15/05/2012
Vous voyez que ce sont les obstacles qui font les succès, et que c'est souvent d'un terrain ingrat qu'on tire le meilleur parti
... Si Jules Ferry est mis à l'honneur cet après-midi, Monsieur le président, je vous laisse méditer le titre de ce jour .
« A M. le président de RUFFEY
A Monrion, 6 février 1756.
Je suis doublement flatté, monsieur, les vers que vous daignez m'adresser sont les meilleurs que j'aie jamais vu de vous. Vous voyez que ce sont les obstacles qui font les succès, et que c'est souvent d'un terrain ingrat qu'on tire le meilleur parti. Si ma déplorable santé me l'avait permis, j'aurais eu la satisfaction d'entendre ces vers de votre bouche. M. Le Bault me mettra peut- être en état de faire le voyage, s'il continue à me faire avoir un aussi bon cordial que son vin. Permettez-moi de lui présenter ici mes respects, aussi bien qu'à Mme Le Bault.
L'Histoire de la Guerre de 1741, dont vous me parlez, est une rapsodie misérable, tirée d'une partie de mes manuscrits qu'on m'a volés 1. Tout y est tronqué et estropié. Cette prétendue histoire ne va que jusqu'à la bataille de Fontenoy. Il y a quelques années qu'on me vole ainsi mon bien, et qu'on le dénature pour le vendre. On met sous mon nom des ouvrages que je ne connais pas; on défigure ceux que j'ai faits. Il faut prendre patience. Il y a de plus grands maux dans le monde sur terre et sur mer. J'ai l'honneur d'être, avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur.
V. »
1 Entre autres par un journaliste peu recommandable :
http://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/696-jacques-roshette-de-la-morliere
... Ce qui est tout à fait impossible de nos jours , n'est-il pas ?
15:11 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je ne me mêle pas de politique, je fais seulement des vœux dans ma retraite pour que les hommes vivent en paix.
... Et que François Hollande gouverne selon ses voeux !
Quand à N. S. qui va rejoindre le duo V. G-E. + J. C., ça me fait mal au coeur de savoir qu'il va lui aussi disposer de 1000€ par jour à ne rien faire .
Gagner plus pour faire une retraite au Carmel, est-ce bien raisonnable ? A moins qu'il ne fasse un don conséquent ...
30 000 € par mois, soit plus de deux ans de ma pension de retraire à venir, pour chacun de nos trois ex, je vous laisse faire le calcul . Gonflant ! non ?
Je les mets au rang des rongeurs nuisibles comme celui-ci qui nous bouffe par la racine
« A M. de CHENEVIÈRES
Monrion, le 1er février [1756]
Je vous suis bien obligé, mon ami, de la pièce en prose que vous avez bien voulu m'envoyer. Les vers qu'on a la sottise de m'attribuer sur le désastre de Lisbonne ne sont assurément pas de moi, si j'en faisais, ils seraient respectueux pour la Divinité et pleins de sensibilité pour les malheurs des hommes, il n'y a que de jeunes fous qui puissent penser autrement.
On aura dû être bien surpris à la cour du traité de l'Angleterre et de la Prusse, si cela peut conduire à un accommodement, tout le monde sera content. Je ne me mêle pas de politique, je fais seulement des vœux dans ma retraite pour que les hommes vivent en paix. Ma nièce et moi, nous vous renouvelons les assurances de la plus véritable amitié. Mme de Chenevières est comprise dans cette déclaration.
Tuus semper. »
14:59 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je vous demande en grâce d'éplucher mon prêche
... Peut rajouter François Hollande après son discours d'investiture ce jour-ci .
Y trouvera-t-on rose ou gratte-cul ?
« A M. le comte d'ARGENTAL.
Février [1756]
Mon cher ange, si ceci 1 n'est pas une tragédie, ce sont au moins des vers tragiques. Je vous demande en grâce de me mander s'ils sont orthodoxes, je les crois tels mais j'ai peur d'être un mauvais théologien. Il court sous mon nom je ne sais quelle pièce sur le même sujet. Il serait bon que mon vrai sermon fît tomber celui qu'on m'impute. Je vous demande en grâce d'éplucher mon prêche. Le Tout est bien me paraît ridicule quand le mal est sur terre et sur mer. Si vous voulez que tout soit bien pour moi, écrivez-moi.
Je vous demande pardon, mon cher ange, de vous envoyer tant de vers, et point de nouvelle tragédie; mais j'imagine que vous serez bien aise de voir les belles choses que fait le roi de Prusse 2. Il m'a envoyé toute la tragédie de Mérope mise par lui en opéra. Permettez que je vous donne les prémices de son travail; je m'intéresse toujours à sa gloire. Vous pourriez confier ce morceau à Thieriot, qui en chargera sans doute sa mémoire, et qui sera une des trompettes de la renommée de ce grand homme. Je ne doute pas que le roi de Prusse n'ait fait de très-beaux vers pour le duc de Nivernais 3; mais, jusqu'à présent, on ne connaît que son traité en prose 4 avec les Anglais.
Mille respects à tous les anges. »
2 Ironie. Voltaire se moque de l'opéra de Mérope, à la fin de sa lettre du 26 du même mois de février, à d'Argental.
3 Allusion sans doute à l'épigramme qu'aurait faite Frédéric contre le duc de Nivernais, envoyé de France en Prusse au moment où la Prusse signait un traité d'alliance avec l'Angleterre, ennemie de la France .
Dans ses Mémoires, V* écrit à ce propos : « Le roi de France voulant le retenir dans son alliance, lui avait envoyé le duc de Nivernais ... qui faisait de très jolis vers ... (Frédéric) se moqua du roi de France, et signa son traité avec l'Angleterre le jour même que l'ambassadeur arriva à Berlin, joua très poliment le duc et pair,et fit une épigramme contre le poète. » En fait, le duc arriva le 12 janvier, le traité fut ratifié à Londres le 16 janvier, et en Prusse le 16 février ; le duc fut très bien reçu, et on ne retrouve pas l'épigramme .
4 Traité de neutralité signé à Westminster du 16 janvier 1756. entre la Prusse et l'Angleterre : http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=86
00:49 | Lien permanent | Commentaires (0)

