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23/10/2017

Je tiens le succès de notre cause infaillible ; je dis notre cause, car tous ceux qui aiment Dieu et leur prochain sont de la même religion

... Très important le "et" , aimer Dieu ET son prochain, pour définir toute religion supportable . Personnellement, je me dispense d'aimer quelque dieu qui soit et en qui j'ai eu la faiblesse de croire un temps de ma vie, ses représentants auto-proclamés de tous poils sont bien loin d'aimer sans limite , propriétaires qu'ils se croient de "La véritable religion" , source de divisions, comme si la nature n'était pas déjà assez compliquée .

 Pour les divisions, faisons également confiance aux politiciens qui voient chacun midi à leurs fenêtres, et veulent nous faire adopter leurs vues, mordicus .

 

 

« A Philippe Debrus

Je fais mon tendre compliment à monsieur Debrus et à tous nos amis de la liberté que Mlles Calas viennent d’obtenir du roi par les généreuses sollicitations de Mme la duchesse d'Anville .

Voici le mémoire de M. Loyseau . Je n'ai pu l'envoyer plus tôt , parce que tout le monde chez moi l'a voulu lire . Je prie monsieur Debrus de me le renvoyer, en cas qu'il ait déjà reçu des exemplaires de Paris . Je tiens le succès de notre cause infaillible ; je dis notre cause, car tous ceux qui aiment Dieu et leur prochain sont de la même religion .

Lundi au soir [13 décembre 1762].1 »

1 Pour la date, le catalogue B. M. donne , comme l'édition Lettres inédites, le 25 décembre 1762 qui était un samedi ; V* a dû recevoir la nouvelle peu après le 8, un mercredi, jour où l'évènement avait eu lieu ; voir lettre du 1er décembre 1762 à Debrus : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/10/13/il-faut-attendre-patiemment-le-jugement-du-conseil-5988801.html

22/10/2017

Il est bon d'ailleurs de conserver des officiers qui ne sont pas des petits-maîtres

... Emmanuel Macron applique cette recommandation à la lettre, et quelques hauts gradés se sont fait remonter les bretelles par le jeune chef des armées . Garde à vous ! repos ! rompez !

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Le képi ne fait pas le chef .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet , comtesse d'ArgentaI

13è décembre 1762 , Ferney 1

Ô mes anges, l'épouseur est arrivé, c'est un demi philosophe 2. Il n'a rien pour le présent, mais il y a quelque apparence qu'il aura Mlle Corneille, et que Mlle Corneille aura plus que je ne vous avais dit . La terre qui doit revenir au philosophe est dans la Bresse, dans mon voisinage . Tout cadre à merveille . Le père ne donnera probablement à son fils que son approbation et un peu d'argent . On suppléera comme on pourra . Il est assez plaisant que je marie une nièce de Corneille, c'est une plaisanterie que j'aime beaucoup .

Le demi-philosophe n'est point effarouché que la future ait fait peu de progrès dans la musique, dans la danse, et autres beaux-arts . Il ne danse ni ne chante ni ne joue . Il est pour la conversation, et il veut penser .

Je pense qu'il conviendrait que M. le duc de Choiseul ne réformât pas la compagnie du futur . Il ne faut pas donner ce dégoût à Cinna, ce serait un triste présent de noces . Il est bon d'ailleurs de conserver des officiers qui ne sont pas des petits-maîtres .

À propos de Cinna, on dit que cette Éponime que Lekain m'avait vantée avec tant d'enthousiasme est un fort mauvais ouvrage . On m'assure que l'auteur est un ivrogne qui n'a pas le vin poétique . Mlle Clairon trouvait la pièce admirable . Gardons-nous des décisions du tripot .

Ma famille suisse dont je vous avais parlé 3 va partir pour la Floride . C'est le plus beau des climats . L'inquisition va en être bannie . Si je n'étais pas à Ferney il me semble que j'irais à la Floride .

Je vous salue mes anges . Que les comédiens négligent Mariamne et Le Droit du seigneur et qu'ils donnent des Éponime, ils sont les maîtres . Conservez vos bontés à qui vous adore .

V. »

1 L'édition de Kehl supprime le 4è paragraphe, et le dernier jusqu'à Conservez vos bontés .. .

3 Voir lettre du 21 novembre 1762 aux mêmes .

Il n'est pas mal de couper une tête de l'hydre de la calomnie dès qu'on en trouve une qui remue

...Résultat de recherche d'images pour "hydre de la calomnie humour"

 https://www.youtube.com/watch?v=IfyCau4yyBkhttps://www.yo...

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

[vers le 10 décembre 1762]

Salut à mes frères en Dieu et en la nature . Je prie mon frère Thieriot de m'aider dans mes besoins, et de m'envoyer la meilleur histoire du Languedoc 1, cela ne sera peut-être pas inutile aux Calas, et pourra produire un écrit intéressant 2.

On a fini par se moquer de moi de ce que j'avais pris tant à cœur la tracasserie de la lettre 3; mais si je n'avais pas tant crié, on aurait peut-être crié contre moi . Il n'est pas mal de couper une tête de l'hydre de la calomnie dès qu'on en trouve une qui remue . »

1 Le meilleur ouvrage est (et il l'est toujours) l'Histoire générale de Languedoc ,1730-1745, attribué principalement à Claude Devic et Jean-Joseph Vaissette . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_g%C3%A9n%C3%A9rale_de_Languedoc

2 Le Traité sur la tolérance ; l'histoire du Languedoc laisse aussi des traces dans le Pot pourri .

21/10/2017

la commission qui jugera, est composée de juges éclairés et intègres, qui ne craignent point du tout de déplaire aux parlements, et qui rendront la justice la plus exacte, telle que le public la désire

... Terriblement d'actualité tant notre quotidien est rempli d'affaires criminelles , souhaitons que les juges du XXIè siècle seront à l'égal ou au mieux de ceux du XVIIIè de Voltaire .

 

« A Philippe Debrus

Au château de Ferney 10è décembre [1762]

Il serait à souhaiter que M. le duc de Bedfort , qui a cinq cent milles livres de rente, protégeât notre pauvre veuve, autrement que par des paroles . Il est toujours bon qu'il joigne sa voix à celle du public, mais on doit être très sûr que son suffrage n'influera en rien sur les juges . Croyez-moi, tout dépend du rapporteur . J'ose être sûr de lui, voilà l’essentiel ; la commission qui jugera, est composée de juges éclairés et intègres, qui ne craignent point du tout de déplaire aux parlements, et qui rendront la justice la plus exacte, telle que le public la désire . Ce point une fois gagné, j'ose espérer une réparation authentique, et les grâces de la cour pour cette famille infortunée .

Je répèterai cent fois, qu'il faut que Mme Calas ait l'esprit tranquille . Il est très indifférent qu'on mette , ou qu'on ne mette pas des cartons au mémoire de M. de Beaumont ; les bagatelles qu'il s'agit de réformer, ne touchent presque en rien le fond du procès . Il est pourtant bon que ces mémoires n’arrivent à Toulouse qu'avec des cartons uniquement pour ne point donner prise à des chicanes .
Je suis affligé de ne plus entendre parler du voyage de M. de Lassalle 1; c'est là ce qui ferait un terrible effet . Dieu veuille le maintenir dans ses bonnes intentions !

La bonne servante viendra-t-elle ? Je brûle d'envie de l'interroger dans le patois de Goudouli 2.

Je me console fort des délais que nous essuyons, les juges en seront mieux instruits, et on aura plus de temps pour éclairer leur justice, et pour exciter leur zèle . Il faut principalement s'adresser aux gens de robe dans cette affaire . Les femmes et les ambassadeurs serviront auprès du public, et les gens de robe seuls serviront auprès des juges .

J'embrasse tendrement monsieur Debrus et ses amis . »

2 Goudouli ou plus précisément Pierre Goudelin, était un poète languedocien dont les œuvres en gascon avaient été souvent imprimées à Toulouse (1646-) ; voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8ire_Godolin ; il a, entre autres, écrit des Stances sur la mort de Henri IV ; voir aussi : https://lengas.revues.org/1253

Je n'ose parler de l’accident de mon cher Gabriel , c'est l'affaire des dames

... Et je leur conseille fort de n'y point apporter remède de sitôt .

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Gabriel ! Gabriel ! va te faire soigner !

 

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 10 décembre 1762]

Je renverrai demain l'épreuve K . Je n'ose parler de l’accident de mon cher Gabriel 1, c'est l'affaire des dames, c'est à elles de gémir . Cependant je m'y intéresse très fort .

Voici un paquet pour le voyageur qui ne reviendra pas sitôt . »

20/10/2017

Comment vont vos parties affligées ?

...Cette question, - si ce n'est dans les termes, au moins dans l'esprit -,  à Marine Le Pen sur France 2 n'a pas eu de réponse de l'intéressée, l'importance de ses revenus et leur augmentation étant fort loin de l'affliger; Philippot est un has been, l'euro une monnaie négative, Laurence Parisot déconnectée de la réalité , et on ne doit pas se faire vacciner car tous les ministres de la santé ont été "payés par le passé par des laboratoires". Avec ça, mettez votre mouchoir par dessus, et circulez, il n'y a plus rien à voir !

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"Je vais m'en mettre jusque là !"

 

 

« A Gabriel Cramer

Mon cher Gabriel je vins vous voir avant-hier et dire adieu à Philibert . Mais ou vous étiez sortis l'un et l'autre ou vous étiez invisibles . Comment vont vos parties affligées ?1 N'avez-vous pas besoin de quelque rabâchage de Pierre intitulé tragédie ? Allez, telles pièces, telles estampes, mais je soutiens que celle de La Toison d'or est un chef-d’œuvre . Au reste vous ferez comme il vous plaira, mais je persiste dans mon indifférence pour les dernières pièces de Pierre, et pour les tailles douces .

V.

D'ailleurs faites tout comme il vous plaira . Vous êtes le maître absolu .

10 décembre [1762] . »

19/10/2017

Quelle honte ! quelle guerre ! les ministères de Philippe III et de Philippe IV ne se conduisirent pas plus misérablement que les Espagnols d’aujourd’hui

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Angela et Emmanuel en choeur " Hey Theresa ! les Catalans sont aussi cinglés que les Anglais . Brexit et Catalexit, vous êtes faits pour vous entendre , isn't it ?" 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

10 décembre 1762

Mes divins anges, vous avez beau faire, on ne commande point au diable . Les sorciers seuls ont ce privilège, et c’est le diable qui me commande. Il s’empara de moi il y a bientôt dix-huit mois, et me fit faire en six jours la sottise que vous savez 1. J’étais ivre de mon ouvrage au septième ; mais l’âge m’a rendu un peu défiant, et surtout je me défie de moi-même. Mes chers anges, je vous parlais d’attendre au carême ; à présent je vous supplie de remettre à Pâques. Plus on attend, plus valent les tragédies. Vous ne chômerez point cet hiver. Vous avez Eponine, dont on dit beaucoup de bien. Il y a force tragédies, force comédies ; vous aurez le plaisir de voir des succès et des chutes. Souffrez que, cet hiver, je me donne tout entier à mon paradis de Ferney, au csar Pierre, à Corneille, à l’Histoire générale . Quand j’aurai fait tout cela, et que ma tête sera libre, alors vous aurez tant de vers qu’il vous plaira.

Sachez de plus, ô anges ! qu’il y a sur le métier un ouvrage à l’occasion des Calas 2 qui pourrait être de quelque utilité, à ce que disent les bons cœurs, et pour lequel on vous demandera votre suffrage et votre protection.

Je vous remercie historiquement de m’avoir confirmé la cession de la Floride. Quelle honte ! quelle guerre ! les ministères de Philippe III et de Philippe IV 3 ne se conduisirent pas plus misérablement que les Espagnols d’aujourd’hui 4.

Oh ! que votre aimable duc de Praslin a bien fait de finir tant de pauvretés ! Il a rendu service au genre humain, et surtout aux Français. Je me soucie très peu du Canada . Je ne l’ai jamais aimé , mais la paix nous devenait nécessaire comme le manger et le dormir. Je l’en remercie encore, et je suis enchanté que ce soit votre ami qui ait fait une si bonne œuvre.

Vous me dites toujours que je ne réponds point aux chefs d’accusation que je me tais sur Zulime, sur Mariamne. Je reverrai Mariamne et Zulime quand je r'aurai 5 ma tête, j’entends ma tête poétique. A présent je suis tout prose ; me voilà cunctateur. Attendons : Zulime, Mariamne, Olympie, tout cela viendra si je vis.

Savez-vous que je suis bien vieux ? Le duc de Villars, quoique plus jeune, est plus vieux que moi . Il a des convulsions de Saint-Médard à le faire canoniser par les jansénistes. Il souffre héroïquement ; il a dans les maux plus de courage que son père. Il y a bien des sortes de courage.

Eh bien vienne l'épouseur de Marie Corneille . Nous les marierons pour peu qu'il en ait l'envie .

Mais que dites-vous de Luc et de son compliment 6 au roi d'Angleterre ? »



1 Olympie .

2 Traité sur la tolérance .

4 Les cinq derniers mots ont été rajoutés sur le manuscrit entre les lignes .

5 L'édition de Kehl remplace ce verbe par retrouverai .

6 On ne sait à quel compliment V* fait ici allusion, la dernière lettre de Frédéric II à George II remontait au 30 août 1757 .