17/09/2026
en un mot il ne s’agit uniquement de savoir si le gouvernement paie ou ne paie pas
... That's the question ! Nécessité fait loi, mais c'est bien connu, quand il s'agit d'argent à débourser l'Etat traine les pieds et les aides diverses et extraordinaires aux victimes de la canicule et des folies trumpiennes et iraniennes et israeliennes . Les problèmes de budget ont dû commencer au temps des cavernes pour prendre l'ampleur qu'a connue Voltaire et nous autres happy taxpayers du XXIième siècle, siècle de tous les dangers .
« A Louise-Sophie Savelette de Flacourt de Magnanville d'Hornoy 1
11è janvier 1771
Je n’ai jamais fait, Madame, de compliments de bonne année à personne; mais puisque vous m’en faites je vous les rends tout chauds. Ma bonne année commencera quand par hasard vous ferez un tour à Ferney avant que je sois mort.
J’apprends que votre gros mari vous est revenu, ainsi cette lettre sera pour vous deux.
Je ne sais s’il a reçu une lettre adressée à madame sa mère 2 qui était toute pour lui. En tout cas, on ne lui dira rien dans celle-ci. Il est à croire que tout se passera en douceur. Ville qui parlemente est bientôt rendue, et parlement qui parlemente se rend aussi.
Il y a eu une fin d’automne et un commencement d’hiver fort désagréables; j’en ai eu ma bonne part, j’ai tremblé pour sa mère, et j’ai aujourd’hui bien des regrets à essuyer. S’il veut jamais être brigadier des armées du roi il ne faudra pas qu’il s’adresse à moi 3. Ma colonie est sur le côté, et je n’ai plus de théâtre. Je me tiens pour mort. Je suis enseveli dans dix pieds de neige en vous écrivant de mon autre monde.
Je vous embrasse de tout mon cœur, Madame, et non pas de tout mon visage, car je n’en ai point.
Je remercie Monsieur et Madame vôtre mère de l’honneur de leur attention.
V.
J’ajoute à mon gros conseiller, que je l’ai prié seulement de s’informer si l’on payait la rente de je ne sais quels 160 millions que le Roi emprunta au commencement de l’année passée à ses fidèles sujets; que cet emprunt a été enregistré au Parlement, et que cependant on n’entend point parler de paiement; qu’un gendre d’un garde du Trésor royal doit être informé de ces bagatelles; qu’il y est intéressé; que ces contrats doivent rester chez le notaire où ils sont, et qu’il faudrait un arrêt du Conseil pour les transférer d’un notaire à un autre; que Mr de La Borde qui a seul conduit cette affaire n’a pu faire ces contrats que chez son notaire; et qu’en un mot il ne s’agit uniquement de savoir si le gouvernement paie ou ne paie pas. Je finis par vous souhaiter à tout deux toute la prospérité que vous méritez l’un et l’autre.
V. »
1 Voir : https://database.factgrid.de/wiki/Item:Q146777
Voir aussi : https://collections.geneve.ch/gazette-delices/29/a_propos.html
2 Cette lettre est probablement celle dont il est question au début de celle du 23 janvier 1771 à la marquise de Florian ; elle ne nous est pas parvenue .
3 Du fait de la disgrâce de Choiseul .
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