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05/04/2020

J'ai démoli mon théâtre, j'en fais des chambres à coucher et à repasser le linge

... On ne rigole plus en choeur ! Verboten ! Fichu Covid-19 ...

juin | 2019 | Emma

 

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

21è janvier 1765 , à Ferney

Mon héros, si vous prenez goût à l'empereur Julien 1, j'aurai l'honneur de vous envoyer quelque infamie de cette espèce pour éprouver votre foi, et pour l'affermir .

Je suis dans mon lit depuis un mois, fort peu instruit de ce qui se passe dans ce monde-ci et dans l'autre . La faiblesse du corps diminue toutes les passions de l'âme . Je ne me sens aucun zèle pour le tripot de la Comédie-Française . Je sens que si j'étais jeune j'aurais beaucoup de goût pour celui de l'Opéra-Comique . On y danse, on y chante, on y dit des ordures . Tous les contes de La Fontaine y sont mis sur la scène, et on m’assure qu'on y jouera incessamment Le Portier des Chartreux 2 mis en vers par l'abbé Grisel .

Vous croyez bien, monsieur le maréchal, que je ne serai pas assez imbécile pour disputer contre vous sur la tracasserie concernant les dignités de la troupe du faubourg Saint-Germain . Si j’étais un malavisé et un opiniâtre, je vous dirais que votre lettre du 17è septembre qui me donnait toute permission, était une réponse à mes requêtes 3. Je vous dirais que ces requêtes étaient fondées sur des représentations du tripot même , et que je vous jurerais que Parme et Plaisance 4 n'y avaient aucune part . Mais Dieu me garde d'oser disputer avec vous : vous auriez trop d'avantage, non seulement comme mon héros et comme mon premier gentilhomme de la chambre, mais comme un homme sain, frais, gaillard et dispos, vis-à-vis d'un vieux quinze-vingt malade, qui radote dans son lit au pied des Alpes .

Le chevalier de Boufflers est une des singulières créatures qui soient au monde ; il peint en pastel fort joliment ; tantôt il monte à cheval tout seul à cinq heures du matin, et s'en va peindre des femmes à Lausanne ; il exploite ses modèles 5 ; de là il court en faire autant à Genève, et de là il revient chez moi se reposer des fatigues qu'il a essuyées avec des huguenotes .

J'aurai l'honneur de vous dire que je suis si dégoûté des tripots que je me suis défait du mien . J'ai démoli mon théâtre, j'en fais des chambres à coucher et à repasser le linge . Je me suis trouvé si vieux que je renonce aux vanités du monde . Il ne me manque plus que de me faire dévot pour mourir avec toutes les bienséances possibles 6. J'ai chez moi, comme vous savez je pense, un jésuite à qui on a ôté ses pouvoirs dès qu'on a su qu'il était dans mon profane taudis 7. Son évêque savoyard est un homme malavisé, car il risque de me faire mourir sans confession, malheur dont je ne me consolerais jamais . En attendant , je me prosterne devant vous . »

3 Lettre non connue .

4 D'Argental .

6 Ce passage s'avèrera finalement être moins une plaisanterie que ne le croit V* .

7 Il est suspendu a divinis, c'est-à-dire qu'il ne peut conférer les sacrements .

04/04/2020

je ne m’occupe qu’à planter des arbres dont je ne verrai pas l’ombrage ; j’ai trouvé que c’était là le sûr moyen de travailler pour la postérité

...

 

Voltaire plantomane - Jean Huber (1721-1786)

Merci pour l'allée de charmilles, chère à Mam'zelle Wagnière et moi

 

 

« A Jacques-Annibal Claret de La Tourrette de Fleurieu 1

21 janvier 1765, au château de Ferney

Monsieur,

Je vous supplie de vouloir bien présenter mes respects à l’Académie 2 ; j’y ajoute mes regrets de n’avoir pu assister à ses séances depuis dix ans : mais un vieux malade ne peut guère se transplanter. Si vous êtes mon doyen académique, je crois que j’ai l’honneur d’être le vôtre dans l’ordre de la nature. Je crois qu’elle vous a mieux traité que moi : vous écrivez de votre main, et c’est ce que je ne puis faire. Vous voyez toute votre aimable famille prospérer sous vos yeux, et moi je n’ai pas l’honneur d’avoir des enfants . Mme Denis, qui m’en tient lieu, vous fait les plus sincères compliments.

Il y a bien des fautes dans le Corneille que j’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie. Cet ouvrage aurait dû être imprimé à Lyon plutôt qu’à Genève. Corneille aurait été une des meilleures étoffes de vos manufactures . Elle durera, quoique ancienne, et quoique j’y aie mis une bordure. Pour moi, je ne m’occupe qu’à planter des arbres dont je ne verrai pas l’ombrage ; j’ai trouvé que c’était là le sûr moyen de travailler pour la postérité.

J’ai eu l’honneur de voir quelquefois messieurs vos fils dans la petite chaumière que j’ai bâtie, et dans les petites allées que j’ai alignées. Mon bonheur eût été complet si j’y avais vu le père.

J’ai l’honneur d’être très respectueusement,

monsieur,

votre très humble etc.

Voltaire. »

 

 

 

1 Ancien commandant et prévôt des marchands de Lyon, comme il est noté dans les éditions précédentes . Voir : http://s.claretdefleurieu.free.fr/Jacques%20Annibal.htm

2 Académie de Lyon .

03/04/2020

J’aime tant les Chinois et Confucius, que je ne peux croire qu’ils tiennent rien du peuple frivole et superstitieux d’Égypte ,

... comme il est encore ce moment de crise .

Si on veut un exemple d'infantilisme populaire, il n'est qu'à écouter maître Mélenchon, grand gourou , toujours en mal de publicité personnelle, toujours prêt à se battre contre des moulins avec des idées parfaitement ridicules, telle la manif' virtuelle "Plus jamais ça" . Ah ! que j'aimerais que ça soit vrai ! Plus jamais tant d'âneries politiques . Mais c'est sans doute trop demander à ces professionnels politicards qui vivent des deniers publics .

Pendant que j'y pense, la RATP et la SNCF-RER croient bien faire en raréfiant leurs fréquences de rames, et on peut alors assister à des quais et des wagons trop chargés pour que les règles d'espacement soient respectées . Ne serait-il pas plus intelligent de garder un rythme 3 ou 4 fois plus grand pour diviser par 3 ou 4 la densité des voyageurs ? D'autre part, les syndicats se plaignent des pertes dues au Covid-19 en oubliant  les millions perdus dont ils sont responsables par leurs grèves, pires que toute épidémie : cervelles de linottes .

DESSIN DE PRESSE: Mélenchon le balayeur citoyen du monde

Mais ça va plus !

 

 

« A Jean-Jacques Dortous de Mairan, de l'Académie

française et de celle des sciences etc.

au Louvre

à Paris

21è janvier 1765 au château de Ferney

par Genève

Il faut, monsieur, que vous ayez eu la bonté de m’envoyer, il y a six mois, votre horoscope d’Auguste 1, car M. Thieriot me l’a fait tenir depuis huit jours 2. Souffrez que je vous remercie en droiture . Si je m’adressais à lui, ma lettre ne vous parviendrait qu’en 1766. J’aurais, si je voulais, un peu de vanité, car j’ai toujours été de votre avis sur tout ce que vous avez écrit. Souvenez-vous, je vous prie, de la dispute sur la masse multipliée par le carré de la vitesse. Je soutins votre opinion contre la mauvaise foi de Maupertuis, qui avait séduit madame du Châtelet. Vous m’avez éclairé de même sur plusieurs points de physique. Je vous trouve partout aussi exact qu’ingénieux. Il n’y a que les Égyptiens sur lesquels je ne me suis pas rendu. J’aime tant les Chinois et Confucius, que je ne peux croire qu’ils tiennent rien du peuple frivole et superstitieux d’Égypte.

De toutes les anciennes nations, l’égyptienne me paraît la plus nouvelle ; il me semble impossible que l’Égypte, inondée tous les ans par le Nil, ait pu être un peu florissante avant qu’on eût employé dix ou douze siècles à préparer le terrain. La plupart des régions de l’Asie, au contraire, se prêtaient naturellement à tous les besoins des hommes. Le pays le plus aisément cultivable est toujours le premier habité. Les Pyramides sont fort anciennes pour nous ; mais, par rapport au reste de la terre, elles sont d’hier ; et à l’égard de nous autres Gaulois ou Welches, il y a deux minutes que nous existons . C’est peut-être ce qui fait que nous sommes si enfants.

Adieu, monsieur ; vous mériteriez d’exister toujours. Agréez, avec votre bonté ordinaire, la très tendre et très respectueuse reconnaissance de votre très humble et très obéissant serviteur

V. »

2 Si Thieriot avait fait cet envoi, il n'a pas écrit pour autant . Sa lettre suivante sera du 3 juillet 1765 .

02/04/2020

L'éducation des collèges et des couvents a toujours été mauvaise, en ce qu'on y enseigne la même chose à cent enfants qui ont tous des talents différents

... Toujours vrai au XXIè siècle, à ce détail près que les couvents ne sont plus des lieux d'enseignement pour jeunes filles, mais sont désavantageusement remplacés par des écoles coraniques et autres religions intégristes communautaires . Le confinement et donc le rôle éducateur parental,  renforcé par une promiscuité sans interruption, devraient faire ouvrir les yeux sur ce qu'il est essentiel de savoir . Au passage, j'ai vu , au fil de reportages, que M. Blanquer n'a aucun don pédagogique .

ECOLES DIFFERENTES : LE GUIDE-ANNUAIRE des alternatives éducatives

 

 

 

« A Nicolas-Anselme Collenot

A Ferney 21 janvier 1765 1

a personne que monsieur Collenot a consultée, sent très bien qu'elle ne mérite pas de l'être . Elle croit qu'il ne faut consulter sur l'éducation de ses enfants que leurs talents et leurs goûts . Le travail et la bonne compagnie sont les deux meilleurs précepteurs que l'on puisse avoir . L'éducation des collèges et des couvents a toujours été mauvaise, en ce qu'on y enseigne la même chose à cent enfants qui ont tous des talents différents . La meilleure éducation est sans doute celle que peut donner un père, qui a autant de mérite que monsieur Collenot . Voilà tout ce qu'un vieux malade peut avoir l'honneur de lui répondre . »

1 D'après les informations aimablement fournies par M. Lecat, il ressort que Collenot est un homme d'affaires ruiné, mais cultivé . Il fut chargé des archive et de la bibliothèque d'Abbeville, qu’il passe pour avoir pillée au point d'utiliser les sceaux pour en faire des chandelles !

Voir page 89- : https://books.google.fr/books?id=4A8_AAAAcAAJ&pg=PA89&lpg=PA89&dq=Nicolas-Anselme+Collenot+abbeville&source=bl&ots=LVtNDQ_uzf&sig=ACfU3U3fUCfPHl01j6iDsK3UUzJ8Vc9Liw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwi_g6zVrcnoAhXtzoUKHUwAAXUQ6AEwAnoECAwQKw#v=onepage&q=Nicolas-Anselme%20Collenot%20abbeville&f=false

01/04/2020

De quelque manière qu’on veuille expliquer la chose, le fond est si obscur, et si mal exprimé, qu'il est impossible de l'attribuer à un ministre

... Et pourtant si !

Et pas seulement le 1er avril !

Vous voulez un nom ? Muriel Pénicaud , -ministre du Travail, pour mémoire- remarquable oratrice aux idées aussi claires que son expression qui donnent une idée du noeud gordien : Alexandre, au secours !

23 mars 2020 – Télétravail d'intérêt national | Blagues et Dessins

Et n'oublions pas Sibeth Ndiaye, Gaston Lagaffe triste, plus proche d'un Grincheux mâtiné de Simplet, qu'elle reste non seulement confinée, mais muette , elle ne nous manquera pas . Au passage, je souligne la lâcheté du Point qui condamne Bernard Mabille au motif qu'il serait coupable de racisme envers cette dame pour l'avoir moquée (à juste titre, si on ne veut pas être faux-cul ! ) : https://www.ozap.com/actu/-le-point-des-excuses-apres-une...

Sibeth Ndiaye, décontractée de la communication | Urtikan.nethttps://www.urtikan.net/dessin-du-jour/sibeth-ndiaye-deco...

 

 

 

« A Jean-François Gamonet

[vers le 20 janvier 1765] 1

L'auteur du mémoire veut justifier, sur trois points, le faussaire qui prit le nom du cardinal de Richelieu .

Le premier chef est celui de la taille, que le prétendu Testament politique propose de faire payer à toutes les cours supérieures .

L'auteur du mémoire dit que les seigneurs en Flandre sont soumis à la taille ; mais il ne peut inférer de là que le parlement de Paris et la Chambre des comptes doivent la payer ; en voici la raison évidente .

L'impôt sur les terres ayant toujours été payé dans la Flandre autrichienne comme en Angleterre, sans distinction de personnes, n'est point avilissant ; il l'est en France ; il n'a jamais été imposé que sur les roturiers qui représentent les anciens serfs de la glèbe 2. Il serait également odieux et impraticable de réduire les premiers magistrats du royaume à la condition des anciens serfs, de leur ôter jusqu’au privilège des bourgeois de Paris, et de mettre quelquefois un chancelier et un premier président dans la dépendance d'un collecteur de village . Cette idée est si ridicule qu’elle ne mérite pas d'être réfutée 3.

Le second chef est l'idée non moins absurde d'enrôler la noblesse, et de la faire servir par force dans la cavalerie . Si le cardinal de Richelieu avait fait une telle proposition, il eût mérité que la noblesse assemblée l'eut condamné à lui demander pardon à genoux 4.

Le troisième point est le galimatias sur les finances qu'on trouve au chapitre 9 du Testament politique .

L'auteur du mémoire explique très bien ses propres idées, mais l'auteur du Testament exprime très mal les siennes . On ne peut donner un sens raisonnable à ce chapitre 9 du Testament, même en entendant tout le contraire de ce qu'il dit .

Les premières rentes constituées, dit-il, sur la taille qui se vendent d'ordinaire au denier cinq, ne doivent être considérées et remboursées que sur ce pied .

Ces rentes sur les tailles avaient d'abord été constituées au denier seize, c'est-à-dire, elles rendaient six et un quart du capital par année .

Le faussaire, qui après le nom du cardinal de Richelieu, propose de rembourser au denier cinq, veut-il dire dans soin langage inintelligible, qu'on remboursera le capital de rente de six un quart, comme si on remboursait le capital de la rente de cinq ? Cela est absurde . Veut-il dire qu'on remboursera au denier vingt le capital établi au denier seize ? C'est encore la même ineptie, car le roi rembourserait plus qu'il n'aurait reçu .

De quelque manière qu’on veuille expliquer la chose, le fond est si obscur, et si mal exprimé, qu'il est impossible de l'attribuer à un ministre .

De ces rentes sur les tailles, créées en divers temps, et en divers deniers, les unes se vendaient un peu plus, les autres un peu moins dans le public, mais je ne connais aucun traité sur les finances, aucun livre, aucun mémoire dans lequel il soit dit que ces capitaux perdissent soixante et quinze pour cent dans le commerce .

Cette supposition d'un capital de cent mille livres réduit à vingt cinq mille livres, ne pourrait encore disculper l'auteur du Testament politique . Car supposons que je vous rembourse vos vingt cinq mille livres à cinq pour cent, c’est-à-dire au denier vingt ( que le Testament appelle mal à propos le denier cinq) ; comment en sept ans et demi vous aurai-je remboursé la rente de vingt-cinq mille livres à cinq pour cent , c'est-à-dire au denier vingt ? Ce denier vingt toujours appelé le denier cinq dans le Testament, ferait au bout de sept ans et demi 18 750 livres et non pas vingt-cinq mille livres . L'auteur du mémoire qui cherche à jeter quelque jour sur ce chaos, et qui veut pallier les erreurs du faussaire, imagine que par le denier cinq on peut entendre qu'un contrat qui valait d'abord deux mille francs de fond n'en valait plus que cinq cents. Mais certainement cinq cents sont le quart de deux mille et ne sont pas le denier cinq 5.

Quand le fils de Samuel Bernard, maître des requêtes et surintendant de la maison de la reine, fit une banqueroute de quatre millions, dans laquelle je fus compris pour cent mille livres, on nous fit espérer d'abord que nous ne perdrions que soixante-quinze pour cent ; on ne nous dit pas, messieurs, vous serez remboursés au denier cinq ; mais il n’y eut point de calcul à faire car nous perdîmes tout 6.

Enfin de quelque façon qu'on s'y prenne, le Testament reste un monument d'absurdité que les ignorants admirèrent, séduits par un grand nom 7. On a souvent approuvé des livres comme on en a condamné d'autres , sans les lire 8.

P.-S. – L'auteur de cette réponse présente ses très humbles obéissances à monsieur de Villette et à monsieur Gamonet . »

1 Le texte donné ici est tiré de la copie contemporaine qui semble littérale ; elle est disposée sur deux colonnes : à gauche la lettre de V*, à droite les réponses de Gamonet, qu'on donne dans les notes qui suivent ici .

2 Voir : page 13 , http://corpusrural.free.fr/Textes_pdf/VANDERPOOTEN_Michel_Voltaire.pdf

et « M. de Voltaire ignorerait-il que dans le gouvernement primitif des iles Britanniques les peuples étaient serfs comme dans toute la Gaule ? Nous sommes aussi différents qu'eux aujourd'hui de ce qu'eux et nous étions alors . S'ils ont redressé le reste de l'ancienne barbarie qui leur était commune avec nous, pourquoi ne la redresserions-nous pas aussi ? Et qu'y aurait-il de plus avilissant pour un chancelier de France à payer la taille que pour un chancelier d’Angleterre ? avilissant de participer aux moyens nécessaires à la défense commune ? Bon Dieu ! est-ce bien M. de Voltaire qui parle ainsi ? Dans ce cas, que toute la noblesse serve donc sans être soudoyée, c'est la condition sous laquelle elle fut exemptée de la taille représentée chez elle par l'obligation au service personnel, mais si elle se dispense de servir quand elle le veut, et si en servant elle reçoit une solde, des pensions, dès lors son service n'est pas plus gratuit que celui des roturiers et par conséquent le motif de son exemption cesse de droit . »

3 « En ce cas là M. de Voltaire a donc eu tort de blâmer le contraire, car il a voulu dire quelque chose lorsqu'il a dit que Ce pays serait digne des Hotentots où l'un payerait et l'autre ne payerait : nous sommes sûrement ces mêmes Hotentots dont il a voulu parler, il fallait donc ne pas blâmer alors leur usage ou ne pas l'approuver aujourd'hui . »

4 « Mais qu'est-ce donc que le ban et l'arrière-ban et qu'étaient donc nos anciennes compagnies de cent hommes d'armes ? »

5 « M. de Voltaire ni moi ne savions pas, quand nous avons écrit, qu'il paraîtrait en décembre 1764 un édit qui exécuterait ce que propose le Testament politique, et dans lequel toute ma façon d'expliquer une opération fort claire en soi serait convertie en chose de fait : M. de Voltaire qui ne m'a répondu qu'en février 1765  aurait pu cependant connaître cet édit,mais selon toute apparence,il ne l'avait pas encore vu . »

6 « Cette historiette ne se rapporte pas plus à ma question qu'à la déposition du dernier grand visir . »

7 « Pas plus absurde, cependant, que ne l'est toute cette réponse-ci . »

8 « Peut-être n'est-il pas un auteur qui n'y ait gagné par-ci par-là. »

31/03/2020

Est-il vrai que les esprits sont un peu calmés

... Malheureusement non .

 

« A Gabriel Cramer

à Genève

[vers le 20 janvier 1765] 1

Mon cher Caro, l'Académie se plaint toujours de n'avoir pas reçu son livre . Je vous demande en grâce de faire finir ses plaintes et de ne me pas brouiller avec trente-neuf confrères . Est-il vrai que les esprits sont un peu calmés au sujet de ces lettres si décentes et si raisonnables de Jean-Jacques ? Aurai-je quelque feuilles de la Destruction ? »

1 La date est suggérée par le fait que cette lettre semble représenter le dernier effort de V* pour amener Cramer à envoyer un exemplaire de Corneille à l'Académie ; le 25 il y renonce, voir lettre du 25 janvier 1765 à d'Alembert : http://www.monsieurdevoltaire.com/2015/02/correspondance-avec-d-alembert-partie-36.html

30/03/2020

Comment peut-on imaginer une telle absurdité ?

... Soigner du Covid-19 par la prière !

Faites une recherche "covid-19 -prière ", vous n'avez pas fini de rire , -- jaune (pour rester dans le ton du virus ) .

La réalité, mes chers amis, dépasse l'entendement , tous les religieux de tous bords sont prescripteurs de ce merveilleux médicament , suivis par une foule d'abrutis qui , assurés de l'immunité, risquent d'être de misérables transporteurs du virus , avant qu'en toute justice divine ils soient rayés de la carte. 

N'oublions pas Pinocchio Ier- Donald Trump qui compte sur les cloches de Pâques pour sauver le pays . C'est extraordinaire, mais banal maintenant aux USA de Trump, que la courbe des morts soit parallèle à celle de Wall Street : à la hausse ! USA great again ! USA greatest provider of death !

Kaceto.net

Pour appeler Dieu, appuyez sur un buzzer !

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

[vers le 18 janvier 1765] 1

Quelle horreur ! quelle abomination ! Mon cher frère , il y a donc en effet des diables ? vraiment je ne le croyais pas. Comment peut-on imaginer une telle absurdité ? Suis-je un prêtre ? Suis-je un ministre ? En vérité cela fait pitié. Mais ce qui fait plus de pitié encore, c’est l’affreuse conduite de Jean-Jacques : on ne connaît pas ce monstre.

Tenez, voilà deux feuillets de ses Lettres de la montagne, et voilà la lettre que j’ai été forcé d’écrire à Mme la maréchale de Luxembourg, qu’il a eu l’adresse de prévenir contre moi. Je vous prie de n’en point tirer de copie, mais de la faire lire à M. d’Argental . C’est toute la vengeance que je tirerai de ce malheureux. Quel temps, grand Dieu, a-t-il pris pour rendre la philosophie odieuse ! le temps même où elle allait triompher.

Je me flatte que vous montrerez à Protagoras-Archimède la copie que je vous envoie. Je vous avoue que tous ces attentats contre la philosophie par un homme qui se disait philosophe me désespèrent.

Frère Gabriel doit avoir envoyé une petite lettre de change payable à Archimède. Je verrai lundi les premières épreuves 2, il sera servi comme il mérite de l’être. Si vous voulez être informé de toutes les horreurs de Jean-Jacques, écrivez à Gabriel, il vous en dira des nouvelles. »

1 Les éditions suivant la copie Beaumarchais-Kehl datent du 12 janvier . On la date du 18 par référence d'un « lundi » qui est un vendredi ce 18 janvier 1765.

2 La destruction des jésuites, de d'Alembert .