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25/05/2018

ceux qui rient sous cape persécutent quelquefois ceux qui ont ri trop fort, et qui ont réveillé leurs voisins par leurs éclats . Voilà le monde

... Superman et Zorro sont-ils de ceux-là ?

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 - Hey James ! cherche un autre titre !...

 

« A Jacob Vernes

à Sélégny

par Copet

Aux Délices 24è mai 1763

Non, assurément, Jean-Jacques n’est pas ce que vous savez, et peu d’êtres pensants sont ce que vous savez. S’il y a une bonne morale, dans les Mille et une Nuits, on adopte cette morale, et on rit des contes bleus. Les uns rient tout bas, les autres rient tout haut ; ceux qui rient sous cape persécutent quelquefois ceux qui ont ri trop fort, et qui ont réveillé leurs voisins par leurs éclats. Voilà le monde, mon très cher curé ; et vous savez bien .1 On dit que Jean-Jacques fait actuellement des fagots , comme le Médecin malgré lui 2. Il en a tant conté qu’il est bien juste qu’il en fasse. A l’égard de son abdication 3, il se croit un Charles-Quint qui abdique l’empire.

La Tolérance ne servira de rien, à moins qu’on ait des protections très fortes. Il est difficile de persuader de si loin des âmes occupées de leurs intérêts, et entraînées par le torrent des affaires. Je ferai mes efforts, mais j’ai peu d’espérance . Je n’ai qu’un violent désir, parce qu’à Pékin et à Meaco 4 ce serait une bonne œuvre.

C’est bien dommage qu’on n’ait pas fait une histoire des conciles, dans le goût naïf du Précis du Concile de Trente 5. Il faut espérer que quelque bonne âme rendra ce service aux honnêtes gens. Tout vient dans son temps, et un temps arrivera où l’on n’enseignera aux hommes que la morale qui vient de Dieu, et qu’on laissera là les dogmes qui viennent des pères . Car quels enfants que ces pères ! ou quels radoteurs !

Enfin l’infâme procédure des infâmes juges de Toulouse est partie ou part cette semaine. Nous espérons que l’affaire sera jugée au Grand Conseil, où nous aurons bonne justice, après quoi, je mourrai content.

N.B. – Le parlement de Toulouse ayant roué 6 le père a écorché la mère. Il a fallu payer cher l’extradition des pièces ; mais tout cela est fait par la justice. Ah, manigoldi !7 »



1 Plusieurs mots ont été biffés, et au-dessus de la ligne V* a écrit : Je raie ceci par excès de discrétion .

2 Dans la pièce de Molière, Ac. I, sc. 5 : http://www.toutmoliere.net/IMG/pdf/medecin_malgre_lui.pdf

. JJ Rousseau fait des lacets . La phrase qui suit est une allusion à un quolibet connu, qui joue sur les deux sens et les deux formes du mot conter/compter .

3 Le 12 mai 1763, JJ Rousseau a renoncé à son droit de citoyenneté de Genève, à cause de la suppression dans cette ville de la réponse à l'archevêque Christophe de Beaumont .Voir : http://www.cosmovisions.com/Rousseau.htm

4 Sans doute pour Macao, erreur bizarre .

5 La lettre du 25 mai 1763 à Damilaville montre que V* fait ici allusion au chapitre CLXXII de l'Essai sur les moeurs : https://fr.wikisource.org/wiki/Essai_sur_les_m%C5%93urs/Chapitre_172

6 V* a d'abord commencé par écrire jug .

7 Canailles !

24/05/2018

Le premier service est, ce me semble, d’ôter l’ivraie et les chardons de la terre qu’on cultive

... Serait-ce le motif qui guide Marion Maréchal qui se trouve une vocation d'enseignante, de maître à penser, de modèle officiel ?

Si jamais vous voulez vous inscrire à l'ISSEP, je vous souhaite bien du plaisir, personnellement je ne suis pas sûr de me trouver bien instruit dans la PISSE : la nièce de Marine semble aussi douée que sa tante pour trouver des noms ridiculisables .  

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

[23 mai 1763] 1

Pour le coup, c’est au premier commis d. vmes 2 que j’écris. Je vous prie, mon cher frère, de me dire si on paie les trois vingtièmes pour l’année 1763. On me les demande pour la partie de mes terres qui n’est pas franche ; car ce que j’ai acquis pour m’arrondir est sujet aux charges de l’État. C’est peu de chose, et il est très juste de payer des taxes nécessaires ; mais on devait donc avertir dans l’édit que le 3è vingtième supprimé se paierait cette année.

A présent, mon cher frère, je parle aux philosophes . Le cœur me saigne toujours de les voir dispersés et peu unis . Ils ne font pas tout le bien qu’ils pourraient faire . Ils pourraient, s’ils s’entendaient, faire triompher la raison. Le premier service est, ce me semble, d’ôter l’ivraie et les chardons de la terre qu’on cultive, et c’est à quoi le Jean Meslier me paraît bien propre. Ce bon homme, qui ne prétend à rien, et qui avertit les hommes en mourant, est un merveilleux apôtre. Ne puis-je vous envoyer quelques Meslier par M. de Courteilles, dont les paquets ne sont jamais ouverts ?

On dit que la Mort de Socrate est froide 3. Je m’y attendais, mais j’en suis bien fâché. La philosophie n’est pas faite pour le théâtre, à moins qu’un intérêt très grand et des passions très vives ne soutiennent la pièce.

Que fait Thieriot ? que font tous les frères ?

Écrasez l'infâme . 

Faites-moi l’amitié, je vous prie, de faire parvenir l’incluse à M. Marmontel. »

1 L'édition Lettres inédites date , justement, la lettre de fin mai 1763 . On peut préciser grâce à la mention de l' « incluse » à Marmontel . Il est vrai qu'il y a une autre lettre à Damilaville du même jour, mais la difficulté n'est pas dirimante car V* écrit alors très souvent à Damilaville ; et en outre il a une raison particulière d'écrire cette seconde lettre .

2 Des vingtièmes .

23/05/2018

Votre Poétique réussit beaucoup auprès des gens du métier, et de ceux qui n’en sont pas . C’est la preuve du vrai mérite

... Ou plutôt , en l'occurrence , votre "politique" Mister Président, y compris la politique culturelle , et votre venue au château du Patriarche confirme votre attachement à la liberté . J'ose l'espérer .

http://www.lepaysgessien.fr/a-la-une-le-pays-gessien/ferney-voltaire-le-president-macron-viendra-pour-ia922b0n197825

Voir aussi : https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Macron-chez-Volt...

 et : https://twitter.com/RTSinfo/status/99891671488363724

 Le Château de Voltaire, à Ferney-Voltaire, est en travaux depuis trois ans.

 

 

« A Jean-François Marmontel

Chez madame Geoffrin, quartier Saint-Roch

à Paris

23 mai [1763], aux Délices

Je suis très en peine, monsieur, d’un gros paquet que je vous adressai, il y a quelques semaines, par M. Bouret. Il m’est important de savoir si la poste use de son droit, qui n’est pas le droit des gens, d’ouvrir les paquets, et de les garder. Celui que je vous envoyais ne méritait d’être gardé ni par vous ni par la poste. Je vous demande en grâce de m’instruire si vous l’avez reçu.

Quelle sensation fait dans Paris la tragédie de Socrate ? Le sujet n’est pas trop intéressant ; s’il l’est devenu, c’est une preuve que la philosophie fait de terribles progrès, et que la partie saine du public déteste les Anitus 1, les Omer, et les Christophe. Dieu soit béni !

Que dit-on de la lettre de Jean-Jacques à Christophe ? Savez-vous que Palissot a fait imprimer ses oeuvres ? le sait-on ? Tout son recueil est contre les pauvres philosophes, et cependant il pense comme eux ; cela fait saigner le cœur. Consolez-moi en écrivant sur la poésie, puisque vous ne voulez plus me consoler en la cultivant. Est-il possible que ce coquin de Fréron vous ait fait abandonner un art où vous auriez certainement eu de très grands succès ? Votre Poétique réussit beaucoup auprès des gens du métier, et de ceux qui n’en sont pas . C’est la preuve du vrai mérite. Je suis toujours presque aveugle, j’ai peine à écrire ; mais je lirai avec bien du plaisir quelques mots de vous.

Conservez vos sentiments pour votre ancien ami. 

V.»



1 Anitus , cité par V* dans l'article Socrate de l'Encyclopédie, était un affranchi de Néron .

22/05/2018

La poste a oublié le droit des gens

... Nous sommes bientôt fin mai 2018 et le service des P & T est encore bien loin de donner satisfaction en notre pays de Gex . Est-ce donc trop demander que de recevoir du courrier  et d'en envoyer en temps et lieu donné ? Que serait-ce si le courrier électronique n'existait pas ? je n'ose pas l'imaginer : un super bord'l !

http://www.lepaysgessien.fr/a-la-une-le-pays-gessien/prob...#

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Retour vers le futur : quand les facteurs  étaient consciencieux ...

https://vimeo.com/127149563

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville , premier commis des

bureaux du vingtième

Quai Saint-Bernard

à Paris

23 [mai 1763] 1

Je suis toujours extrêmement en peine mon cher frère d'un paquet chrétien adressé à un comte de Bruc, et d'une lettre profane au notaire de Laleu . La poste a oublié le droit des gens . Cramer avait donc oublié les droits de l'amitié et son devoir de libraire de ne vous pas présenter le 2è tome russe .

Eh bien les anges ont donc tout apaisé, tout concilié . Mais messieurs crieront encore, messieurs veulent toujours avoir raison . Ils pourront l'avoir avec le contrôleur général mais non pas avec moi qui ne suis pas contrôleur des fanatiques .

Sed quid dicis de la lettre à Christophe et quid dicunt ? Et Palissot ? Palissot qui imprime trois volumes contre les philosophes . Mais si Socrate réussit bénissons Dieu car une telle pièce ne peut obtenir de succès que de la disposition générale des esprits en faveur de la philosophie . Je vous ai demandé trois fois le manuscrit de l'article Idolâtrie que frère Platon doit avoir, et dont j'ai un besoin pressant . Vous m'aviez fait espérer quelques articles encyclopédiques . Secourez donc un pauvre malade .

Ecr l'inf. »

1 Date complétée par Damilaville sur le manuscrit original .

Si les arrangements de finance qu'on m'a mandés sont tels qu'on le dit, il est bien sûr qu'ils sont aussi responsables que nécessaires ; et je ne conçois pas comment le parlement peut s'y opposer

... Eh oui ! que peut-on reprocher à un parti présidentiel qui a bénéficié d'une ristourne pour ses frais ? n'a-t-il pas agi en bon père de famille , selon la formule consacrée ?

 A suivre ...

 

« A François de Chennevières

Aux Délices 23 mai [1763]1

Les gens ayant à peu près septante ans, malingres et presque aveugles n'écrivent pas comme ils voudraient mon cher ami et puis Dieu sait ce que deviennent les lettres . Il y en a qui ne parviennent point . M. de Varenne, secrétaire de monsieur le contrôleur général, m'écrivit il y a quelque temps , et se plaignit ensuite de n'avoir point reçu de réponse . Je lui avais cependant adressé un gros paquet avec superscription 2, ou inscription ou dessus de lettres, car Dieu merci le mot propre manque à notre langue, à Monsieur de Varenne secrétaire de Monsieur le contrôleur général, à Paris . J'en ai écrit une autre 3 qui je crois n'a pas eu un plus heureux sort . Vous devez mon cher ami connaître M. de Varenne car il a de l'esprit et il fait de jolis vers . Je vous prie d'éclaircir avec lui cette aventure . Vous me ferez grand plaisir de me la mettre au net . Je serais bien fâché qu'un homme aussi aimable que M. de Varenne me soupçonnât de ne lui avoir pas répondu .

Il me paraît que le parlement fait attendre bien longtemps sa réponse à monsieur le contrôleur général . Si les arrangements de finance qu'on m'a mandés sont tels qu'on le dit, il est bien sûr qu'ils sont aussi responsables que nécessaires ; et je ne conçois pas comment le parlement peut s'y opposer . Il ne veut pas sans doute empêcher que le roi paie ses dettes . Les Anglais vainqueurs paient les leurs .

Bonsoir . Mme Denis se remet un peu d'une longue maladie . Nous vous embrassons vous et la sœur du pot . »

1 L'édition Gauthier-Villars date la lettre de 1764 . Le manuscrit est passé à la vente Loliée, à Paris .

2 Sous cette forme, le mot est un anglicisme, quoiqu'il ait été employé à une époque ancienne .

21/05/2018

Il y aurait peut-être une autre tournure à prendre : ce serait de ne plaider nulle part, et d’abandonner ses droits pour être plus tranquille

... Ce qui n'est pas du tout le sentiment des fonctionnaires qui vont se mettre en grève, juste comme ça, au cas où . Pour un bon nombre d'entre eux, on ne fera pas de différence entre leur activité et leur inactivité , tant leurs retards et absentéisme sont ordinaires .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

23 mai [1763] aux Délices

Il faut que je vous dise, mes chers anges, que j’ai de la peine à croire que les Observations succinctes soient du président de M. 1, qui m’avait autrefois paru modéré et philosophe. Je vous avoue que ces observations sont un monument rare de l’esprit de parti, qui attache de l’importance à de bien petites choses. Mais les préjugés des autres ne servent qu’à me faire aimer davantage votre raison, et tout augmente la reconnaissance que je vous dois.

L’idée de la Gazette littéraire me fait bien du plaisir, d’autant plus que je me doute que vous la protégez.

Dites-moi, je vous en prie, mes anges, qui sont ces abbés Arnaud et Suart 2 . Ce sont apparemment gens de mérite, puisqu’ils sont encouragés par M. le duc de Praslin. Il me semble qu’on pourrait se servir de cet établissement pour ruiner l’empire de l’illustre Fréron.

J’ai déjà envoyé à M. le duc de Praslin trois cahiers de notices et d’extraits d’ouvrages étrangers, dont quelques-uns ont de la réputation. J’ai eu grand soin de mettre en marge que ces esquisses informes n’étaient présentées que pour être mises en œuvre par les auteurs, et que je n’envoyais que des matériaux bruts pour leur bâtiment. J’ai fort à cœur cette entreprise. Il n’y a que ma maladie des yeux qui me fasse craindre d’être inutile ; sans cela, je pourrais dégrossir tout ce qui se ferait en Espagne, en Allemagne, en Angleterre, et en Italie. J’ai en main un homme qui m’aiderait. On pourrait aisément me faire venir tous les livres par la poste ; et alors les auteurs de cet ouvrage périodique, servis régulièrement, n’auraient plus qu’à rédiger et à embellir les extraits. J’ai proposé à M. le duc de Praslin cet arrangement, et s’il convient je m'en chargerai de grand cœur . Cet amusement convient à mon âge . Il ne demande pas de grands efforts d’imagination, et je travaillerai jusqu’à ce que je devienne tout à fait aveugle et impotent, deux bénéfices dont je pourrai bientôt être pourvu.

Comme je vous fais toujours des confessions générales, je dois vous dire que madame Denis, à qui j’ai donné Ferney, a présenté requête à M. le duc de Praslin pour avoir ses causes commises au Conseil privé . En voici le motif.

Les privilèges de la terre sont tous fondés sur les traités des rois, depuis Charles IX jusqu’à Louis XV . Les parlements s’embarrassent peu des traités. Le roi paraît le seul juge comme le seul interprète des conventions faites avec les ducs de Savoie, Berne, et Genève. Si on attaque nos droits au parlement, nous les perdrons infailliblement . Si nous plaidons au conseil, nous espérons gagner.

Il y aurait peut-être une autre tournure à prendre : ce serait de ne plaider nulle part, et d’abandonner ses droits pour être plus tranquille. C’est un parti de Bias et de Diogène 3, et je le prendrais peut-être si j’étais seul . Mais il serait triste pour madame Denis de perdre de très belles prérogatives, et le plus clair revenu de sa terre.

Vous ne me dites jamais rien du tripot ; pas un mot de la tragédie de Socrate 4 ; profond silence sur les trois tomes immortels du modeste Palissot 5 . Vous ne parlez ni de l’Opéra, ni des édits, ni de la Lettre de Jean-Jacques à Christophe. Les yeux me cuisent, et refusent le service à votre créature. 

V.»

1 Le président de Mesnières ; voir lettre du 28 mai 1763 à d'Argental : « Je vous envoie […] mes modestes objections , à M. le président de Mesnières . »

2 Rédacteurs de la Gazette littéraire ; Suard n'est pas abbé .

3 Bias, un des sept sages de la Grèce, prêchait le mépris des richesses . La ville de Priène ayant été prise, il partit sans rien emporter, disant qu'il portait tout avec lui ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Bias_de_Pri%C3%A8ne

4 Sur cette pièce de Billardon de Sauvigny, voir lettre du 25 juin 1762 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/05/09/1-5942153.html

20/05/2018

vous pourriez me permettre d’associer à cet ouvrage quelque savant laborieux dont je reverrai la besogne . Vous sentez bien qu’il faudrait payer ce savant, car il serait Suisse

... C'est bien connu, depuis toujours, "point d'argent, point de Suisse" !

 

 

« A César-Gabriel de Choiseul, duc de Praslin

Aux Délices 21è mai 1763

Monseigneur,

Mes anges m’ayant envoyé de votre part la copie de votre lettre circulaire, et m’ayant appris que vous protégez la Gazette littéraire, que même vous ne seriez pas fâché que je fournisse quelques matériaux à cet ouvrage, j’ai senti sur-le-champ mon zèle se ranimer plus que mes forces. J’ai broché un petit essai sur les productions qui sont parvenues à ma connaissance ce mois-ci . Je l’ai envoyé à M. de Montpéroux, à qui j’ai voulu laisser une occasion de vous servir, loin de la lui disputer . Je connais trop l’envie qu’il a de vous plaire pour vouloir être dans cette occasion autre chose que son secrétaire.

Je me trouve heureusement plus à portée que personne de contribuer à l’ouvrage que vous favorisez, et qui peut être très utile . J’ai des correspondances en Italie, en Angleterre, en Allemagne, et en Hollande. Si vous l’ordonnez, je ferai venir les livres nouveaux imprimés dans tous ces pays ; j’en ferai et enverrai des extraits très fidèles, que vous ferez rectifier à Paris, et auxquels les auteurs que vous employez à Paris donneront le tour et le ton convenables.

Si ma santé ne me permet pas d’examiner tous les livres et de dicter tous les extraits, vous pourriez me permettre d’associer à cet ouvrage quelque savant laborieux dont je reverrai la besogne . Vous sentez bien qu’il faudrait payer ce savant, car il serait Suisse.

J’ajoute encore qu’il faudrait pour être servi promptement, et pour que l’ouvrage ne fût point interrompu, faire venir les livres par la poste : en ce cas, je crois qu’on pourrait écrire de votre part aux directeurs des postes de Strasbourg, de Lyon et de Genève, qui me feraient tenir les paquets. En un mot, je suis à vos ordres . Je serai enchanté d’employer les derniers jours de ma vie, un peu languissante, à vous prouver mon tendre attachement et mon respect.

Volt. »