07/08/2026
Un mot d’un seul homme suffit pour déranger les idées de cent mille citoyens
... Constat qui doit être réévalué de nos jours . Ce sont maintenant des millions d'humains qui épousent telles ou telles idées, laïques , politiques ou religieuses , avides qu'ils sont d'être guidés selon leurs goûts par des modèles beaux parleurs . Quel monde ridicule nous bâtissons à la suite des "influenceurs" qui prolifèrent, où il n'y en a qu'un pour un million qui tienne la route utilement . Et voilà l'Ia qui leur fourni un outil à bourrer les cranes de stupidités , l' "intelligence" au service du crétinisme, nous sommes désormais bien lotis !
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils, Avocat
en Parlement
à Saint-Claude
31è décembre 1770 1
Mon cher philosophe, voici le cas d’exercer sa philosophie.
Æquam memento rebus in arduis servare mentem, non secus in bonis.2
Vous savez peut-être déjà que M. le duc de Choiseul est à Chanteloup pour longtemps, et qu’il ne rapportera point l’affaire des esclaves 3, qui peut-être ne sera point rapportée du tout. Il en sera de même de votre pauvre curé. Un mot d’un seul homme suffit pour déranger les idées de cent mille citoyens. Heureux qui vit tranquille et ignoré !
L'ermite de Ferney V. »
1 Original ; ; éd. Kehl ; voir la lettre du 28 décembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/03/je-vous-remercie-des-taxes-en-cour-de-rome-6603823.html
2 Horace., lib. II, Odes. 3., V. 1-2 : Souviens-toi de conserver une âme non moins égale dans l'adversité que dans la prospérité .
3 L’affaire des serfs de Saint-Claude ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome28.djvu/363
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