20/04/2026
Je demande justice au nom des Français qui ont été volés ... Je ne doute pas, monsieur, que vous ne la fassiez selon votre respectable usage
... Au milieu de vos affaires politiques et politiciennes, trouverez-vous M. Darmanin le temps de vous intéresser aux victimes . Que pensez-vous du vol légal de l'Etat via ses taxes sur les carburants ?
Que fait-on en ce moment au ministère de la Justice : https://www.justice.gouv.fr/
« A Jean-Jacques Bonnet
Monsieur le lieutenant
de la Justice de la République
à Genève
Au château de Ferney 18è octobre 1770 1
Monsieur,
Le nommé Sandoz Genevois, monteur de boîtes, étant venu travailler de son métier dans le château de Ferney , pendant six mois, y a volé pour environ six cents francs d'or, qu'il a vendu en plusieurs fois au nommé Prévost, orfèvre à Genève .
Cet orfèvre lui a toujours donné par denier d'or deux florins et demi de moins que cet or ne valait . Ainsi il a partagé le vol, et il en a été convaincu par Guillaume Resseguerre, Natif de votre ville, qui demeure rue du Temple .
Je demande justice au nom des Français qui ont été volés par le nommé Sandos et par le nommé Prévost, receleur . Je ne doute pas, monsieur, que vous ne la fassiez selon votre respectable usage .
L'orfèvre Prévost ne devait pas sans doute acheter d'un ouvrier de la limaille et des rognures d'or qu'il voyait évidemment avoir été volées . Le prix qu'on en a donné au-dessous de la valeur est une preuve du délit . Les magistrats ont trop d’équité, et aiment trop l'honneur de la République pour souffrir de telles prévarications 2.
J'envoie copie de cette lettre à M. le duc de Choiseul que j'espère avoir bientôt l'honneur d'informer de la considération que vous continuez toujours d'avoir pour les sujets du roi, et de l'obligation qu'ils vous auront dans cette affaire .
J'ai l’honneur d'être avec tous le sentiments que je vous dois,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1 Original signé ; éd. Caussy, imprimée d'après une copie envoyée par Hennin .
2 La lettre fut lue au Conseil le 19, et ill fut décidé « qu'il en [fut] exactement informé » (Genève , ARC, CCLXXI, 645 ; voir aussi APC 12081 ).
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