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10/04/2018

Il raie l'endroit où il dit qu'on devait lui ériger une statue . C'est bien dommage

...Eh oui ! Fanfoué Hollande met la dernière main à son livre superflu, on lui a fait remarquer que statufié, les pigeons et autres volatiles viendront lui caguer sur le crâne, tout comme ils l'ont déjà fait sans respect de la fonction présidentielle .

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« A Gabriel Cramer

[vers le 13 avril 1763]

Je supplie instamment monsieur Cramer de ne pas négliger les cartons et les errata . Ils sont d'une nécessité absolue .

On m'assure que Jean-Jacques fait aussi des cartons . Il raie l'endroit où il dit qu'on devait lui ériger une statue . C'est bien dommage . »

nous avons le ridicule de demander la santé à un malade. Il n’y a que le ridicule de prier les saints qui soit plus fort

... No comment .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'ArgentaI

13 avril [1763] aux Délices 1

Mes divins anges, je vois avec peine, en écrivant, ce que j’écris ; mon clerc est bien malade 2, et moi aussi ; maman Denis a un engorgement au foie. Nous sommes tout auprès d’Esculape-Tronchin, mais Esculape à la goutte, et nous avons le ridicule de demander la santé à un malade. Il n’y a que le ridicule de prier les saints qui soit plus fort. Mes anges nous ne sommes nullement de votre avis sur la figure d’Antigone au mariage d’Olympie. Nous savons ce que c’est que d’assister à des mariages. Vous ne nous aviez jamais fait cette objection ; pourquoi la faites-vous aujourd’hui ? quel ennemi vous a parlé contre nous ? comment pouvez-vous me dire qu’Antigone a les raisons les plus fortes pour s’opposer à ce mariage ? Il n’en a certainement aucune ; il n’a pas le moindre droit, il n’a pas la possibilité, il est hors du temple dans le parvis . Il faudrait qu’il fût fou pour troubler les cérémonies sacrées. Comment peut-il empêcher que Cassandre donne la main à son esclave ? Il n’est sûr de rien ; il n’a encore pris aucune mesure ; il n’a que des doutes, il n’est venu que pour les éclaircir. Dira-t-il : Je m’oppose à ce mariage, parce que je crois Olympie fille d’Alexandre 3? Tout le monde, le grand-prêtre, Cassandre, Olympie, répondrait , Tant mieux, c’est un mariage fort sortable ; vous n’êtes point en droit de vous y opposer ; vous ne connaissez pas seulement Olympie . Le droit civil et le droit canon sont contre vous . De quoi vous avisez-vous de faire du bruit à la messe ?

Antigone n’est donc pas si sot que de faire un tapage inutile . Il s’y prend plus prudemment ; il soulève les peuples, et fait venir des troupes . Il agit en prince, en ambitieux, en méchant homme.

Sentez-vous bien, mes anges, à quel point il serait ridicule de faire le mariage devant un confident qui ensuite en rendrait compte à Antigone ? Je suis si convaincu de tout ce que je vous dis, que le parterre même ne me ferait pas changer de sentiment. Cette pièce d’ailleurs n’est point du tout dans le système ordinaire du théâtre. Elle nous a fait un très grand effet, à nous autres habitants des Alpes, qui ne connaissons point la tyrannie de l’usage ; le spectacle en est fort beau. Si vous aviez vu Statira entourée de ses prêtresses, et la scène où Olympie (en embrassant sa mère) lui avoue en larmes qu’elle aime le meurtrier de son père et de sa mère ; si vous aviez vu notre bûcher, vous auriez eu du plaisir comme nous. L’hiérophante est un digne prêtre . Catholiques, huguenots, luthériens, déistes, tout le monde l’aime. Je ne réponds point de Paris . Je crois bien que la cabale de Fréron criera, et c’est pourquoi j’ai toujours été dans le dessein de hasarder cette tragédie plutôt à l’impression qu’au théâtre. Mes chers anges, vous la ferez jouer si vous voulez ; je n’ai sur cela aucune volonté que la vôtre. Vous vous doutez bien qu’il m’importe assez peu quelle pièce on représente dans une ville que j’ai quittée pour jamais, quand la moitié de la ville s’efforçait de louer Catilina, et que tous les Mercure et toutes les brochures m’accablaient de mépris en croyant faire leur cour à madame de Pompadour. Après avoir vécu malheureusement pour le public, j’ai pris le parti de vivre pour moi. J’avoue que l’an passé je fus un peu trop séduit d’Olympie, mais je me suis tempéré.

Jean-Jacques ne se tempère pas comme moi. Jean a écrit à Christophe. Il y a un mois que sa lettre est imprimée 4, mais il n’y en a eu que trois exemplaires dans Genève. L’abbé Quesnel5 l’a eue à Versailles. Malheureusement l’auteur fait des cartons 6, et c’est ce qui retarde la publicité de ce modeste ouvrage. L’auteur y disait qu’on aurait dû lui élever des statues 7. On lui a fait voir qu’en effet on pourrait bien lui en dresser une dans la place de Grève, qu’à la vérité elle ne serait pas ressemblante, mais qu’il y aurait un écriteau dans le goût de celui d’I.N.R.I. . Enfin il cartonne , et moi je cartonne aussi l’Histoire générale, de peur de l’I.N.R.I.

Vous ne me parlez point, mes anges, de l’incendie de l’Opéra  8. C’est une justice de Dieu : on dit que ce spectacle était si mauvais, qu’il fallait tôt ou tard que la vengeance divine éclatât.

Je suis en peine de mon contemporain le président Hénault . Il aura pris sa pleurésie à Versailles. Cet accident devrait le corriger. J’ai connu une femme qu’une grande maladie guérit de sa surdité. Le président est sourd, et moi aussi ; mais j’ai par-dessus lui une propension extrême vers l’aveuglement. J’ai perdu ma jolie petite écriture, les yeux me cuisent. Je finis en baisant le bout de vos ailes avec les respects les plus tendres.

V. »

1 Manuscrit olographe dont V* a numéroté les pages de 1 à 9 .

2 Entre les lettres du 3 avril 1763 et celle du 25 avril 1763, on n'en a aucune de la main de Wagnière .

3 Lapsus pour Cassandre .

4 Les premiers exemplaires semblent être parvenus à Genève au milieu de mars, mais l'ouvrage ne semble pas avoir été mis en vente avant le 21 avril 1763 ; voir Louis-J. Courtois : Chronologie critique de la vie et des œuvres de Jean-Jacques Rousseau : http://ccfr.bnf.fr/portailccfr/jsp/index_view_direct_anonymous.jsp?record=bmr%3AUNIMARC%3A10790848

5 Il doit s'agir du Quesnel qui a été précepteur du duc de Penthièvre : https://www.idref.fr/069148732

6 Il n'y a pas de cartons dans le livre de Rousseau comme le reconnaitra V* dans une lettre du 25 avril 1763 à d'ArgentaI : « Il n'a point fait de cartons, comme on le croyait, il persiste toujours à dire qu'il fallait lui élever des statues ... »

7 Rousseau écrit à la fin de sa Lettre à M. de Beaumont : «  oui, je ne crains point de le dire, s'il existait en Europe un seul gouvernement vraiment éclairé dont les vues fussent utiles et saines, il eût rendu des honneurs publics à l'auteur de l'Emile, il lui eût élevé des statues. » La « statue » dont parle V* ensuite est l'effigie qu'on brûlait en place de Genève dans les cas d'exécution par contumace .

8 Il y eut un incendie à l'Opéra le 6 avril 1763 : http://classes.bnf.fr/essentiels/grand/ess_1161.htm

09/04/2018

ils [l']ont détérioré, [qu']ils ont coupé les arbres, [qu']on peut à présent avoir recours contre eux

... Et il est temps !

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Oui, halte aux conn... Ecologistes de mes deux ! vous êtes d'une logique remarquable : brûler des pneus, ravager une route , ça sent bon le crétinisme de voyous inexcusables .

 

« A Joseph-Marie Balleidier

Procureur

à Gex

12 avril [1763], aux Délices 1

Je reçois la lettre de monsieur Balleidier touchant l'affaire Crassy . Je lui écrivis hier sur cet objet, et il n'a peut-être pas encore reçu ma lettre .

J'avancerai tout ce qui sera nécessaire, et monsieur Balleidier peut en assurer Mme Crassy, mais il faut que je sois assuré du remboursement . Je ne peux être assuré de ce remboursement qu'en cas que la famille poursuive à Dijon la confirmation de la sentence de Gex . Il faut donc que la mère me donne une procuration pour poursuivre en son nom ou en celui de ses enfants . M. Arnoud, mon avocat à Dijon, qui est le plus accrédité de la province se chargera de tout et l'affaire sera bientôt finie ; si on a une meilleure voie et des moyens plus sûrs on peut me les indiquer . Il est de l'intérêt de la famille de ne pas négliger une affaire qui la remet en possession de son patrimoine et il est de sa probité de ne pas me frustrer d'un argent que j'ai prêté avec quelque générosité . L'affaire presse, attendu que les jésuites gèrent leur patrimoine, qu'ils l'ont détérioré, qu'ils ont coupé les arbres, qu'on peut à présent avoir recours contre eux, et qu'il ne sera plus temps quand le domaine des jésuites sera remis aux économats, comme il le sera sûrement 2.

Il est d'ailleurs probable que MM. de Crassy rentreront dans leur domaine sans rien payer à M. de Chapeaurouge attendu que la longue jouissance de l'usure nommé antichrèse, absorbe beaucoup au delà du principal prêté aux auteurs de MM. de Crassy .

Ils voient sans doute combien la poursuite de cette affaire est avantageuse . Je leur ai procuré les moyens de recouvrer leur domaine . Je continuerai . Je ne demande que les suretés convenables .

Je prie monsieur Balleidier d'en conférer avec M. Rouph et avec la famille .

Voltaire . »

1 L'édition Vézinet imprime le deuxième paragraphe de la lettre en deux morceaux séparés . Date endossée par Balleidier .

2 Des ordonnances du 3 et du 5 février 1763 ont défini les attributions du « bureau des économats » pour l’administration et la vente des biens appartenant à l'ordre des Jésuites.

quand je pourrai entrer en jouissance, et s'il y a des oppositions

... Force doit rester à la loi, et les occupants illégaux de la Zad de Notre Dame des Landes doivent déguerpir, ce n'est pas parce qu'ils sont nombreux, pollueurs et vindicatifs qu'ils doivent être tolérés ou soutenus . Je ne vois pas pourquoi on agirait en douceur avec ces squatters quand dans le même temps on envoie votre voiture à la fourrière pour un simple stationnement gênant . Allez, du balai !

 

 

« A Joseph-Marie Balleidier

Procureur

à Gex

[11 avril 1763] 1

Je prie monsieur Balleidier de me mander où en est la subhastation du domaine Burdet à Magny, quand je pourrai entrer en jouissance, et s'il y a des oppositions .

Je ne conçois pas comment je n'ai point une procuration légale de M. de Crassy, pour achever l'affaire qui doit faire rentrer cette famille dans son bien . J'ai prêté 1800 livres . Il est de l'intérêt de cette famille de recouvrer son domaine, et du mien de me faire payer .

Le sieur Roux ou Rouph 2, avocat, beau-frère de MM. de Crassy, me fit donner une procuration d'un des frères disant qu'elle suffisait ; mais elle ne suffit pas . Monsieur Balleidier est prié de m'éclaircir ces difficultés .

À l'égard d'Ornex on verra quelles mesures on pourra prendre .

J'ai à cœur l'affaire Crassy , j'ai écrit à celui qui m'a emprunté 1800 livres que si on ne me donnait pas satisfaction sur la procuration générale j'étais en droit de répéter 3 mon argent .

Voltaire . »

1 L'édition Vézinet donne une version incomplète et mal datée . Balleidier a noté sur le manuscrit : « De M. de Voltaire / sans date / Reçue le 14è avril 1763 » . Il doit s'agir de la lettre mentionnée au début de celle du 12 avril 1763 .

2 Gilberte Deprez de Crassier a épousé Etienne Rouph de Varicourt, dont le frère , Pierre-Louis Rouph est un homme de loi . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Rouph_de_Varicourt