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23/08/2016

Si à son âge elle joue des rôles de petite fille, on peut faire des comédies au mien

... Allez savoir pourquoi, j'ai aussitôt pensé à Yvette Horner coiffée avec un pétard, feu d'artifice sur pattes, gamine de kermesse d'école , Alice au pays des mères vieilles . A ce petit bout de bonne femme, je  souhaite encore de belles années , musicales, dans sa maison de retraite . Salut à toi Yvette, rap and C° peuvent toujours aller se rhabiller, ils ne t'arriveront jamais à la cheville !

https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvette_Horner

Pour se dégourdir : https://www.youtube.com/watch?v=tM05YnAMG0s

Pour la jeunesse d'esprit, et l'éclectisme , un modèle : https://www.youtube.com/watch?v=KNMwSjLmvUk

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« A Nicols-Claude Thieriot

14è septembre 1761

Je crois que père d'Olivet a communiqué à frère Thieriot, une grande lettre de frère Voltaire, sur notre père commun Pierre Corneille . Je ne crois point qu'elle soit encore digne de voir le jour, il y faut ajouter des choses très importantes . Supprimons-là, je vous en supplie, jusqu'à nouvel ordre . Je mande la même chose Ciceroniano Oliveto 1.

On ne croit pas que ce soit M. Legouz qui soit l'auteur du Droit du seigneur ; on dit que c'est un nommé Picardin de l'Académie de Dijon, jeune homme qui a beaucoup de talent . Le fait est qu'elle est réellement d'un académicien honoraire de Dijon, et qu'en cela on ne trompe personne, ce qui est un grand point .

Je fais mes compliments à Charles Gouju 2, c'est dans le fond un fort bon homme, et je voudrais que tout le monde pensât comme lui .

Mlle Gaussin pousse bien loin sa jeunesse . Si à son âge elle joue des rôles de petite fille, on peut faire des comédies au mien .

Que Dieu ait tous les frères en sa sainte et digne garde . »

1 À Olivet cicéronien . Voir lettre du même jour : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/08/21/j-5838386.html

2 Allusion à la Lettre de Charles Gouju à ses frères au sujet des révérends pères jésuites, de V*, 1761 . Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-facetie-lettre-de-charles-gouju-a-ses-freres-121731765.html

 Et pour compléter la galerie des gamines, et être raccord avec l'actualité fin des J.O. classiques et bientôt J.O. Handisport : https://www.youtube.com/watch?v=UXSjEsXNbo8

22/08/2016

un programme dont je n'aime point l'étalage

... C'est exactement ce que je me dis en lisant les déclarations des deux principaux candidats à la présidentielle parues dans Le Point . C'est tellement vague que j'en ai le mal de mer, tellement flou que j'en change de lunettes, tellement banal que je crois lire une rédaction de sixième sur "Racontez vos vacances" . Et par pure charité (non, pas chrétienne ! ) je m'abstiens de m'infliger le supplice de lire les déblatérations de la meute des autres postulants .

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« A Pierre-Joseph Thoulier d'Olivet, de

l'Académie française

à Paris

[seconde adresse de la main d'Olivet estampillée « 4° L[vée] et D sur 4° : ] A Monsieur / monsieur Thieriot, chez monsieur / Baron médecin / Rue Culture Sainte- Catherine

14è septembre 1761, Ferney

Je fais réflexion, mon cher maître, que si l'on imprime la lettre en question, il y faut ajouter des choses essentielles à notre entreprise ; que cela peut tenir lieu d'un programme dont je n'aime point l'étalage ; que c'est une occasion de rendre adroitement justice à ceux qui les premiers ont favorisé un projet honorable à la nation ; que vous vous signaleriez vous-même en m'écrivant en réponse, une petite lettre laquelle ferait encore plus d'effet que la mienne .

C'est une nouvelle occasion pour vous de donner un modèle de l'éloquence convenable aux gens de lettres qui s'écrivent avec une familiarité noble sur les matières de leur ressort . Je vais écrire en conformité à frère Thieriot qui supprimera ma lettre jusqu'à nouvel ordre, en cas que vous la lui ayez déjà donnée, et si elle n'est pas sortie de vos mains il faut qu'elle y reste jusqu'à ce qu'elle soit digne de vous et du public 1. »

1 En dessous de la lettre, d'Olivet a porté ces mots : « N'imprimez donc point . Je vous dirai ce qui rend impossible, quand à présent, ce que notre ami voudrait de moi, et ce que j'en voudrais moi-même, 19 septembre. » Il est toujours question de la lettre du 20 août 1761 à d'Olivet : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/07/25/490b8d596f02afd3eb06f6b8d6215222-5829833.html

 

21/08/2016

Paul viendra voir Antoine et apprendre de lui à se passer du reste des hommes .

... Heureux hommes, fidèles, marions les, s'ils veulent bien !

Et déboutons Boutin , Bolloré Vincent ("catho intégriste", comme dit Fanfoué), Barjot Frigide et tous les soi-disant Bien-pensants, butés déblatérants .

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Au delà de la rigolade, un vrai projet de vie qui ne doit pas être réservé aux hétérosexuels soumis aux lois religieuses .

 

 

« A Claude-Philippe Fyot de La Marche

A Ferney, 14 septembre [1761]

J'ai ouvert, monsieur, l'incluse que je vous renvoie ; vous qui êtes la main de la justice, vous pardonnerez à ma main indiscrète ; ce mot de seigneur de Ferney aurait trompé un homme plus attentif .

Cependant , quand j'ai vu votre nom, je me suis dit : l'écrivain a raison ; oui assurément, monsieur de La Marche est seigneur de Ferney, et il demeure bien peu de temps dans sa terre . Je suis son vassal et je regrette mon seigneur ; j'irai assurément lui prêter foi et hommage dans son royaume de La Marche ; Mme Denis et Cornélie-Chiffon m'ôteront mes éperons et me tiendront les mains jointes .

Si vous êtes dans votre royaume à la  réception de ma lettre, voulez-vous employer votre graveur 1 pour Corneille ? Les Cramer lui payeront quatre louis pour chaque planche in-8° . Il n'aurait qu'à commencer par ces deux-ci en les rectifiant . Voilà les sujets, vous guideriez son talent . Il y aura dix estampes à graver . Notre Bourgogne aura l'honneur de toute l'entreprise de l'édition de Corneille . Vous ne sauriez croire combien vous me rendez cette idée chère . J'ai été sur le point d'aller faire imprimer notre Corneille au Louvre ; mais je ne veux pas quitter ma retraite, et ce mot de Louvre m'effraie, quoiqu'il appartienne à un roi qui me rassure . Je suis si bien dans ma solitude que ma constance est sans mérite, et je n'en sortirai que pour vous . Paul viendra voir Antoine et apprendre de lui à se passer du reste des hommes .

Je suppose que M. Tronchin est venu recevoir vos ordres à Lyon 2. Allez embellir La Marche , allez faire à Paris le bonheur de votre famille et de vos amis, et revenez ensuite faire le vôtre dans votre respectable retraite .

Neglectae dominus splendidior rei 3.

Nous compterons toujours, Mme Denis et moi, parmi nos plus heureux moments ceux que nous avons eu l'honneur de passer avec vous . Nous en disons autant à M. le président de Ruffey ; je le supplie de daigner se souvenir de l'avocat Arnould, et je demande pardon de toutes mes libertés . Adieu, monsieur, agréez les très tendres respects de

V. »

1 D'après l'éditeur, le graveur de Fyot de La Marche était Louis-Gabriel Monnier, ; cependant aucune des illustrations du Corneille de Voltaire n'est signée de lui . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-Gabriel_Monnier

et pages 388-389 : https://books.google.fr/books?id=7wxAAAAAcAAJ&pg=PA38...

2 Voir lettre du 9 septembre 1761 à JR Tronchin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2016/08/15/j... . La veille du jour où V* écrit cette lettre, Fyot de La Marche lui écrivait de Lyon pour le remercier du séjour effectué chez lui .

3 Maître plus opulent d'un bien négligé ; d'après Horace, Odes, III, xvi, 25 qui donne Contemptae pour Neglectae .

 

20/08/2016

j'espère que je trouverai quelque Anglais qui ira en Italie acheter des copies qu'il prendra pour des originaux, et des médailles qu'il croira antiques

... La réputation du commerce de la contrefaçon italienne n'est plus à faire, ils sont doués pour écouler la camelote asiatique . L'Anglais semble être le gogo idéal , il a l'argent et il se croit un expert pour tout ce qui touche l'art, vrai , du temps de Voltaire, encore vrai à l'ère du Brexit qui dénote une attirance certaine pour les couillonnades . Une culture de footeux, ça n'arrange pas les choses ...

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« Au comte Francesco Algarotti

Au château de Ferney 14 septembre 1761

Vous pourriez bien me dire, mon aimable cygne de Padoue,

Tam raro scribis ut toto quater in anno 1.

Ce n'est pas même quater ; mais je suis si vieux, mes yeux sont si faibles, mes occupations sont si horriblement multipliées, que je ne peux pas disposer d'un moment, passant la moitié de la journée à souffrir et l'autre à travailler .

On m'a proposé dans l'Académie française de donner un recueil des auteurs classiques du siècle de Louis XIV, avec ce que les savants appellent un commentaire perpétuel . J'ai choisi Corneille pour ma part . Ce n'est pas un petit emploi que d'avoir trente-deux pièces de théâtre à commenter : mais ayant chez moi l'héritière du nom de Corneille, il fallait bien que je me chargeasse du grand-père, comme de la petite fille . L'ouvrage est revu par l'Académie, et je crois qu'il sera utile aux étrangers qui savent notre langue, et aux Français qui souvent ne la savent pas .

On ne saurait trop se donner de l'occupation dans la vieillesse . Il n'y a que cette façon de se consoler des plaisirs qui nous fuient . Je bâtis à la fois une église et un théâtre ; ils ne sont pas, je l'avoue, dans le goût de Palladio, mais j'ai l'insolence de croire que vous seriez content de mon petit château . Il est fort triste d'y mourir sans vous avoir vu . Si jamais vous retournez à Berlin, n'est-il pas vrai que vous passerez par chez nous ?

Vous m'avez demandé quand je vous enverrais le second tome de Pierre le Grand . Ce sera quand madame sa fille aura le loisir de me communiquer des mémoires ; car je n'en ai pas de quoi composer quatre feuilles . On croit avoir donné des matériaux à un historien, quand on lui a envoyé la charge d'un mulet de détails militaires, de marches et contre-marches . Vous qui avez le nez fin, vous savez si c'est là ce qu'il me faut . Mais vous, homme aimable et universel, quels sont vos plaisirs, et vos travaux ? Vous ne savez point à quel point j'aime tous vos ouvrages . Il me semble que depuis Galilée, il n'y a que vous qui instruisiez avec agrément . Vous êtes né avec un talent bien rare que vous avez perfectionné, et ce talent c'est le goût, divinité très inconnue à la plupart des philosophes .

Je pourrais dans quelques mois vous envoyer un petit paquet dont vous ne seriez pas fâché ; mais comment vous le faire parvenir ? j'espère que je trouverai quelque Anglais qui ira en Italie acheter des copies qu'il prendra pour des originaux, et des médailles qu'il croira antiques . Pour peu qu'il ait le sens commun, il cherchera à vous voir, et je le chargerai de mon paquet . La France pourrait bien aussi vous envoyer quelques jésuites ; il y en a qui ont de l'esprit, et je m'adresserai à eux .

Adieu, je me console de votre absence avec l'idée que vous m'aimez toujours un peu . Addio, caro . »

1 Tu écriras si rarement que dans l'année entière[tu ne réclames pas] quatre fois [le parchemin] : d'après Horace, Satires, II, iii, 1.

 

Il faut être juste, mais il faut être poli, et dire la vérité avec douceur

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Ah ! qu'en termes galants ces choses-là sont dites !

 

 

 

«A Charles Pinot Duclos

A Ferney 14 septembre [1761] 

Je commence par remercier ceux qui ont eu la bonté de mettre en marge des notes sur mes notes. Je n’ai l’édition in-folio de 1664 1 que depuis huit jours.

J’ai commencé toutes mes observations sur l’édition très rare de 1738 2, dans laquelle Corneille inséra tous les passages imités des Latins et des Espagnols. Ces observations, écrites assez mal de ma main au bas des pages, ont été transcrites encore plus mal sur les cahiers envoyés à l’Académie.

Il n’est pas douteux que je ne suive dorénavant l’édition de 1664. Cette petite édition de 1738 ne contient que Médée, le Cid, Pompée, et le Menteur, avec la Suite du Menteur.  

A-t-on pu douter si j’imprimerais les sentiments de l’Académie sur Le Cid ? « Ella misma requirio al Rey que se le diesse por marido. 3»

Et vous dites qu’il n’y a pas là d’alternative ! Vous avez raison ; mais lisez ce qui suit : « Ella estava muy prendada de sus partes 4 »,voilà nos parties. « O le castigasse conforme a las leyes 5 » etc., et voilà votre alternative.

Comptez que je serai exact.

Je suis très aise d’avoir envoyé et soumis à l’examen mes observations, tout informes qu’elles sont : 1° parce que vos réflexions m’en feront faire de nouvelles ; 2° parce que le temps presse, et que si j’avais voulu limer, polir, achever avant d’avoir consulté, j’aurais attendu un an, et je n’aurais été sûr de rien . Mais en envoyant mes esquisses, et en en recevant les critiques de l’Académie, je vois la manière dont on pense, je m’y conforme, je marche d’un pas plus sûr .  

Il y avait dans mes petits papiers  labbé d’Aubignac, savant sans 6 génie, et La Motte, homme d’esprit sans érudition, ont voulu faire des tragédies en prose. Un jeune homme du métier, qui a copié cela, s’est diverti à ôter le génie à La Motte, et je ne m’en suis aperçu que quand on m’a renvoyé mon cahier .

Il y a souvent des notes trop dures . Je me suis laissé emporter à trop d’indignation contre les fadeurs de César et d'Antoine et de Cléopâtre dans Pompée 7, et contre le rôle de Félix dans Polyeucte. Il faut être juste, mais il faut être poli, et dire la vérité avec douceur .

N.B. Je suis à Ferney, à deux lieues de Genève. Les Cramer préparent tout pour l’édition, et je travaille autant que ma santé peut me le permettre.

Ils ne donneront leur programme que lorsqu’il commenceront à imprimer .

Ils n’imprimeront que quand les estampes seront assez avancées pour que rien ne languisse . J’ai peur qu’il n’y ait quatorze volumes in-8°, avec trente-trois estampes.

Deux louis, c’est trop peu ; mais les Cramer n’en prendront jamais davantage .

Le bénéfice ne peut venir que du roi, de la czarine, du duc de Parme, de nos princes, etc., comme je l’ai déjà mandé.

Si mes respectables et bons confrères veulent continuer à me marginer 8, tout ira bien.

Respects et remerciements.

V.»

1 Le Théâtre de Pierre Corneille, 1664, c'est l'édition définitive dans un format qui classe Corneille parmi les grands auteurs .

3 Elle même demande au roi qu'il le lui donne pour mari .

4 Elle était fort éprise de sa partie . Les trois mots qui suivent sont ajoutés dans la marge .

5 Ou qu'il le punisse conformément aux lois .

6 Sans ajouté au dessus de la ligne sur le manuscrit .

7 Dans Pompée est ajouté sous la ligne .

8 V* semble avoir inventé ce mot ; en tout cas il le défendit contre les critiques de l'abbé d'Olivet , voir la lettre à celui-ci du 27 novembre 1764 : http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/08/correspondance-annee-1764-partie-38.html

 

19/08/2016

Nous lui souhaitons une longue jouissance de ces petits agréments

... Mais pour qui donc de nos jours peut-on faire de tels souhaits ?

Certes pas à nos grands élus et ministres qui sont, eux, sources inépuisables de désagréments .

 Jésus se révèle à une aimable Samaritaine (chap. XXIII).

Jésus se révèle à une aimable Samaritaine (chap. xxiii).

(page 97 : https://fr.wikisource.org/wiki/La_Vie_de_J%C3%A9sus_(Taxi...

et comme chacun sait, ou devrait savoir, la religion va tout gâcher .

 

 

« Marie-Louise Denis, Marie-Françoise Corneille et Voltaire

à

Everard Titon du Tillet

13 septembre [1761]1

Nous faisons nos compliments à l'Académie française et à celles des belles-lettres des honneurs et de la justice qu'elles ont rendus à monsieur Titon du Tillet . Nous lui souhaitons une longue jouissance de ces petits agréments . Nous lui présentons nos obéissances et à tout ce qui l'environne . 

Denis, Corneille,

[et plus bas ],Voltaire.»

1 Le manuscrit original de la main de V*, sauf les signatures de Mme Denis et Mlle Corneille est passé à la vente Bovet, 1887 (voir Lettres autographes composant la collection de M. Alfred Bovet, 1887 de Etienne Charaway : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6325943w.r=) et : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6325943w/f21.item.r=titon%20du%20tillet

 

18/08/2016

Voici deux souscriptions qu'on m'envoie, et que je remets à votre greffe

... Une réponse favorable à l'une n'exclut pas une réponse favorable à l'autre !

http://www.chateau-ferney-voltaire.fr/Actualites/Particip...

https://www.youtube.com/user/ptitsfilsdejeanine

Si j'ai eu le privilège de m'allonger sur le lit de mon maître Voltaire, emperruqué comme jamais je n'ai été depuis, ni auparavant, apporter mon écot ne sera que juste le paiement du B&B ferneysien, oups! de l'Auberge de l'Europe !

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Pour les Ptits Fils de Jeanine, c'est un souvenir d'une soirée géniale au Fort de Rousses où je les ai découverts et jamais oubliés ; ils ont une pêche extraordinaire et communicative avec un talent poétique certain ; s'ils passent près de chez vous, allez les voir et écouter, vous ne le regretterez pas .

 

 

ptitsfilsdejeanine.png

 

« A Gabriel Cramer

13è septembre [1761]

Mon cher Caro, Zamore 1 ne voulut point vous suivre quand vous partîtes de Ferney . Nous le gardâmes pour vous le rendre , et fugit, evasit, erupit,2 comme le petit Brillon 3; Brillon s'est sauvé . Nous nous flattons qu'il est retourné chez vous, en ce cas-là Zamore est un très joli enfant .

Voici deux souscriptions qu'on m'envoie, et que je remets à votre greffe .

Je vous embrasse du meilleur de mon cœur . »

2 Il s'est enfui, il a échappé , il s'est précipité dehors ; réminiscence de Cicéron, Catilinaires, II, 1,1 .