20/03/2018
il me semble que cette affaire presse
... La vaccination !
Je suis effaré de savoir que tant de mes concitoyens soient aveuglément contre cet acte médical et social, au mépris de leur santé, celle de leurs enfants et celle de tous les autres humains . Pour les réfractaires, petite piqure de rappel très actuelle et proche :
https://www.mesvaccins.net/web/news/12100-debut-d-une-epi...
« A Joseph-Marie Balleidier, Procureur
à Gex
J'attends de monsieur Balleidier des nouvelles de ce qu'il a fait pour Mme Burdet ; il ne m'en donne aucune ; il me semble que cette affaire presse . Dès que je le verrai, je lui donnerai cinq louis d'or pour achever la subhastation du morceau de terre à Pasteur, joignant celui que j 'ai acquis à l'Ermitage .
Une affaire qui doit l'intéresser est celle de MM. de Crassy ; elle est considérable, MM. de Crassy étant réformés, ne sont pas en état de la poursuivre . Il faut, ou que je me fasse rembourser de dix-huit cents francs que j'ai prêtés à M. de Crassy le second, ou que l'appel du sieur Chapeaurouge soit jugé . Or, pour le juger il faut une procuration de la mère qui est tutrice des mineurs ; celle que m'a donnée M. de Crassy le second ne vaut rien, et il ne m'a pas accusé juste quand il m'a dit qu'il était seul tuteur . Il a emprunté 1800 livres : sur cette affaire, je suis en droit de le faire condamner, c'est à monsieur Balleidier à conduire cette affaire avec prudence ; elle fera le bien des mineurs, et opèrera mon remboursement .
Je le prie encore de m'informer s'il est vrai que les jésuites abandonnent Ornex, si on pourrait acquérir quelque terre de leur domaine, et à qui il faudrait s'adresser . Je lui envoie cette lettre par la poste, je lui rembourserai ses petits frais ; il faut qu'il m'écrive aussi par la poste de Genève .
Voltaire.
Aux Délices 25è mars 1763 .1 »
1 Balleidier a noté sur le manuscrit : « R[eçu] le 27è / port 4 [sous] . »
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19/03/2018
J’aime encore mieux un sifflet qu’un changement fait malgré moi
...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
25è mars [1763]
Je viens de la lire 1 ; la voilà donc , il en sera ce qu’il pourra . Mais c’est à cette seule condition qu’on la jouera comme je l’ai faite, et non point comme je ne l’ai pas faite, parce que c’est mon ouvrage que je donne, et non pas celui d’un autre. J’aime encore mieux un sifflet qu’un changement fait malgré moi. S’il y a la moindre difficulté, je supplie mes anges de supprimer tout.
Le rôle d’Olympie demande de la naïveté, de la tendresse, et au cinquième acte une douleur renfermée en elle-même : cela n’exige pas des talents bien supérieurs ; pour peu que l’actrice ait une voix et une figure intéressantes, le rôle doit être touchant.
Il s’agirait d’avoir un Cassandre qui eût de la voix, de la figure, et de la chaleur ; sans quoi le risque est assez grand. Enfin voilà de quoi amuser mes anges pendant le saint temps de Pâques.
Ils n’ont pas daigné me dire s’il est vrai qu’on ait mis à la Bastille un réviseur théâtral nommé Marin, pour quatre vers d’un Théagène 2 dont on a fait, dit-on, l’application la plus maligne et la plus injuste au roi 3. Il me paraît qu’au contraire ce Marin est très louable de n’avoir pas seulement soupçonné que ces vers pussent regarder Sa Majesté. Je ne crois pas qu’il y ait de pièce qui pût rester au théâtre, si on y cherchait des allusions. Cela est du plus mauvais exemple du monde.
On dit que Jean-Jacques a écrit une lettre à l’archevêque de Paris, dont le titre est : Jean-Jacques à Christophe 4. La lettre, dit-on, est fort salée : on peut écrire comme on veut à des archevêques quand on est à Neuchâtel, dans le pays du roi de Prusse.
Madame Denis remercie bien mes anges : elle est fort languissante . Mes yeux vont en dépérissant, comme de raison. Lisez le bonhomme Salomon : vous verrez que quand celles qui se mettent à la fenêtre ne s’y mettent plus, quand celles qui allaient au moulin n’y vont plus, quand la corde s'est cassée sur le bord du puits 5, il faut faire une honnête retraite etc.
Mes tendres respects pour moi et ma pupille. »
1 Olympie .
2 Théagène et Chariclée, tragédie de Dorat, jouée le 2 mars 1763 .
3 Marin , dont on a déjà parlé dans la lettre du 4 janvier 1763 à Cramer ( http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/11/14/si-on-ne-prend-pas-ce-parti-tout-sera-infailliblement-perdu-5999156.html ) avait été embastillé quelques jours pour avoir laissé passer les vers suivants, aussi malveillants que détestables :
Au trône, du berceau ces monarques admis,
Ont droit de végéter dans la pourpre endormis,
Et , chargeant de son poids un ministre suprême,
De garder pour eux seuls l'éclat du diadème .
4 Rousseau avait répondu à la condamnation de l'Emile par l'opuscule intitulé Jean-Jacques Rousseau, citoyen de Genève, à Christophe de Beaumont, archevêque de Paris ; sous le titre de son exemplaire, V* a écrit : « Le titre est une bouffonnerie et l'ouvrage veut être sérieux. » . Voir : https://www.rousseauonline.ch/pdf/rousseauonline-0027.pdf
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lettre_%C3%A0_Christophe_de_Beaumont
5 Référence biblique à l'Ecclésiaste,XII, 3-6, dont V* fait usage à bon escient .
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