20/03/2021
Il faut donc concilier l'esprit de la loi avec la lettre . Il faut prévenir par une explication claire et nette, toutes les incertitudes
... https://www.20minutes.fr/societe/3003095-20210320-confine... : Ceci vous a-t-il aidé ?
Bon week end !

Citoyens dormez en paix, on veille sur vous !
« A Jean-André De Luc
A Ferney 26è novembre 1765
On ne vous a point trompé, monsieur, quand on vous a assuré de mon estime extrême pour vous, de mon zèle pour le bonheur de la République, et des justes espérances que me donne l'esprit de justice qui vous anime ; mais on ne s'est peut-être pas expliqué assez clairement sur la manière dont j'ai conçu les objets qui vous divisent . Voici , monsieur, l'idée que je m'en puis faire .
L'article 3 de la médiation ne souffre pas qu’on innove sans le consentement du conseil général . Les paragraphes 5 et 6 de l'article 4 semblent littéralement donner le droit au Conseil de rejeter ou d'admettre au gré de sa prudence les représentations des citoyens .
Or supposons un cas où le Conseil eût innové malgré la loi de l’article 3, et où les remontrances des citoyens seraient rejetées en vertu des articles 5 et 6 . N'est-il pas évident qu'alors la loi se trouverait en contradiction avec elle- même ?
Le jurisconsulte étranger qui était chez moi lorsque vous y vîntes ne considérait que ces articles 5 et 6 . Mais un autre beaucoup plus au fait, et bien plus à portée d'en rendre compte, est convenu avec moi que la loi qui défend toute innovation faite sans le consentement du Conseil général est en opposition avec la loi qui permet de ne point assembler le Conseil général quand les citoyens demandent cette assemblée au sujet d'une innovation . Il faut donc concilier l'esprit de la loi avec la lettre . Il faut prévenir par une explication claire et nette, toutes les incertitudes .
Il ne serait pas juste, sans doute , qu'un petit nombre de citoyens fatiguassent par caprice le Conseil occupé de ses fonctions journalières, et demandassent l'assemblée de la république entière pour des objets de peu d'importance ; mais il ne serait pas juste que le Conseil rejetât les vœux du plus grand nombre, dans des choses de conséquence .
C'est là, ce me semble, le centre de toutes les difficultés . Quel nombre de citoyens doit-on fixer pour que le Petit conseil soit obligé de porter leurs remontrances aux deux cents, et d'assembler en conséquence le Conseil général ? C'est là le point essentiel qui doit être décidé .
Il me paraît qu'on peut aisément s'accorder sur tous les autres ; c'est là le sentiment d'un homme en place, très instruit, et en état de préparer toutes les voies de conciliation . Nous nous sommes trouvés tous deux du même avis, avant de nous avoir communiqué nos idées .
Je dois vous dire encore, monsieur, qu'il a été très touché de la décence et de la modération que les citoyens ont fait paraître dans les dernières assemblées ; c'est ce qui distingue le peuple de Genève ; plus il est éclairé, plus il est sage .
M. Hennin viendra incessamment, c'est un homme de beaucoup de mérite, qui a de la justesse dans l’esprit, et de la justice dans le cœur .
Quand j'aurai l'honneur de vous entretenir, je vous en dirai davantage ; vous me trouverez toujours zélé pour la paix, plein d'estime pour les personnes des magistrats comme pour celles des citoyens que j'ai eu l'honneur de connaître . Le papier me manque pour vous dire tout ce que je pense de vous, et à quel point je vous suis attaché . Votre très humble et très obéissant serviteur
V.
Je salue monsieur votre père 1 et monsieur votre frère 2. »
1 Jacques François De Luc , horloger .Voir : https://www.famousscientists.org/jean-andre-deluc/
2 Guillaume-Antoine De Luc , naturaliste ; voir : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/015897/2005-08-22/
16:44 | Lien permanent | Commentaires (0)
la nature en saura toujours plus que la médecine. La philosophie apprend à se soumettre à l’une, et à se passer de l’autre ; c’est le parti que j’ai pris
... Le virus a toujours une longueur d'avance, mais il ne passera pas par moi !
Il trouvera une personne tout à fait réceptive en la personne de Mme Hidalgo . C'est une cruche qui ne sait toujours pas comment on porte un masque : la petite barrette sus- nasale n'est pas là pour indiquer où est le haut, il faut la pincer , sinon autant porter un très chic masque en dentelle de Calais ou un string de même .

Sobre, élégant, réutilisable, effet garanti ( il me rappelle -allez chercher dans votre inconscient- le Chat du Rabbin, de Joann Sfar que j'adore )

« A Etienne-Noël Damilaville
25è novembre 1765
Votre mal de gorge et votre amaigrissement me déplaisent beaucoup . Vous savez si je m’intéresse à votre bien-être et à votre long être. Notre Esculape Tronchin ne guérit pas tout le monde . Mme la duchesse d’Anville pourra bien rester tout l’hiver à Genève. Quoi qu’il fasse, mon cher ami, la nature en saura toujours plus que la médecine. La philosophie apprend à se soumettre à l’une, et à se passer de l’autre ; c’est le parti que j’ai pris.
Cette philosophie, contre laquelle on se révolte si injustement, peut faire beaucoup de bien, et ne fait aucun mal. Si elle avait été écoutée, les parlements n’auraient pas tant harcelé le roi et tant outragé les ministres. L’esprit de corps et la philosophie ne vont guère ensemble. Je crains que l’archevêque de Novogorod , dont vous me parlez, ne puisse les soutenir dans la seule chose où ils paraissent avoir raison, et qu’après avoir combattu mal à propos l’autorité royale sur des affaires de finance et de forme, ils ne finissent par succomber quand ils soutiennent cette même autorité contre quelques entreprises du clergé.
Mais la santé de M. le dauphin est un objet si intéressant, qu’il doit anéantir toutes ces querelles. La bulle Unigenitus, et toutes les bulles du monde, ne valent pas assurément la poitrine et le foie d’un fils unique du roi de France.
Mme Denis ne se porte pas trop bien ; elle me charge de vous dire combien elle vous aime et vous estime. Elle attend les boites de confitures 1 que vous voulez bien nous envoyer . Il n’y a qu’à les mettre au coche de Lyon.
Embrassez pour moi MM. Diderot et d’Alembert, quand vous les verrez. Toute mon ambition est que la cour puisse les connaître, et rendre justice à leur mérite, qui fait honneur à la France. Qu’est devenu le très paresseux Thieriot ? Il m’écrit une ou deux fois l’an par boutade. Vous savez probablement que Jean-Jacques est à Strasbourg, où il fait jouer le Devin du Village 2. Cela vaut mieux que de chercher à mettre le trouble dans Genève, et d’être lapidé à Môtiers-Travers. Les magistrats et les citoyens sont toujours divisés , je ne les vois les uns et les autres que pour leur inspirer la concorde , c’est la boussole invariable de ma conduite.
Je vous demande en grâce de presser M. de Beaumont sur l’affaire des Sirven ; elle me paraît toute prête ; le temps est favorable . Je ne crois pas qu’il y ait un instant à perdre.
Je vous embrasse du meilleur de mon cœur. »
1 Sur ces prétendues « confitures » (Lettre de Thrasybule à Leucippe, etc. )voir lettre du 16 octobre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/02/13/y-a-t-il-rien-de-plus-tyrannique-par-exemple-que-d-oter-la-l-6297342.html
2 Cette pièce y fut en effet représentée en sa présence le 10 novembre 1765. Voir : https://operabaroque.fr/ROUSSEAU_DEVIN.htm
et : http://www.rousseau-chronologie.com/fuiteenangleterre65-66.html
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arrêter la procédure
... Vive les stups ! Tagada tagada voilà les poulets ! Tagada tagada on vous envoie aux fraises !
https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/03/19/...

Caries en vue, sus aux képis !
« A Joseph-Marie Balleidier
La femme Garder payera six francs à mes gardes, elle payera aussi les frais de la procédure commencée contre elle, au moyen de quoi monsieur Balleidier est prié d'arrêter la procédure, et si elle ne satisfait pas d'abord à ces conditions on continuera de la poursuivre .
V.
A Ferney le 25è novembre 1765. 1»
1 L'édition Vézinet est incomplète . Balleidier a noté « R[épondu] le 26 » sur le manuscrit .
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