03/09/2026
Nous ne manquerons pas de ministres ; mais sans les soins que vous prenez, monsieur, pour la province, nous pourrions bien manquer de pain
... Toujours d'actualité ce cher Voltaire .
« A Louis-Gaspard Fabry, Chevalier de
l'ordre du roi, Subdélégué
à Gex
Ce que vous me faites l’honneur de me mander, monsieur, est bien vraisemblable. Je ne me croyais sûr que de M. le marquis de Monteynard, par un de ses parents qui me l’avait mandé il y a près de huit jours.
M. le marquis d’Ossun serait un choix heureux. Il favoriserait en Espagne, de tout son pouvoir, le commerce de ma petite colonie, et il l’avait protégée avec un zèle étonnant.
On m’avait déjà parlé de M. l’évêque d’Orléans, qui s’était brouillé, dit-on, avec M. l’archevêque de Reims 1; mais j’avais beaucoup de peine à croire cette nouvelle.
Je ne puis concevoir comment M. le prince de Condé ayant pris place au Conseil le 30, toute la France n’en ait pas été instruite.
Il me semble que M. de Boynes 2 avait bien peu de rapport avec la marine ; mais il y a des génies qui sont propres à tout.
Nous ne manquerons pas de ministres ; mais sans les soins que vous prenez, monsieur, pour la province, nous pourrions bien manquer de pain.
Mille tendres respects.
V.
6è janvier 1771 à Ferney. »
1 Voir lettre du même jour à Mme Du Deffand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/09/01/dans-le-nombre-tres-grand-de-ses-serviteurs-je-suis-le-plus-inutile-et-le-p.html
2 Pierre-Etienne Bourgeois de Boynes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_%C3%89tienne_Bourgeois_de_Boynes
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