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29/05/2015

la France ne souhaite pas le voir ...

... élu .

Enfin, si je prends mes désirs pour des réalités, si j'accorde encore quelques facultés de réflexion à mes concitoyens, j'ose espérer que l'expérience Sarkozy leur suffira en un seul exemplaire passé et à ne surtout pas renouveler . Mais je crois malheureusement que le peuple Welche peut suivre le dernier des beaux parleurs/moches escrocs jusqu'à lui confier la clé de l'armoire à confitures, peuple couillon qui cultive et cueille les fruits et se fait voler le fruit de son travail . Si vous ne me croyez pas, instruisez vous sur les dépenses de campagne du mini-président des Républicains et préparez vous à l'entretenir au delà du raisonnable, le rapport qualité/prix tend vers zéro .

 Sarko2.jpg

 

 

« A Frédéric II, roi de Prusse

[30 mai 1760]

[Dit que Choiseul ne peut agir uniquement selon ses propres vues, mais que la France ne souhaite pas le voir opprimé ; qu'il prenne garde de ne pas essuyer un jour quelque défaite majeure ; qu'au reste la France considère qu'il devrait garder la Silésie .]1

1 Le résumé de cette lettre tel qu'il a été donné, repose sur celui qu'en avait fait August Friedrich Eichel,[http://de.wikipedia.org/wiki/August_Friedrich_Eichel] un des principaux ministres de Frédéric II, secrétaire de son cabinet, au comte Karl Wilhelm Finck von Finckenstein, [http://fr.wikipedia.org/wiki/Finck_von_Finckenstein ] dans une dépêche datée du 26 juin . Eichel date la lettre d' »il y a quinze jours », ce qui se réfère certainement à la date de la réception ; comme il ne peut s'agir de la lettre du 3 juin qui nous est parvenue, ce doit être celle du 30 mai mentionnée dans la réponse de Frédéric du 21 juin : « Je reçois deux de vos lettres à la fois, l'une du 30 mai, l'autre du 3 juin. », voir page 431 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6514333b/f447.image.r=21%20juin

 

 

28/05/2015

On m'envoie cela, et je vous fais part de cela

... Je n'en dirai pas davantage .

Et plutôt si .

Maroc : censure contre Much loved, menaces de mort pour les actrices .

On ne peut se taire quand la connerie humaine prend le dessus, dans quelque pays que ce soit . Il s'agit ici du Maroc, grand pays qui veut rivaliser d'hypocrisie avec les plus rétrogrades dictatures, et grand fournisseur de drogues interdites pourtant par un célèbre prophète polygame . La lâcheté des autorités, et donc du roi fameux commandeur des croyants, atteint des sommets et prouve, s'il en était besoin, que là-bas, la démocratie et la liberté d'expression et de pensée ne valent pas mieux qu'une merde de ces dirigeants .

Menaces de mort pour les actrices et le producteur ! et puis quoi encore ? Vous allez nous refaire le coup de Charlie Hebdo ? 

http://www.huffingtonpost.fr/ruth-grosrichard/le-film-much-loved-de-nabil-ayouch-frappe-par-la-censure-au-maroc_b_7440592.html

Voir au moins ceci :

 https://www.youtube.com/watch?v=LMIgnYBBnBg

https://www.youtube.com/watch?v=kzOVlL3nXmY

 

much loved.jpg

De toute façon, le monde entier sait que le Maroc est remarquable  pour le tourisme sexuel qui rapporte

 

 

 

« A Nicolas-Claude THIERIOT
29 mai. [1760]
On m'envoie cela, et je vous fais part de cela. C'est un déluge de monosyllabes. Ceux-ci m'ont paru plus gaillards que les autres. Je n'ai pu encore parvenir à trouver le recueil des Quand, des Si, des Pourquoi, imprimés, dit-on, sur du papier couleur de rose. On a recours à des amis dans le besoin. Je vous prie, mon ancien ami, de ne me pas oublier. Je vous dois plusieurs livres; quand il vous plaira, nous compterons. Au reste, je ne sais pas pourquoi on me fourre dans toutes ces querelles, moi laboureur, moi berger, moi rat retiré du monde, dans un fromage de Suisse. Je me contente de ricaner, sans me mêler de rien. Il est vrai que je ricane beaucoup : cela fait du bien, et soutient son homme dans la vieillesse.
La pièce contre les philosophes n'a pu me faire rire. Peut- être cela est-il fort drôle au théâtre ; mais, à la lecture, on bâille. La première loi, quand on fait une comédie, c'est d'être comique : sans gaieté point de salut.
Si vous aviez quelque libraire à favoriser, un plaisant qui voyage m'a laissé un manuscrit 1 que je pourrais vous faire tenir. Ce manuscrit est d'une douzaine de pages; mais le plaisant demande le secret, et moi, je vous demande continuation d'amitié.
Que ne faites-vous comme Marmontel, qui vient nous voir?

Vale.

V.
29 mai
Qui sont les monstres qui disent que j'ai part aux que? Ah! les coquins !
A qui faut-il adresser vos paquets, pour que vous les ayez plus tôt? »

1 Il s'agit presque certainement duPlaidoyer pour Genest Ramponeau, cabaretier a la Courtille,: prononcé par lui-même, contre Gaudon, entrepreneur d'un théâtre des boulevards, de Voltaire bien sûr, quoiqu'on n'en connaisse pas l'édition séparée datée de Paris ; voir lettre du 9 juin 1760 à Thieriot : page 412 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6514333b/f426.image.r=9%20juin

et : http://alde.auction.fr/_fr/lot/plaidoyer-pour-genest-ramp...

Voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k72883m/f5.image.r=P...

 

Mais est-il bien honnête de traiter de fripons publiquement les plus honnêtes gens du monde ?

... Déclare, la main sur le coeur (côté portefeuille) Eric Woerth qui vient de se sortir du mauvais pas de l'affaire Bettencourt ; du coup le petit Nicolas , -Républicain, humoriste au petit pied faute d'être auteur d'un programme politique constructif,- peut lui aussi se sentir un peu moins accusable . Je crois que le terme de fripon est bien doux pour lui , je le traite plus volontiers de chacal .

 

sarko coffre fort.jpg

 

 

« A François de Chennevières

Mon cher correspondant, vous sauvez beaucoup de pièces de vingt-quatre sous à notre ami Thieriot . Avez-vous lu la comédie Les Philosophes ? On emploie bien des machines contre eux, il faut qu'ils vaillent quelque chose . Mais est-il bien honnête de traiter de fripons publiquement les plus honnêtes gens du monde ? La comédie autrefois riait du ridicule, aujourd'hui elle dit de grossières injures . Dans quel siècle vivons-nous ?

Voici encore si vous le permettez une lettre pour un philosophe à qui on ne dira point d'injures , car les faiseurs de comédie ne l’entendront pas .

Mille amitiés de la part de toutes les Délices .

V.

29 mai [1760] »

 

27/05/2015

Il est impossible que la nécessité où ils m'ont mis de mettre leur erreur au jour n'ait jeté un peu d'aigreur dans les esprits

... Auraient pu dire, elles-aussi, deux femmes réellement admirables, Mesdames Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, face aux politiques  dans leur lutte contre la misère .

Elles ont été le poil à gratter sous la chemise de nos gouvernants, les forçant à ouvrir les yeux en permanence sur l'injustice et y remédier, trop faiblement malheureusement ; le chemin est long encore avant que les Restos du Coeur ne soient plus nécessaires, non plus qu'ATD Quart Monde et tant d'ONG caritatives .

 Mesdames Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, soyez sures que Voltaire vous attend et vous embrasse tendrement, vous êtes selon son coeur .

 de gaulle anthonioz tillion.jpg

 

« A Jean-Philippe FYOT DE LA MARCHE 1
Au château de Tournay, par Genève,

pays de Gex, 28 mai 1760.
Monsieur, ayant acquis pour la vie la terre de Tournay, de M. le président de Brosses, située dans le ressort du parlement au bailliage de Gex, et étant en marché avec lui pour l'acquisition à perpétuité; ayant de plus d'autres terres dans le pays, je compte parmi mes devoirs celui de vous présenter mon respect, et de demander votre protection. Les bontés dont monsieur votre père m'a honoré toute ma vie semblent me donner quelque droit aux vôtres.
Les juges du bailliage de Gex firent, l'année passée au mois d'août, une procédure bien vive contre un Suisse qui demeurait auprès de ma terre de Tournay, et qui défendit ses noix, que lui volait un Savoyard. Ils firent pour six cent livres de frais, comptant que je les payerais.
L'endroit où fut commis le délit s'appelle la Perrière : c'est un fief de Genève, dont la juridiction a été cédée au roi par l'article 2 du traité de 1749, traité que les juges de Gex et le procureur du roi ne devaient pas ignorer.
J'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer la copie de l'acte authentique, tirée des registres de Genève, certifiée par le résident du roi. Vous verrez, monsieur, par cet acte, que la république de Genève avait la juridiction suprême sur cet endroit nommé la Perrière, juridiction dont le roi est en possession depuis 1749.
Ayant ainsi démontré avec un peu de peine et d'embarras la méprise où le bailliage de Gex était tombé, oserai-je prendre la liberté, monsieur, de recourir à vos bontés et vous supplier de daigner me recommander à messieurs du bailliage dans tout ce qui sera d'une exacte justice ? Il est impossible que la nécessité où ils m'ont mis de mettre leur erreur au jour n'ait jeté un peu d'aigreur dans les esprits, quoique je me sois conduit avec tous les égards possibles. Un mot de vous préviendrait tous les petits mécontentements, et maintiendrait la concorde entre messieurs du bailliage et les juges de mes terres. Le repos est le premier bien, et je le devrais à vos bontés.
Je présume trop peut-être, et je devrais me borner à vous prier d'agréer le profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre, etc.
VOLTAIRE,
gentilhomme ordinaire de la chambre du roi ».

 Que font ceux qui sont censés travailler au bien public sous les ors de la République ? Ils ne font qu'exprimer leur aigreur . Par exemple, pour rester actuel , un énième projet de loi répressive, obligeant tout usager des transports en commun à présenter une pièce d'identité en cas de contravention pour accroitre les chances de paiement ! Niaiseries ! Je ne suis pas devin, mais je peux vous assurer que ces ministres, députés et sénateurs, et fonctionnaires zélés ne pourront jamais avoir quelque reconnaissance que ce soit, ils pensent petit, ils sont minuscules, dressés sur leurs e(r)go(t)s, volailles engraissées à nos dépens . 

26/05/2015

Attendez patiemment que la destinée de l'Europe soit tirée au clair.

...

 

 

 

« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine
A Hornoy.

Aux Délices, 28 mai [1760].
Je suis toujours affligé, ma chère nièce, que la Picardie 1 soit si loin de mon lac ; mais je vous vois d'ici bâtissant, arrangeant, meublant, et je me console en pensant que vous avez du plaisir.
N'allez pas vous aviser de regretter Paris ; quand vous auriez vu la prétendue comédie des Philosophes, vous n'en seriez pas mieux ; et quand vous auriez été témoin de toutes les sottises qui se font dans ce pays-là, vous n'y gagneriez rien. Attendez patiemment que la destinée de l'Europe soit tirée au clair.
Luc a cent mille hommes sous les armes : c'est presque autant de soldats qu'il a fait de vers. Les Russes en ont autant; la reine de Hongrie, davantage. Les Hanovriens et nous, nous en pouvons compter plus de quatre-vingt mille de chaque côté ; ce qui, joint aux Suédois, fait au delà de cinq cent mille héros à cinq sous par jour, qui vont travailler à nous donner la paix.
Luc, en attendant, fait imprimer ses œuvres. Il a été mécontent de l'édition qu'on avait donnée. On lui a fait apercevoir qu'il pouvait perdre quelques partisans, en laissant subsister une tirade contre le christianisme, qui commence par : Allez, lâches chrétiens, etc. il a fait brûler cette édition par le bourreau, à Berlin, et en a donné une autre où il a mis pauvres chrétiens 2; ce qui a tout réparé, comme vous le voyez bien. C'est un rare mortel ; il m'a confié qu'il ferait durer la guerre encore quatre ans 3; ainsi prenez vos mesures là-dessus.
Le tonnerre a fait des siennes, en attendant le canon ; il est tombé sur le chevalier de La Luzerne, qui était à la tête de sa troupe. Il a brûlé ses habits et sa culotte, sans lui faire beaucoup de mal ; le chevalier est arrivé à cul nu. Si le roi de Prusse avait été là, il aurait cru que c'était une galanterie que le tonnerre lui faisait 4.
Si vous me demandez de mes nouvelles, je vous dirai que j'ai eu trois ou quatre petits procès : l'un avec un prêtre, l'autre avec les fermiers généraux, un troisième contre le parlement de Bourgogne, un quatrième contre la république de Genève. Je les ai tous gagnés, tous finis gaiement, et sans que personne fût de mauvaise humeur.
Nos jardins sont charmants. Nous allons jouer la comédie dès que L'Écluse 5 aura fait des dents à notre première actrice. Le duc de Villars prétend qu'il jouera les rôles de père. Marmontel arrive avec un Gaulard 6, receveur général : voilà l'état des choses ; mais aussi rendez-moi compte des plaisirs d'Hornoy.
Dieu vous donne un jour, monsieur le chevalier 7, les mêmes sujets d'angoisse qu'à monsieur votre père! Il me fait l'honneur de m'écrire ; il consulte Tronchin ; savez-vous bien sur quoi ? sur ce que, à l'âge de quatre-vingt-sept ans, il a le malheur de ne s'endormir qu'à quatre heures du matin, et de dormir jusqu'à dix ; d'ailleurs il est assez content de lui.
Monsieur le jurisconsulte 8, que faites-vous ? êtes-vous toujours gras comme un moine ? Que dites-vous de Daumart 9, qui ne peut plus marcher depuis quatre mois, même avec des béquilles ? Je soupçonne notre ami Tronchin de s'être fourvoyé en lui appliquant, l'année passée, un cautère pour le fortifier. J'ai peur que ce pauvre garçon ne boite toute sa vie.
Je vous embrasse tous ; je vous aime, je vous regrette. »

1 Hornoy est à huit lieues d'Amiens

2 A Lâches chrétiens Frédéric avait substitué Lâches humains. Des éditions portent : Mortels craintifs. Voir lettre du 2 février 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/02/06/corrigeons-limons-rabotons-polissons-vilain-travail-et-travaille-vilain.html

3 Dans sa lettre du 1er mai 1760, le roi de Prusse dit trois campagnes : « … je ne poserai les armes qu'après avoir encore fait trois campagnes. » ; voir lettre page 374 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6514333b/f388.texte...

4 Moquerie du goût de Frédéric II pour les hommes .

6 Gaulard, fils d'un ancien ami de Voltaire, passe pour avoir été receveur général des fermes à Bordeaux, d'où il revenait alors, avec Marmontel, en retournant à Paris. Cependant sa trace n'a pu être retrouvée actuellement dans les Archives départementales de la Gironde, ni dans les Archives municipales de Bordeaux .

7 Le chevalier de Florian, père du fabuliste.

8 L'abbé Mignot .

 

25/05/2015

Voici, monsieur, un jeune homme de mérite

... Et c'est mon fils ! c'est tout dire .

La réponse attendue est bien sûr : "Je l'engage" . 

C'est malheureusement de la fiction, et la chasse au travail est pire qu'une chasse à courre, le gibier-travail est poursuivi par des meutes de chômeurs et ne se trouve plus qu'en réserves , où les maîtres piqueux de Pôle Emploi ne semblent pas très actifs . Taïauauauaut au taïaut au taïaut !

 

chasse au job.jpg

 

 

« A Saverio Bettinelli 1

Jésuite

 

à Vérone

 

Aux Délices 28 mai 1760

Voici, monsieur, un jeune homme de mérite et qui pour en avoir davantage, veut avoir l'honneur de vous voir . Je pense comme lui, et si j’étais en âge de faire un tel voyage, je vous assure qu'il ne le ferait pas seul . Je saisis avec le plus vif empressement cette occasion de vous renouveler le respectueux attachement avec lequel je serai toute ma vie

monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire

gentilhomme ordinaire

de la chambre du roi »

1 Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Saverio_Bettinelli

et : http://it.wikipedia.org/wiki/Saverio_Bettinelli

et : GRANIERO, Augusto. "L’incontro fra l’abate Bettinelli e Voltaire". Francia (Napoli) 18 (1976), 60-66.

 

j'en lis deux pages, je m'ennuie

... Comme je l'ai déjà dit à propos des 50 nuances de Grey, qui rejoignent l'ennuyeux discours de la Nouvelle Héloïse de ce balourd de Jean-Jacques Rousseau . Mon avis hostile à JJR n'est sans doute pas le seul en ce bas monde .

Qu'il me soit permis de dédier à Mam'zelle Wagnière  ces quelques lignes suivantes, tirées de l'éditorial de Franz-Olivier Giesbert du Point, (titré "Le cucul gnangnan a encore frappé" issu du numéro 2226 "Les nouveaux puritains"):

"Que devient notre "grand roman national"? Notre légende des siècles ? le message de la France au monde ? Victor Hugo et Jules Michelet, réveillez-vous, ils sont devenus fous ! C'est Voltaire qu'on assassine et, dans la foulée, Rousseau aussi -mais c'est moins grave ."

 

soporifique cucul rousseau.jpg

 

Allez, JJR, circule, t'oublier ne prête pas à conséquence ! et merci pour ce sommeil !

 

 

 

« A Nicolas - Claude THIERIOT.
A Tournay, et non à Tornet 1,

26 mai [1760]
Je n'ai pas un moment; la poste part. Je reçois la bêtise 2 qu'on a jouée à Paris, j'en lis deux pages, je m'ennuie, et je vous écris.
Vous m'envoyez, mon ancien ami, d'autres bêtises qui ne sont pas de Rességuier 3, mais de Lefranc et de Fréron; et moi, je vous envoie des Que qui m'ont paru plaisants. J'avais déjà retiré ma guenille tragique quand Clairon est tombée malade ; j'ai déclaré que je ne voulais rien donner à un théâtre où l'on a joué la raison et mes amis.
Il m'est d'ailleurs très-égal qu'on joue des pièces de moi, ou qu'on n'en joue pas ; je n'attends nulle gloire de ces performances 4. L'intérêt n'y a point de part, puisque je donne le profit aux comédiens; MM. d'Argental font ce qu'ils veulent pour s'amuser.

D'ailleurs, je me fous de tout bon ou mauvais succès, et de toutes les sottises de Paris, et des réquisitoires, et de maître Abraham Chaumeix, et des Fréron, et des Lefranc, et de tutti quanti. Il faut ne songer qu'à vivre gaiement; c'est à quoi j'ai visé et réussi.
Excepto quod non simul essem, cætera lætus 5.

V.
26 mai
Envoyez-moi donc les quand, les si, les pourquoi, qu'on dit imprimés en couleur de rose 6; les oui, et les non. »

1 Il semble que V* fasse allusion aux Pourquoi, réponse aux Quand de M. le comte de Tornet . Dans un pamphlet de Le Franc de Pompignan, les Réponses aux si, aux quand, aux pourquoi, Voltaire était appelé comte de Tornet. Voilà sans doute pourquoi il emploie ici ce mot; voir : http://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.1998.oferret&part=4868

2 La comédie Les Philosophes, de Palissot .

3 Clément Ignace, chevalier de Rességuier, auteur d'épigrammes atroces contre Mme de Pompadour ; voir : http://www.worldcat.org/identities/lccn-nr2005030654/

4 Mot anglais, souligné dans le manuscrit, qui signifie représentations.

5 Horace., lib. I, Épîtres. x, v. 50. : à cela près que nous ne sommes pas ensemble, pour le reste je suis heureux .

6 La sixième édition des Quand, augmentée des Si et des Pourquoi, est en effet imprimée en rouge. Les Si ne sont pas de Voltaire, mais de Morellet. (Beuchot.)