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31/07/2026

il croit même avoir parlé au cœur, dans un ouvrage qui ne semblait susceptible que de faire dresser les cheveux à la tête

... Il semble bien que le Patriarche reste dubitatif devant la prose de Jordan Bardella, en particulier "Ce que veulent les Français" . Ah qu'il est doux d'avoir quelqu'un qui vous comprend et est prêt à tout pour vous exaucer, sacrifiant ainsi  sa belle jeunesse , pour vous, pour la gloire et le salut du pays, pour son parti, pour Marine, et pour lui, modestement ! Un Jordan désintéressé : même pas en rêve . Il fait sa cour comme on présente un rapport de la cour des comptes : soporifique , emm...t .

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https://www.lecanardenchaine.fr/medias/52273-ledit-petit-negre-de-jordan-bardella

 

 

« A Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

26 décembre 1770

En attendant, madame, que les metteurs en œuvre me donnent les instructions précises sur vos chaînes de montres ; en attendant que je puisse vous dire pourquoi on ne monte jamais en or les chaînes qui sont entièrement de marcassites, je vous dirai un petit mot du jeune metteur en œuvre dont vous avez reçu probablement cinq pierres fausses 1 par M. le duc de Praslin.

Je lui ai fait enfin comprendre que son cinquième acte ne valait rien du tout. Je lui ai dit : « Vous croyez, parce que vous êtes jeune, qu’on peut faire une bonne tragédie en onze jours . Vous verrez, quand vous serez plus mûr, qu’il en faut quinze pour le moins. » Il m’a cru, car il est fort docile. Il a fait sur-le-champ un nouveau cinquième acte, qu’il met sous les ailes de mes anges.

Tout cela était assez difficile, car ce pauvre enfant n’avait à mettre, dans toute sa pièce, que du sentiment. Point d’aventure romanesque, point de fils de Thyeste amoureux d’une jeune inconnue trouvée sur le sable de la mer, et qui est reconnue enfin pour sa sœur ; point de galimatias : il n’était soutenu par rien ; il fallait que, pour la première fois, une honnête femme avouât à son mari qu’elle a un enfant d’un autre, et cela sans faire rire.

Il fallait qu’une bonne mère s’offrît pour prendre soin de l’enfant sans faire rire aussi, et qu’Atrée fût un barbare sans être trop révoltant.

Encore une fois, il y avait du risque ; mais mon jeune metteur en œuvre croit avoir marché sur ces charbons ardents sans se brûler ; il croit même avoir parlé au cœur, dans un ouvrage qui ne semblait susceptible que de faire dresser les cheveux à la tête.

Voici les éclaircissements des metteurs en œuvre ; nous souhaitons une quantité prodigieuse de bonnes années à nos anges.

V. »

1 Les Pelopides, tragédie en cinq actes , dont il a été fait mention pour la première fois dans la lettre du 19 décembre 1770 ( http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/18/ma-sottise-vous-la-voyez-6602215.html

); voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/109

30/07/2026

triste patrie où il est si difficile d'avoir des auditeurs, du repos, de la concorde et du plaisir

... Iran, Irak, Israël, Liban, Palestine, Russie, Ukraine , Soudan, Birmanie, Congo, Syrie, Ethiopie, Burkina Faso, Mali, Yémen, USA même , ... : "tristes patries" en armes où on rajoute aux catastrophes naturelles la désespérante fureur et imbécilité humaine . 

Dans le même temps, en France, la solidarité s'exprime largement et heureusement pour soutenir les soldats du feu et les sinistrés . Qu'il est bon d'être encore en paix .

 

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 25 décembre 1770] 1

Je prie instamment monsieur Cramer de ne donner aucun exemplaire de la petite demi-feuille intitulée Épître au roi de la Chine . Je le crois actuellement revenu dans sa triste patrie où il est si difficile d'avoir des auditeurs, du repos, de la concorde et du plaisir .

Au reste il n'y a pas plus de lecteurs à Paris que d’auditeurs à Genève ; tout livre est actuellement de contrebande ; et tandis que le roi de Danemark donne à la presse une liberté entière 2 elle est entièrement esclave à Paris 3 . Chaque pays chaque guise . »

1 Original ; éd. Gagnebin qui place cette lettre en novembre 1770 ; ceci est un peu trop près, voir les notes suivantes .

2 Vers le 28 décembre, ainsi que le témoigne la lettre du 28 décembre 1770 à d'Alembert : https://www.monsieurdevoltaire.com/2020/07/correspondance-avec-d-alembert-partie-75.html

V* avait écrit son Épître au roi de Danemark Christian VII sur la liberté de la presse accordée dans tous ses États : https://www.monsieurdevoltaire.com/article-epitre-au-roi-de-danemark-christian-vii-38799531.html

3 Une dépêche de Paris datée du 30 novembre et oubliée dans les Nouvelles de divers endroits du 8 décembre est ainsi conçue : « Il paraît que le gouvernement, pour arrêter la licence de la presse, a pris le parti de priver de leurs états les libraires qui contreviendront aux Ordonnances en débitant des livres défendus . Un arrêté du Conseil vient de prononcer cette peine contre deux de cette ville trouvés en contravention. »

29/07/2026

Présente ta requête – comme tu veux dormir

... Conseil à une milice chiite pro-iranienne basée en Irak qui appelle l'Irak à rompre ses relations avec l'Arabie saoudite : https://www.lemonde.fr/international/live/2026/07/29/en-direct-guerre-au-moyen-orient-les-etats-unis-et-l-arabie-saoudite-attaquent-des-allies-de-l-iran-en-irak-les-gardiens-de-la-revolution-visent-une-base-americaine-en-jordanie_6725301_3210.html

Ces foutus terroristes ne sentent plus pisser et ce fichu Trump patauge à coups de missiles et de discours lénifiants ou menaçants, c'est selon . On n'est pas près de voir le prix du pétrole et le nombre des morts diminuer .

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

Le saint Noël [25 décembre 1770] 1

Mon charmant résident j'ignore si Mme Denis voudra vous présenter requête pour savoir si LE MAGNIFIQUE CONSEIL s'est décidé ou non d'un prétendu droit de mainmorte

Présente ta requête – comme tu veux dormir .2

C'est une chose à savoir dans la conversation, et quand on la sait on agit en conséquence à Gex, on argue un Choudens 3 de mensonge, on instrumente.

J'attendrai le retour de Joseph Turrettin 4 qui donne du blé à sa chère patrie .

Point de guerre qu'avec le Parlement, c'est toujours le ministre de la guerre qui nous donne la paix .

Quoi le grand Corvelle 5 est dans la geôle ! Ô tempora ! Ô mores !6

Mille respects […]

V.

Agathe 7 accouche d'un gros garçon . Nous ne savons plus où mettre notre marmaille. Dieu nous bénit . »

2  D'après Racine, Les Plaideurs, Ac. I, sc. 2, vers 56 : https://www.texteslibres.fr/les-plaideurs/acte-i-scene-ii-1023.html

 ; mais telle que la ligne est écrite elle ne forme pas un vers, la césure étant incorrecte ; voir :

3   Besterman écrit ce mot Shoudan et laisse la phrase sans explication . Il faut évidemment lire Choudens ( voir lettre du 20 décembre 1770 à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/17/cela-est-tres-serieux-quoique-tres-ridicule-6602113.html ) et comprendre : on accuse Choudens de mensonge . On disait arguer de faux une pièce pour « prétendre qu'une pièce est fausse (Dictionnaire général ).

4Gédéon Turrettini ; voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/17/cela-est-tres-serieux-quoique-tres-ridicule-6602113.html

En répondant à ladite lettre, Hennin dit : »M. Turrettin, trésorier de la République , est à Turin d'où j'ignore quand il reviendra, de sorte que peut-ête sera-t-il difficile d'avoir lacte que vous désirez . »

5  Covelle que V* avait mis en scène dans La Guerre de Genève, avait été mis en prison peu de temps auparavant pour avoir fait vendre par le sieur Dérodon le Système de la nature et n'avoir pas voulu dire de qui il le tenait .

6  Cicéron, Catilinaires, I, 1 ; traduction : Ô temps ! Ô mœurs !

7  Agathe Frik, de Fassenheim, en Alsace, femme de chambre de Mme Denis ; elle avait épousé Étienne Perrachon, de Ferney.

28/07/2026

Cela pourrait mettre du trouble dans votre ménage, et j’en serais très affligé

... Oui, si on vous mettait , vous, gens du RN et de LFI devant vos contradictions à propos de la gestion de ces catastrophes incendiaires , vous qui , entre autres, votez contre les propositions de loi relatives au débroussaillages et reprochez au gouvernement son manque d'efficacité dans la prévention des risques ; non, je n'en serai pas affligé, menteurs que vous êtes .

Voir ce que dit l'IA sur " les contradictions du RN et de LFI concernant les financements et lois sur les catastrophes naturelles "

Instructif ! Pour sauver la France votons pour ces génies de la gestion nationale .

 

« Au [comte de Say ?]

A Ferney 24è décembre 1770 1

Je réponds fort tard, monsieur, à la lettre dont vous m’avez honoré, du 1er décembre . Je ne l’ai reçue que le 15. J’ai soixante-dix-sept ans ; je suis très malade . Ce sont là des raisons pour n’être pas fort exact.

D’ailleurs, madame votre femme ayant des lettres de M. François de Sales ferait peut-être des signes de croix en voyant une lettre de François de Voltaire. Cela pourrait mettre du trouble dans votre ménage, et j’en serais très affligé.

Je vois avec douleur que toutes les personnes dont vous me parlez sont mortes ; car, sans compter Mme de Chantal 2 et son saint 3, nous avons perdu Mme de Pompadour, Mme la duchesse de Gotha, et Mme de Buchval 4.

Si M. de Pezay, qui répand tant de fleurs dans ses vers, veut une place à l’Académie, je lui offre la mienne, qui sera bientôt vacante, et qui ne vaut pas celle qu’il a dans l’état-major 5.

Au reste, monsieur, je suis très sensible à l’honneur que vous me faites ; mais ce sont des gouttes d’Angleterre que vous envoyez à un apoplectique 6. Jouissez gaiement de la vie ; c’est tout ce que vous peut dire un homme qui est près de la perdre, et qui ne la regrette pas beaucoup. »

1 Voir : https://web.explore-voltaire.org/v_studio/cmv36765/

Minute olographe ; éd. Supplément au recueil . La minute, ainsi que la copie Beaumarchais-Kehl donnent le nom du destinataire comme il a été imprimé, mais l'édition le change en Fay ce qui a été suivi par toutes les éditions subséquentes . Il est difficile de trancher entre Say, Foy ou même Fay, et l'identification du destinataire ne peut guère être tentée avec une vraisemblance suffisante .

4 Juliana Franziska de Buchwald , dite « Brillante » ( 1707-1789 ) que V* a connue à Berlin , et à qui est adressée la lettre du 28 mai 1753 : https://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1753-partie-4-112295864.html

ou https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome38.djvu/37

5 Pezay, choisi pour enseigner la tactique militaire au futur Louis XVI, a reçu les titres de capitaine de dragons et de maréchal général des logis . Voir : https://www.academiedemarine.fr/anciens-academiciens/?uid=2877

27/07/2026

Il vaut beaucoup mieux avoir dans notre Académie un ami qu’un président ou un évêque

... L'Académie échappe au malheur d'avoir un président, fut-il de la République, bien que cette espèce ait la plume agile, mais sans talent ( les "Mémoires d'un prisonnier" confirmant la nullité  d'auteur du délinquant Sarkozy ) ; et se contente d'un seul ecclésiastique . En tout état de cause, je préfère  un homme d'Eglise plutôt qu'un politicard . 

 

 

« A Charles Pinot Duclos

24è décembre à Ferney

Mon vertueux et illustre confrère, vous aimez la liberté : vous avez trois places à donner 1, et je vous en fournirai bientôt une quatrième. Je vous conjure de ne jamais laisser entrer un homme qui menace les gens de lettres d’être leur délateur. Les Gaillard, les Delille, les La Harpe, sont sur les rangs, et ils ont des droits véritables ; mais s’il est vrai qu’il y ait des difficultés pour l’un d’eux, je vous recommande très instamment M. Marin, qui joint à ses talents le mérite de rendre continuellement service à tous les gens de lettres. Il vaut beaucoup mieux avoir dans notre Académie un ami qu’un président ou un évêque 2.

Conservez-moi votre amitié, dont je sens certainement tout le prix.

V. »

1 Celles de Moncrif, du président Hénault et de l’abbé Alary.

2 A ce jour de 2026 il n'y a qu'un ecclésiastique à l'Académie française : Mgr Claude Dagens. Voir : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/claude-dagens?fauteuil=1&election=17-04-2008

26/07/2026

extorsion et vol

... Voir : https://www.teboulavocat.com/blog/extorsion-definition

Selon bon nombre de candidats à la présidence, ces deux maux sont en nette croissance à cause  -évidemment- des gouvernants présents et passés . Ouaip ! Qui dit mieux ? Qui fait mieux ?

 

 

« A Joseph-Marie Balleidier

24 décembre [1770 ?]

[...] Mme Denis veut actionner Choudens pour extorsion et vol . On a retrouvé la soumission des Choudens par laquelle ils s'engageaient à ne demander jamais aucuns arrérages de l'argent demeuré entre les mains de Mme Denis pour payer leurs créanciers ; et cependant ils se sont fait payer ces intérêts . Ils reçurent un reste de payement à Ferney et ils s’enfuirent sans donner quittance, en présence de Landry et de Fay . Ce Fay est à Paris . Il faudra [donner] ordre pour les faire interroger tous deux […].

25/07/2026

La santé , la santé, le bien-être de nos parents et de nos amis, voilà le point important, le reste est peu de chose

... Que chacun trouve ce qui lui importe davantage que ce que trouve Voltaire, si c'est possible .

 

« Marie-Louise Denis et Voltaire

à Alexandre-Marie-François De Paule de Dompierre d'Hornoy

Ce 22 décembre [1770] de Ferney

Nous vous sommes bien obligés, mon cher neveu, de nous avoir un peu rassurés sur l’état de ma sœur 1. M. de Florian nous avait donné de cruelles alarmes par sa lettre du 11 . La vôtre du 13 était plus consolante 2. Heureusement elles nous sont parvenues toutes deux par la même poste . Mais je vois que ma sœur est toujours en danger ce qui m'afflige sensiblement . Dites-lui je vous prie tout l'intérêt que je prends à sa situation . Je voudrais être à portée de la garder et de lui rendre tous les services dont je suis capable . J’attends avec bien de l'impatience la poste de demain , j'espère que vous nous marquerez qu'elle est hors d'affaire . Quoique délicate elle a de la force, je lui ai vu des maladies violentes dont elle s'est bien tirée . J’espère en son tempérament .

Je sens combien l'éloignement est affreux dans de pareilles circonstances . On s'inquiète lorsque l'on devrait se réjouir, et l'on se rassure quelquefois quand on devrait s'affliger .

Dites je vous prie à M. de Florian que je partage sa douleur et la vôtre bien vivement et que je suis désolée de ne pouvoir lui être rutile dans une occasion aussi triste pour vous tous .

Je songe à la boîte de Mme d'Hornoy, on a écrit à Lausanne et quand elle me sera parvenue je la lui enverrai . Je ne vous parle point de mon oncle parce qu'il doit vous écrire un petit mot dans cette lettre . Adieu mon cher neveu, je vous embrasse et vous aime de tout mon cœur .

 

Je suis dans les transes . La lettre de M. de Florian m'a fait encore frisonner autant qu'elle m'attendrit . J'embrasse la chère nièce faible et languissante . Quand pourra-t-elle aller à Paris ? Nous conjurons M. d'Hornoy ou notre cher Turc de nous écrire . J'ai vu l'édit . Laissez là toutes ces misères, ce sont tracasseries qui passent . La santé , la santé, le bien-être de nos parents et de nos amis, voilà le point important, le reste est peu de chose . J'ai eu le pauvre avocat général de Bordeaux dans mon voisinage de Pierre-Encise . J'espère l’avoir bientôt chez moi . Adieu, je vous embrasse bien tendrement . Comment vous va dans ce moment ma chère nièce ? Qu'il est dur d'être à cent cinquante lieues de vous !

V. »

1 Marie-Elisabeth Mignot, épouse du marquis de Florian . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_Dompierre_de_Fontaine

2 On ne connaît pas ces lettres .