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28/09/2016

supposé qu'on puisse dessiner quelque moment heureux de ces pièces malheureuses

... Comme dans : http://www.20minutes.fr/television/1932007-20160927-mario...

ça me semble difficile, quasi impossible! pourtant il doit bien y avoir quelques scènes plus détendues, sinon ce serait in(sou)tenable , enfin je le suppose car je dois vous avouer que je n'ai que rarement le coeur de suivre ce type d'émissions . Leurs sujets , pour moi, n'ont pas besoin de l'image télévisée, l'information écrite me suffit, je suis peut-être trop critique , saturé de scénarios dramatiques jusqu'à plus soif .

 Dessine moi un zébu

 Pas de mélo !

 

« A François de Vosges

[8 octobre 1761] 1

Je prie monsieur de Vosges d'être persuadé de mon estime et de ma reconnaissance .

Il a rectifié avec beaucoup de goût l'estampe pitoyable qui était à la tête d'Oedipe .

Il pourrait dessiner et graver, s'il le veut bien , Sophonisbe à qui on présente la coupe de poison ;

Pompée qui, dans Sertorius, brûle les lettres, etc. ;

don Sanche d'Aragon, qu'on veut empêcher de s'assoir ;

Nicomède qui apaise une sédition ;

Œdipe , suivant le dessin ci-joint ;

la Toison d'Or, un dragon et deux taureaux menaçants ;

Othon, qu'on proclame empereur, et Galba qu'on tue dans Agésilas,

 

Attila

Suréna

Pulchérie

Tite et Bérénice

}

 

 

supposé qu'on puisse dessiner quelque moment heureux de ces pièces malheureuses . »

 

1 Copie du XIXè siècle qui date « vers juin 1761 » , suivie par Clogenson . Cette lettre doit être celle dont parle V* dans la lettre du même jour à Fyot de La Marche, d'où la date retenue ici .

 

27/09/2016

Je vous avoue que dans ces ornements je demande célérité plutôt que perfection . Je n'ai jamais trop aimé les estampes dans les livres

... Pour une fois, je ne suis pas d'accord avec toi mon cher Voltaire, j'aime les illustrations, estampes ou autres dans les livres quels qu'ils soient, biographies, romans, documentaires, philosophie, etc., etc.

Est-ce dû aux premiers livres illustrés de l'école maternelle, aux bandes dessinées de France-Soir 7è édition (Chéri-Bibi, Simplet, Juliette de mon coeur, Arabelle, Max l'explorateur, tous des héros qui ont fait de moi un lecteur boulimique ),  la Bibliothèque Verte, La Bibliothèque Rouge et Or ?

OUI ! persiste et signe .

J'aime voir s'ajouter le talent d'un dessinateur/illustrateur/photographe au talent de l'écrivain, double plaisir .

J'ose penser que Mam'zelle Wagnière partage ce goût, elle qui illustre quotidiennement MonsieurdeVoltaire et donne une couleur particulière à l'oeuvre publiée sans relâche .

The Illustrated Jules Verne (1866-69) Vingt mille lieues sous les mers  illustrations by Alphonse de Neuville and Édouard Riou:

Ce serait dommage de se priver d'une belle gravure ! Bon souvenir de jeunesse ... A chacun son Star Wars .

 

 

« A Claude-Philippe Fyot de La Marche

Ferney 8 octobre [1761] 1

Vous êtes le plus respectable, et le plus aimable des hommes . Qu'il y a loin de votre âme à celle d'un fétiche ! Mon cher oracle de Thémis et des muses votre lettre du 27 septembre m'a fait un plaisir presque aussi vif que votre apparition à Ferney ou à Voltaire 2. Oui sans doute j’irai à La Marche, je verrai votre labyrinthe, et je voudrais ne point trouver de fil pour en sortir . Comptez que c'est un bienfait essentiel de permettre que votre graveur 3 travaille pour notre Corneille . Il n'y a point d’artiste à Genève dans ce genre-là . On est obligé de dépendre des graveurs de Paris qui sont surchargés d'ouvrage . Je mourrais de vieillesse et de dépit avant qu'ils eussent fini .

Permettez donc que votre protégé nous aide de dix estampes, et surtout ne l'empêchez pas de recevoir des Cramer un petit honoraire . C'est une affaire d'environ cinquante louis . Il n'est pas possible d'en user autrement . Je vous conjure de le souffrir .

Je renvoie comme vous l'ordonnez tous ses dessins, dont je suis très content, avec un petit mot de remerciement et d’instruction pour lui .

Je vous avoue que dans ces ornements je demande célérité plutôt que perfection . Je n'ai jamais trop aimé les estampes dans les livres . Que m'importe une taille douce quand je lis le second livre de Virgile ? et quel burin ajoutera quelque chose à la description de la ruine de Troie ? Mais les souscripteurs aiment ces pompons ; et il faut les contenter .

Je plains votre jeune homme s'il est obligé de lire les pièces dont il gravera le sujet . Cinna et les belles scènes du Cid, de Pompée, d’Horace et de Polyeucte sont au-dessus de toute gravure ; et les autres pièces n'en méritent pas . Les premiers sujets sont déjà distribués . Il est triste, j'en conviens , de travailler sur Agésilas et sur Attila . Mais je vous en aurai plus d'obligation, et je regarderai votre condescendance comme une de vos plus grandes bontés .

J'aurais bien voulu vous montrer quelques-uns de mes commentaires . L'entreprise est épineuse . Il faut avoir raison sur trente deux pièces . Je consulte l'Académie, mais cela ne me suffit pas . Je suis le contraire des commentateurs, je me défie toujours de mes jugements . Qu'il serait agréable de relire Corneille dans votre beau château avec vous et quelque adepte ! Le commentaire serait le résultat de nos conférences, je serais votre secrétaire .

Il est triste que le président fétiche me détourne, mais j'ai peur qu'il ne se couvre de ridicule . Cela ne pourrait-il pas même aller jusqu'à le déshonorer ? Car enfin il est clair qu'il m'a trompé, et après m'avoir trompé sur un marché de près de cinquante mille livres, il me fait un procès pour 12 voies de fagots !

Corneille me dit qu'il faut préférer Rodogune aux fétiches . Travaillons vite . Mille tendres respects .

V. »

1 Date complétée sur le manuscrit . Les deux premières phrases de la lettre ainsi que la fin « je serais votre secrétaire […] . Travaillons vite . » manquent dans les éditions .

2 Claude Fyot de La Marche avait écrit à V* le 13 septembre 1761 qu'il avait « trouvé au château de Voltaire (car Ferney n'aura plus, s'il vous plait, d'autre nom) » ce qu'il avait cherché innutilement dans sa patrie .

3 Sur ce graveur, voir lettre du 14 septembre 1761 à CP Fyot de La Marche :  ; le mot de remerciement est la lettre du 8 octobre 1761 à François de Vosges .

 

26/09/2016

il est clair qu'ils sont Français, attendu qu'ils sont très aimables et que leurs femmes sont charmantes . Et puis que demandent-ils ? d'être reconnus pour ce qu'ils sont ; il y a tant de gens qui veulent être ce qu'ils ne sont pas

... Voilà qui est quand même plus parlant et plus franc que cette idiote histoire et fumeuse/fumante histoire de Gaulois(e)s ( les Gitanes n'ont pas droit de cité, Royal(e) est hors circuit ) du Nicolas Prétentieux,  qui mérite une Bastos papier maïs à bout doré après sa déclaration ''romanesque'' auprès des harkis ce samedi . Afficher l'image d'origine

''Je n'ai jamais fumé de ma vie ! ..." dit ce fumeur de barreaux de chaise qui n'en est pas à un mensonge près .

 

 

 

« A Etienne-François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul

[8 octobre 1761] 1

Écoutez, rien n'a mieux réussi

Que votre sacré reliquaire

Envoyé dans Ferney de la part du Saint-Père 2

Tout le peuple hérétique en est fort en souci

Chacun voit, chacun dit ici

Qu'en ma maison la grâce abonde,

Et qu'ayant du crédit chez vous en l'autre monde

J'en dois avoir en celui-ci .

Monseigneur, je suis vain comme un poète . Un poète fait l'entendu, et je laisse croire que vous m'honorez de vos bontés jusqu'à me permettre de vous importuner au milieu de vos occupations importantes .

M. Cromelin, qui a beaucoup d'esprit, vous dira plus éloquemment que moi ce dont il s'agit, il vous dira que M. le général Constant s'est battu comme un diable pendant quarante ans contre tous, et qu'il faut que ses enfants se battent pour nous ; il vous dira que cette famille noble appartient de droit à la France, puisqu'elle est originaire de la ville d'Aire 3, et qu'il est clair qu'ils sont Français, attendu qu'ils sont très aimables et que leurs femmes sont charmantes . Et puis que demandent-ils ? d'être reconnus pour ce qu'ils sont ; il y a tant de gens qui veulent être ce qu'ils ne sont pas . Je connais vingt faiseurs de vers à qui je refuserais tout net des lettres patentes de poètes ; mais comment refuser à MM. Constant la qualité de gentilshommes qu'ils ont chez eux et qu'ils ont si dignement soutenue .

Pardonnez, monseigneur, la liberté grande de moi Suisse, le plus franc de tous les Suisses, le plus reconnaissant de vos bontés, attaché pour jamais à votre personne avec le plus profond respect .

V. »

1 Copie par Charlotte Constant ; une autre par Rosalie Constant qui place la lettre en 1760 ; mais la date exacte est fixée par ce passage d'une lettre de Charlotte Constant à son mari, du même jour à minuit : « Je fus hier à la comédie […] Le soir je soupai chez le duc avec les Voltaire […] . Je demandai à Voltaire la lettre de M. de Choiseul qu'il me promit fort obligeamment par [vers] la fin de la semaine [...]. J'en ai fait une copie imaginant qu'elle te ferait plaisir . Elle est assez plaisante et je crois qu'elle réussira mieux qu'une qui pèserait davantage sur la chose . Celle-ci a l'air de demander une chose qui ne peut manquer d'être accordée. »

2 Pour l'arrivée des reliques, voir lettre du 5 octobre 1761 à Ribote Charron :

3 Aire -en-Artois ; les éditions donnent par erreur Aix .

 

Ce mémoire démontre qu'une grande maison est toujours plus mal gouvernée qu'une petite

... Et le Vatican, le  Lichtenstein et Monaco montrent une gestion autrement plus performante que les soi-disant grandes nations, dont la France, hélas . Voltaire a encore raison , et son ''toujours'' fait mal, j'aimerais bien que l'on puisse plutôt  dire ''quelquefois'', mais la réalité des faits est têtue .

Au passage, à ceux qui se fichent de la figure de Bruno Le Maire et de son programme de gouvernement en 1000 pages, je dis reprenez la voie des abrutis ( au sens propre du terme ) que vous êtes devenus (ou avez toujours été ), et élisez un des pires chevaux de retour qui vous passe la main dans le sens du poil pour mieux juger jusqu'où il pourra vous tondre le plus tôt possible . 

 A lire , si une graine de jugeotte pousse encore en vous (suis-je trop optimiste ? ) : http://www.lanouvellerepublique.fr/France-Monde/Actualite...

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 Un peu de calme, svp !

 

 

« A Gabriel Cramer

[7 ou 14 octobre 1761] 1

Nous enverrons demain ou vendredi les feuilles T et V de l’Histoire, corrigées . Le mémoire de divers particuliers , qui est très bien fait, et qui aurait dû être présenté par MM. les députés de Genève, et non par moi, indigne, qui sera pourtant présenté . Ce mémoire démontre qu'une grande maison est toujours plus mal gouvernée qu'une petite .

Je remercie de tout mon cœur monsieur Cramer de la bonté qu'il a eue de retirer la lavande, je le supplie de la garder . Je proposerai à M. Colladon 2 de la distiller . Pendant qu'on écrit cette lettre on corrige T ainsi vous allez avoir T .

On fait mille compliments à M. Gouju 3, et on demande l’épreuve de l’Épître dédicatoire à l'Académie . »

1 Pour la date, le 26 octobre 1761, V* promit à Duclos la dédicace . La lettre fut donc écrite un mercredi de la première moitié d'octobre . Voir encore la référence à Gouju .

 

25/09/2016

Vous ne direz plus qu'il est bon homme quand il a de l'argent . Qu'il tremble ! Il ne s'agit pas de le rendre ridicule, il s'agit de le déshonorer . Cela m'afflige . Mais il paiera cher la bassesse d'un procédé si coupable et si lâche .

... Jean-Marc Morandini, lâche profiteur, on te parle ! Je souhaite que justice se fasse au plus tôt , t'élimine du paysage audio-visuel sans rémission . Te déshonorer n'est plus au programme tu t'en es chargé toi-même .

 

 

 

« A Germain-Gilles-Richard de Ruffey

7 octobre [1761]

Mon cher président vous avez une belle âme, vous n'êtes point fétiche . Je suis pénétré de vos bontés,et je compte sur votre amitié pour le reste de ma vie . J'envoie à M. de Blancey 1 et à M. de Varenne 2 mes réponses à l’assignation du fétiche . Corneille me reproche de le quitter pour des fagots . Son ombre en murmure . Il est cruel de passer de Cinna et de Rodogune à une assignation, mais que faire ? Le misérable m'accable d'exploits, il faut répondre 3.

Je vous supplie de lire dans le mémoire envoyé à M. de Blancey un petit trait oublié dans le vôtre . Le fétiche demande de l'argent de ses moules et de ses fagots . Il dit dans son exploit que Baudy lui rend 12 livres du moule . Baudy dans son exploit me demande 12 livres du moule . Il est évident que si le fétiche avait vendu réellement à Baudy des bois à 12 livres le moule, le dit Baudy, marchand, les vendrait davantage . Il est clair qu'il compte avec le fétiche de clerc à maître , et que le fétiche lui donne quelque chose pour ses peines . Il est démontré comme je le dis, que le président a fait une vente simulée, qu'il m'a trompé grossièrement, dans le temps qu'il me vendait sa terre .

Et si je vous disais que je soupçonnai cette bassesse il y a trois ans, et que je déclarai que je ne laisserais point sortir ses bois, à moins qu'on me montrât un acte réel de vente, et que le président m'en fit présenter un faux par Baudy, que diriez-vous, vous homme vertueux ? Songez qu'il faisait cette infamie dans le temps qu'il recevait de moi 47 4 mille livres ! Vous ne direz plus qu'il est bon homme quand il a de l'argent .

Qu'il tremble ! Il ne s'agit pas de le rendre ridicule, il s'agit de le déshonorer .

Cela m'afflige . Mais il paiera cher la bassesse d'un procédé si coupable et si lâche .

Je vous embrasse . Vous me consolez . »

1 Qui était en relation avec le président De Brosses ; voir : https://archive.org/stream/leprsidentdebro03brosgoog/leprsidentdebro03brosgoog_djvu.txt

2 Jacques Varenne père et son fils ainé Varenne de Béost, tous deux secrétaires des États de Bourgogne . Varenne de Béost était correspondant de l'Académie des Sciences et frère du savant agronome Varenne de Fenille .

3 Le texte le plus significatif parmi ses « réponses » est un mémoire de 4 pages, olographe, reproduit par Besterman, App. D 209, t . XXIII, p. 493-496 . V* y déploie ses talents d’avocat et de juge d'instruction contre un adversaire digne de lui .

4 V* avait d'abord noté 95 .

 

 

 

24/09/2016

Presque tout ce que j’ai envoyé n’est qu’un recueil de doutes

... Plaident, devant le tribunal administratif, à l'insu de leur plein gré, chacun des deux présidents gabonais putatifs , Ali Bongo Ondimba et  Jean Ping .

 http://www.lepoint.fr/monde/le-gabon-sous-tension-dans-l-...

 Quelle musique nous a fait déjà entendre le Bongo des familles ? En bon instrument à percussion [https://fr.wikipedia.org/wiki/Bongo], il a fait entendre des détonations et des claquements -de portes de cellules-, bon moyen pour réduire l'opposition .

Ping ( en attente de pong ) a eu le temps d'entendre siffler les balles, et a pu tester l'accessibilité au fauteuil présidentiel à travers des élections -- presque normales-- dans un pays mené par des dictateurs héréditaires . [Ping est le nom d'une commande informatique permettant de tester l'accessibilité d'une autre machine à travers un réseau IP].

"Les allées du pouvoir au milieu de la jungle sont loin d'être sécurisées" ricanent les hyènes qui veulent se partager ce qui tombera de la table de l'élu .

 Voir : http://regardscroises.ivoire-blog.com/tag/afrique

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Les prot-agonistes

 

 

« A Charles Pinot Duclos

Au château de Ferney, 7 octobre 1761

L’Académie me pardonnera sans doute l’embarras que je lui donne . Vous voyez de quelle importance il est que nous ayons raison sur tout ce que nous disons du Cid et des Horaces, de Pompée, de Cinna et de Polyeucte . On peut impunément se tromper sur la Galerie du Palais 1 et sur Agésilas ; mais je ne hasarderai rien sur les pièces que l’admiration publique a consacrées, sans avoir demandé plusieurs fois des instructions.

Je ne veux point rendre l’Académie responsable de mon commentaire ; je veux seulement profiter de ses lumières, qu’on sache que j’en ai profité, et que, sans ses bontés et ses soins, le commentaire serait bien moins utile.

Presque tout ce que j’ai envoyé n’est qu’un recueil de doutes. En voici encore de nouveaux sur Cinna. Je supplie l’Académie de les lire et de les résoudre.

Vous devez avoir entre les mains Cinna et Polyeucte . Vous me permettrez, quand vous m’aurez renvoyé le canevas du commentaire sur Polyeucte, marginé, de vous le renvoyer une seconde fois. Je compte embellir un peu cet ouvrage qui est sec par lui-même. Je fais venir beaucoup de tragédies espagnoles, anglaises et italiennes, dont la comparaison avec celles de Corneille ne servira pas peu à faire voir la supériorité de la scène française sur celles des autres nations, supériorité dont nous avons l’obligation à ce grand homme, et qui a contribué principalement à faire de notre langue la langue universelle.

Les Cramer ne comptent donner une annonce que quand ils seront sûrs des graveurs et du temps auquel ils auront fini. Je tâcherai de rendre service dans cette affaire au libraire de l’Académie. Il n’y a, ce me semble, qu’une veuve qui paraisse ; mais n’y a-t-il pas un enfant de dix à douze ans ? La mère pourrait me l’envoyer, je le ferais travailler chez les Cramer ; il apprendrait son art, et ce voyage lui serait très utile. Si vous le protégez et si vous approuvez mon idée, il n’y a qu’à me l’envoyer.

Je compte sur vous plus que sur personne ; continuez-moi votre bonne volonté, et aidez-moi de vos avis. »

 

23/09/2016

deux cent mille livres de rente, et un chapeau rouge, on est au-dessus de tous les souverains. Mettez la main sur la conscience

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« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis

A Ferney 7 octobre 1761

Monseigneur, béni soit Dieu de ce qu’il vous fait aimer toujours les lettres ! Avec ce goût-là, un estomac qui digère, deux cent mille livres de rente, et un chapeau rouge, on est au-dessus de tous les souverains. Mettez la main sur la conscience : quoique vous portiez un beau nom, et que vous soyez né avec une élévation d’esprit digne de votre naissance, c’est aux lettres que vous devez votre fortune ; ce sont elles qui ont fait connaître votre mérite ; elles feront toujours la douceur de votre vie. Je m’imagine quelquefois, dans mes rêves, que vous pourriez avoir des indigestions, que vous pourriez faire comme M. le duc de Villars, madame la comtesse d’Harcourt, madame la marquise de Muy, etc., etc., etc., qui sont venus voir Tronchin comme on allait autrefois à Epidaure. J’ai aux portes de Genève un ermitage intitulé les Délices. M. le duc de Villars a trouvé le secret d’y être logé in fiocchi 1. Enfin toute mon ambition est que votre éminence ait des indigestions . Cela serait plaisant . Pourquoi non ? permettez-moi de rêver.

Votre réflexion, monseigneur, sur la dédicace de l’Académie est très juste ; mais figurez-vous que l’Académie, loin de vouloir que j’adoucisse le tableau des injustices qu’essuya Pierre, veut que je le charge, et cette injonction est en marge du manuscrit ; on est indigné d’une certaine protection qu’on a donnée à certaines injures, etc., etc.

Permettez-vous que j’aie l’honneur de vous envoyer les commentaires sur les pièces principales ? Vous avez sans doute votre bréviaire de saint Pierre Corneille . Vous me jugeriez, et cela vous amuserait. Mais comment me renverriez-vous mon paquet ? vous pourriez ordonner qu’on le revêtît d’une toile cirée, et il pourrait être remis en ballot, à Tronchin, de Lyon, ci-devant confesseur et banquier de Mgr. le cardinal de Tencin, et aujourd’hui le mien.

Ce travail est assez considérable, et transcrire est bien long. En attendant, je demande à votre éminence la continuation de vos bontés, mais surtout la continuation de votre philosophie, qui seule fait le bonheur.

Ne bâtissez-vous point ? ne plantez-vous point ? avez-vous une Epître de moi sur l’agriculture ? Bâtissez, monseigneur, plantez, et vous goûterez les joies du paradis.

Mille tendres et profonds respects.

V. » 

 

1 Excellemment .