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17/03/2018

je présume que qui a reçu le supplément a reçu le principal

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« A François Tronchin

Conseiller d’État

rue des Chaudronniers

à Genève

Mardi 22è mars 1763

J'apprends, mon cher monsieur, que M. le grand trésorier de la République me demande trois cents livres courant pour la muraille du grand chemin faite il y a quatre ans . Comment donc ? quid sibi vult ?1 Est-ce que cette muraille n'a pas été payée ? Certainement, ou vous, ou moi avons satisfait Mirani, puisque ce Mirani m'a demandé deux ans après un maudit supplément, et qu'il conste 2 par mes livres que ce supplément a été payé, signé Mirani .

Je n'ai point à la vérité de livre antérieur, mais je présume que qui a reçu le supplément a reçu le principal . Je présume de plus que ce principal a été payé par vous , ou par moi . S'il a été payé par vous, nous n'avons rien à faire avec la République, et monsieur votre frère 3 doit avoir alloué cet article il y a longtemps, et l'avoir passé à mon compte . Mettez-moi au fait de cette affaire, je vous en prie, et que la République ne me fasse pas saisir au corps pour crime de péculat .

Je vous embrasse très tendrement . »

1 Que veut-il ?

2 Latinisme ( constat) signifiant « il appert », « il est parent » ; voir lettre du 16 juillet 1760 à De Brosses : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/09/11/j-ai-fait-le-bien-pour-l-amour-du-bien-meme-et-le-ciel-m-en-5846552.html

3 Jean-Robert Tronchin , banquier à Lyon .

J'étais déjà persuadé, que les fiefs héréditaires avaient été connus dans presque toute l'Europe longtemps avant Charlemagne

... Et les cheminots français, surdoués de la grève, maîtres chanteurs, vivent encore avec cette intime conviction que leurs statuts nés dans la vapeur et la fumée sont inaltérables ; ce sont nos "nobles" modernes accrochés à leurs privilèges comme des morpions au cul de la marquise (comme le chante le grand Georges Brassens ) : parasites !

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« Au comte Giorgio di Polcenigo e Fanne 1

Je vous suis doublement redevable : vous m'avez honoré d'un très beau présent et vous m'avez instruit 2. J'étais déjà persuadé, que les fiefs héréditaires avaient été connus dans presque toute l'Europe longtemps avant Charlemagne ; et cela est bien naturel . Des Hérules, des Goths, des Huns, des Vandales qui s'en vont de compagnie à la chasse ne sont pas d'humeur à perdre le partage qu'ils ont fait des dépouilles . J'ai toujours été de cette opinion . Vous l'avez mise au plus grand jour . La science et la raison vous ont également servi . Je vous demande pardon, monsieur, de ne vous pas écrire de ma main : mais j'ai soixante et dix ans, je suis malade, et presque aveugle . Voici des trop fortes raisons . J'ai l'honneur d'être avec l'estime la plus respectueuse

monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire

gentilhomme de la chambre du roi.

Des Délices auprès de Genève 21 mars 1763.3 »

2 Polcenigo a envoyé à V* , le 15 février 1763 son ouvrage intitulé De' nobili, de' parlamenti, e de' feudi, 1761 ; https://books.google.fr/books?id=ecC4jaEvNjMC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

3 Edition Quirico Vivani : Lettere inedite d'illustri friulani del secolo XVIII o scritte da altri uomini celeberri à personggi friulani, 1826 .