lumières dont j'ai besoin pour achever l'Histoire de Pierre Ier . J'ai eu l'honneur d'envoyer à Votre Altesse Sérénissime trois exemplaires du premier volume . Ils sont en chemin . J'ose supplier Votre Altesse Sérénissime de daigner ordonner qu'un de ces trois exemplaires parvienne à Mme la comtesse de Bassevits . Elle accompagne les manuscrits dont elle me favorise, d'une lettre qui vaut infiniment mieux que toutes les négociations de M. de Bassevits . Je me vois souvent humilié par des Allemands qui parlent notre langue, à commence par vous madame et par le roi de Prusse . Mme de Bassevits est du nombre des personnes qui écrivent purement avec esprit mais je suis enchanté d'être ainsi humilié . Hélas que reste-t-il à présent à nous autres Français ? le plaisir madame de voir des personnes comme vous parler leur langue mieux qu'eux . Nous avons fait la guerre aux Anglais sans avoir de vaisseaux, nous l'avons longtemps faite en Allemagne sans avoir de généraux . Nous nous sommes ruinés tantôt à vouloir ôter la Silésie à la reine de Hongrie tantôt à vouloir la lui rendre . Si nous n'avions pas quelque ressource dans l'envie de plaire, nous paraitrions anéantis . Le plaisir me soutient . Je compte mettre incessamment à vos pieds une tragédie nouvelle, tragédie de chevalerie, où l'on voit sur le théâtre des armes, des devises, une barrière, des chevaliers qui jettent le gage de bataille, une femme accusée défendue par un brave qui est son amant . On joue cette pièce à Paris, et moi je la joue sur mon petit théâtre de Tournay à une demi- lieue des Délices . Les chevaliers modernes sont un peu plus sérieux en Silésie . Je ne crois pas qu'il y ait d'exemple dans l'histoire d’un roi qui ait su en huit jours atteindre de soixante lieues un ennemi vainqueur, le battre, arrêter les progrès de trois armées confédérées et faire trembler ceux qui croyaient l'avoir abattu 1. Cela est bien beau, mais celui qui a fait ces grandes choses ne sera jamais heureux et j'en suis fâché . Agréez madame le profond respect et l'attachement inviolable du Suisse V. »

 

1 V* donne ici une version de la bataille de Liegnitz teintée d'un peu de ton épique .

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28/09/2015 | Lien permanent

les calomnies les plus absurdes sont dangereuses

... Mais comment repérer les fake news ?

L-attaque-des-slips-tueurs-la-BD-pour-apprendre-a-combattre-les-fake-news.jpg

https://www.fnac.com/a18098572/Elise-Gravel-L-attaque-des-slips-tueurs-la-BD-pour-apprendre-a-combattre-les-fake-news

 

 

« Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally

et à

Jeanne-Louise Pavée de Provenchères de Rochefort d'Ally 1

12 février 1768

Hier il arriva dans ma cour, couverte de quatre pieds de neige, un énorme panier de bouteilles de vin de Champagne. A la vue de ce puissant remède contre la glace de nos climats et celle de la vieillesse, je reconnus les bontés de deux nouveaux mariés qui, dans leur bonheur, songent à soulager les malheureux . C'est une vertu qui n'est pas ordinaire.

Comptez, monsieur et madame, que je suis aussi reconnaissant que vous êtes généreux. Votre nectar de Champagne vient d'autant plus à propos que celui de Bourgogne a manqué cette année. Vous êtes venus à notre secours dans le temps que nous étions livrés à nos ennemis, au plat vin de Beaujolais et de Mâcon.

Vous nous avez flattés, Mme Denis et moi, que vous pourriez bien, en passant, venir boire de votre vin. Nous aurons certainement la discrétion de ne pas tout avaler, et nous vous réserverons votre part bien loyalement.

J'avouerai à M. le comte de Rochefort que [je] suis très affligé d'un bruit qui court dans Paris, que j'ai dîné autrefois avec le comte de Boulainvilliers et l'abbé Couet. Je vous jure que je n'ai jamais eu cet honneur. C'est une chose cruelle de m'attribuer toutes les fadaises irréligieuses qui paraissent depuis plusieurs années . Il y en a plus de cent. Les auteurs se plaisent à me les imputer. C'est un funeste tribut que je paye à une réputation qui me pèse plus qu'elle ne me flatte.

Il est très-certain que ce Dîner, dans lequel on ne servit que des poisons contre la religion chrétienne, est de Saint-Hyacinthe, et fut imprimé et supprimé il y a quarante ans juste. Cela est si vrai qu'on parle dans ce petit livre du commencement des convulsions et du cardinal de Fleury, et que tout y atteste l'époque où il fut composé.

Je sais, par une triste expérience, combien les calomnies les plus absurdes sont dangereuses, et viennent m'assiéger jusqu'au fond de ma retraite et empoisonner les derniers jours de ma vie. Votre amitié, monsieur, et la justice que vous me rendez, sont mes consolations. J'y ajoute celle d'employer mes derniers jours à la gloire de la patrie et de la religion, en donnant une édition du Siècle de Louis XIV, augmentée d'un grand tiers. Voilà ma seule occupation . Il n'est pas juste qu'on cherche à me perdre pour toute récompense.

Je suis pénétré des sentiments les plus respectueux pour les deux nouveaux mariés de Champagne. »

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24/09/2023 | Lien permanent

Vous me paraissez si supérieur dans votre genre que je ne suis point du tout étonné que vous ayez essuyé des dégoûts qui

... Oui, M. Collomb, c'est à vous que je m'adresse, vous qui venez de montrer si bien que vous avez atteint votre seuil d'incompétence, le niveau national étant trop élevé pour vous qui n'avez pour ambition que d'être maître à Lyon, petit Jules César qui préfére être maître de son village plutôt que second à Rome .

Vale .

 Image associée

Il arrive à temps pour le Beaujolais nouveau !

 

« A Jean-Georges Noverre 1

11 octobre 1763 2

J'ai lu monsieur, votre ouvrage de génie 3; mes remerciements égalent mon estime . Votre titre n'annonce que la danse, et vous donnez de grandes lumières sur tous les arts . Votre style est aussi éloquent que vos ballets ont d'imagination . Vous me paraissez si supérieur dans votre genre que je ne suis point du tout étonné que vous ayez essuyé des dégoûts qui vous ont fait porter ailleurs vos talents . Vous êtes auprès d'un prince qui en sent tout le prix .

Une vieillesse très infirme m'a seule empêchée d'être témoin de ces magnifiques fêtes que vous embellissez si singulièrement ; vous faites trop d'honneur à La Henriade de vouloir bien prendre le temple de l'amour pour un de vos sujets : vous ferez un tableau vivant de ce qui n'est chez moi qu'une faible esquisse . Je crois que votre mérite sera bien senti en Angleterre, parce qu'on y aime la nature . Mais où trouverez-vous des acteurs capables d'exécuter vos idées ? Vous êtes un Prométhée ; il faut que vous formiez des hommes, et que vous les animiez .

J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que vous méritez, etc., etc. »

2 L'édition de Kehl place la lettre en septembre 1760 sans doute en rapport avec l'édition des Lettres sur la danse et sur les ballets, 1760 . mais V* avait reçu de Noverre un exemplaire de la seconde édition, 1763, en même temps qu'une lettre datée du 1er septembre 1763 à laquelle il répond . La date précise du 11 octobre est donnée dans le Vie de David Garrick, d'A. Murphy, traduite par J.-E.-F. Marignié, 1800 et par une édition des Lettres à peu près contemporaine (1800-1802).

Noverre dit notamment dans sa lettre envoyée de Stuttgart : « […] malgré la réussite de mes ouvrages, j'ai quitté ma patrie avec la résolution de ne plus y exercer mes talents ; ils y ont été repoussés par les directeurs de l'Opéra, auxquels je les offrais même gratuitement […] Je croirais, monsieur, n'avoir rempli qu'imparfaitement ma carrière, si j'abandonnais le théâtre sans avoir donné un ballet tiré de La Henriade […] Le neuvième chant […] m'offre une carrière vaste dans laquelle je puis déployer toutes les richesses de mon art, et réunir dans un seul cadre tous le sgenres d'expressions possibles : le tendre, le voluptueux, le terrible y paraîtront toutr à tour, s'y disputeront l'avantage d eplaire, et me fourniront, ave =c des contrastes admirables, ce clair-obscur si nécessaire à la réussite des arts . » Suivait une description détaillée de l'action et du projet chorégraphique .

3 Lettres sur la danse et sur les ballets ; voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k108204h.texteImage

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05/10/2018 | Lien permanent

Les inflammations de poitrine, monsieur le marquis, nuisent beaucoup au commerce des lettres

... On vient de le voir à grande échelle avec la fermeture des librairies françaises . Grâce à Miss Bachelot, et en prenant masque et chaine d'arpenteur, on peut à nouveau reprendre contact avec le papier imprimé qui nous est cher et goûter aux livres primés -après le beaujolais nouveau cette année . Grand cru ? A voir !

PS-- A plus petite échelle , il faut noter que le Covid-19, bouffeur de poumons, vient de réduire au silence l'immortel Giscard d'Estaing . Bonchoir président ! Au revoir !

Loin du bruit du monde» de Valéry Giscard d'Estaing | Académie française

Cette fois-ci, c'est définitivement vrai !

 

 

« A Charles Michel, marquis du Plessis-Villette

5 auguste [1765] car je n’aime pas mieux août

que cul-de-sac,cela est trop welche.1

Les inflammations de poitrine, monsieur le marquis, nuisent beaucoup au commerce des lettres. J’en ai eu une dont les restes ne sont point du tout plaisants. Sans cela, votre jolie lettre du 4 juillet, vos très agréables vers, votre charmante imagination, m’auraient animé ; et je vous aurais dit, il y a un mois, tout ce que j’ai sur le cœur. Je vous trouve une des plus aimables créatures qui respirent : mais en même temps je vous trouve une des plus sages d’avoir un peu arrêté l’indiscrétion de ces bons amis qui disent du bien de vous pour de l’argent. Je les attends à une épître dédicatoire. M. de La Touraille, qui est d’une volée un peu différente, m’a écrit sur votre compte des choses qui ont bien flatté mon goût. Il vous aime, et il est digne de vous aimer. Vous avez là un bon second auprès de M. le prince de Condé. Je suis enchanté que vous n’aimiez pas trop le public, et que vous aimiez beaucoup vos terres. Voilà qui est vraiment philosophe :

Vous connaissez très-bien vos gens,
C’est un précieux avantage,
Et bien rare dans les beaux ans :
Votre esprit vous a rendu sage.
Si je le suis, c’est par mon âge,
Et je me suis trompé longtemps.

Mlle Clairon est chez moi : il y avait dix-sept ans que je ne l’avais vue. Elle n’était pas alors ce qu’elle est aujourd’hui . Elle a créé son art. Elle est unique . Il est juste qu’elle soit persécutée à Paris. Tout ce que vous m’avez appris, et tout ce qu’on m’a dit, augmente ma passion pour la retraite . Celle de vous y revoir est à son comble.

Permettez que je confie à vos bontés ce billet pour frère d’Alembert ? »

1 Tous les éditeurs à partir de Clogenson ont imprimé la version de la quatrième édition des Œuvres de M. de Villette, 1788 où celui-ci déforme la lettre, omet des passages et ajoute en fin deux paragraphes suspects, simplement conformes au climat politique du moment et aux opinions de Villette ; Clogenson au vu de la lettre du 16 juillet 1765 de d'Alembert qui parle de Villette en a conclu qu'il manque une lettre de d'Alembert .

« Il me mande que la Bible et le Martyrologe vous sont très-familiers. Vous avez soutenu devant lui avec courage et bienséance les attaques du prédicateur qui me hait encore plus qu’il n’aime le grand Arnaud et le grand Rousseau. Sans doute j’ai nié l’enfer des Égyptiens ; je me suis un peu moqué des charlatans qui ont inventé la roue d’Ixion ; mais j’ai toujours fait grand cas des inventeurs de la police. J’estime qu’un cavalier de maréchaussée impose plus lui seul que les trois furies et le vautour de Prométhée.

Je vous sais encore meilleur gré de savoir par cœur des pages entières de mon Siècle de Louis XIV. Vous me donnez une grande idée de ma prose. Mais ne répondez plus, je vous en prie, à ces vieilles redites. Je n’ai point fait un dieu de celui à qui j’ai reproché son despotisme, son ostentation, sa femme et son confesseur. Rien de si facile que de louer, ou de blâmer à outrance, un roi qui a doublé la force et la grandeur de la monarchie, laissé des monuments dignes de la Grèce et de Rome, brûlé les camisards, et donné son cœur aux grands jésuites. »

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03/12/2020 | Lien permanent

Vos huit tonneaux sont devenus d'assez bon vinaigre . C'est un très petit inconvénient dans ce bas monde, où tout est co

... Vous comprenez mieux pourquoi, de nos jours, il est fait un battage formidable pour le Beaujolais nouveau, à boire sans délai . Voltaire a fait les frais de ce nectar fait pour assaisonner les cornichons (j'en ai fait partie, dans l'ancien temps ) .

 Fruité, gouleyant , etc., etc. voilà ce qu'on dit chaque année pour tous ces vins primeurs qui viennent nous agacer les papilles et faire pisser . Ils ont ceci de bon, on les oublie vite, et ceci de mauvais on oublie l'année suivante qu'ils ne valent pas vraiment le coup de sortir le tire-bouchon . Mais business is business . Vive les Japonais et autres buveurs assoiffés de mode et prêts à tout pour épater leurs voisins .

 

vinaigre-maison-72.png

Si ma "mère vient de voyager" je lui proposerai désormais de se reposer dans un petit bol avec un verre de vin . Je suis certain qu'elle sera d'accord pour le petit verre, mais qu'elle refusera d'entrer dans le bol, mauvais souvenir de jeunesse et de sa fameuse coupe au bol  . Evitons donc tout ce qui pourrait faire tourner les affaires au vinaigre !

Prudemment , donc, je laisserai "la mère agir tranquillement", comme je vous le conseille également si vous voulez rester en bons termes .

 

« A Jean-Robert Tronchin

14 octobre [1758]

Comptons, mon cher correspondant, afin que je ne fasse pas de sottises . Il faudra probablement, soixante mille livres au mois de décembre, vingt mille livres pour une autre affaire, soixante mille livres à la fin de mars, et vingt mille livres en juillet . J'ai déjà donné 90 mille livres au baron .

Voilà donc délogés de mon frusquin 1 :

 

60 000

£

 

60 000

 

 

90 000

 

 

20 000

 

plus pour menus frais

 

10 000

 

encore au mois de juillet

 

 

total

240 000

£

 

 

 

 

Vous aviez à moi d'une part environ

400 000

£

 

 

 

de l'autre en annuités

et billets de loterie, etc. environ

36 000

 

en voici 20 mille

en une lettre sur Laleu

20 000

 

 

_______

 

 

456 000

£

voilà donc

456 000 £ et plus

 

pour payer

240 000 £ ou environ

 

restera entre

vos mains

 

 

216 000 £

 

Que la guerre continue, que la paix se fasse, que les hommes s'égorgent ou se trompent, vivamus et bibamus 2. Votre vin ne vaudra pas mieux cette année-ci que l'autre . Vos huit tonneaux sont devenus d'assez bon vinaigre . C'est un très petit inconvénient dans ce bas monde, où tout est composé d'anicroches . On me fait espérer de vieux vin de Languedoc fort bon . La terre de Ferney rendra d'excellent froment ; ainsi nous aurons la bénédiction de Jacob et d'Esaü . Quant à votre terre qu'on appelle ici Saint Jean dans les rues basses et à qui j'ai ôté le nom d'un saint, vous la retrouverez un jour un peu plus agréable que M. Mallet ne vous l'a remise . C'est une vraie retraite de philosophe genevois et vous finirez par l'être .

Pour achever la bénédiction de Jacob il me faut de l'huile d'olive et j'en attends de vos bontés . Votre cousin le docteur veut qu'on y ajoute de la casse . Ainsi vous encourez les anathèmes de la faculté si vous ne m'en envoyez pas une douzaine de livres . Vous voyez mon cher monsieur que c'est par vous que je vis .

Et le sucre dont il me faut des tonneaux ? et le café dont il me faut des balles ? tout cela est-il devenu bien cher, grâce aux déprédations anglicanes 3? Il faudra bientôt demander à ces pirates d'Anglais la permission de déjeuner . Dieu les confonde, eux et leurs semblables qui désolent l'Europe, et Dieu nous tienne en joie .

Je me flatte que vous avez terminé l'affaire de vos six millions 4. Vous devez réussir dans tout ce que vous entreprenez .

Je vous embrasse, autant en fait ma nièce .

V. »

1 Le saint-frusquin est « le petit bien d'une personne » . l'expression est faite sur Saint Crépin , qui a le même sens avec substitution de radical (frusques= habits).

2 Vivons et buvons .

3 L'emploi plaisant d'anglican n'est pas sans exemple . De même Robert Challe écrit en 1716 dans ses Mémoires qu'il craint que le Canada ne soit « anglicanisé » . Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Challe

4 Prêt fait par la ville de Lyon au roi ; voir lettre du 24 juin 1758 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2013/09/03/j-ai-oublie-de-vous-dire-5155513.html

 

 

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