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21/10/2014

cet homme extraordinaire moitié héros moitié fou ... son exemple devait servir de leçon aux conquérants qui auraient autant d'ambition et moins de valeur

... "Servir de leçon" et non pas "servir de modèle", subtil distinguo qui peut se solder par une conquête pacifique telle celle de la santé et du bien-être général de tous humains (et autres êtres vivants si affinités) plutôt que bains de sang et cendres .

Conquérants sanguinaires, circulez, il n'y a rien pour vous , ni compliments, ni citations à l'ordre du mérite . Tout comme Voltaire, je vous hais : "Je hais les conquérants, fiers ennemis d’eux-mêmes,...", voir lettre à Frédéric II : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/05/26/je-hais-les-conquerants-je-songe-a-l-humanite-sire-avant-de.html

 

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« A Gabriel de Seigneux, seigneur de Correvon

[septembre-octobre 1759]1

[…] Il est vrai que je suis occupé actuellement de l'histoire de Pierre le Grand ; elle n'est peut-être pas si divertissante pour le commun des lecteurs que celle de ce don Quichotte du Nord qui couchait en bottes, et qui se battait avec ses cuisiniers et ses secrétaires contre dix mille Turcs ; mais l'histoire d'un législateur qui a créé des villes et des hommes, vaut bien aux yeux d'un philosophe tel que vous les prouesses d'un chevalier errant . Il y a trente ans que j'ai dit dans l'histoire de cet homme extraordinaire moitié héros moitié fou que son exemple devait servir de leçon aux conquérants qui auraient autant d'ambition et moins de valeur [...] »

1 Ce fragment de lettre est une citation par Seigneux dans une lettre non datée à Johann Jakob Bodmer, de la lettre originale . Après avoir cité ceci, il écrit : « Il [V*] me mande qu'il viendra nous voir cet hiver ; mais pour peu de temps je crois . Il a de belles terres nouvellement acquises et un théâtre à Tournay qui le retiendront, sans compter peut-être quelque autre motif . Si j'avais comme ce célèbre confrère cent mille livres de rente, il me semble que je glisserais sur des sujets qui l'ont beaucoup affecté . » On déduit la date d'après ce commentaire .

Voir : http://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/745-gabriel-seigneux-de-correvon

et : http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Jakob_Bodmer

 

20/10/2014

Je ne veux avoir affaire à aucun créancier

... Voila qui est clair !

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« A François Guillet, baron de Monthoux

[septembre-octobre 1759]

Je suis prêt monsieur à faire ce que vous demandez et je serai très satisfait d'obliger un gentilhomme de votre mérite et de votre probité . Il n'y a qu'à m'envoyer le modèle d'une transaction par laquelle il paraitra que vous êtes le maître des seigneuries en question, et que pour partie du paiement de ces acquisitions je vous prête vingt mille livres sous première hypothèque privilégiée . Il faut que le notaire exprime toutes les conditions fidèlement et nettement, que copie de vos contrats d'acquisition soient jointes à la copie du contrat qui sera passé entre nous . Tout étant en règle et en forme je vous donnerai une lettre de change sur Lyon de 20000 livres de France 1. Cette affaire ne doit être sujette à aucune difficulté . Je ne veux avoir affaire à aucun créancier . Il est nécessaire que la terre sur laquelle je vous prête de l'argent soit franche et quitte, que le revenu de mes vingt [mille 2] livres soit assuré sans aucune réserve sur cette terre, sans être assujetti à aucun droit, à aucun impôt, à aucune diminution et surtout aucun procès avec personne et que je sois votre premier créancier par privilège . Votre intérêt et le mien exigent que la chose soit d'une netteté extrême .

A vos ordres et sans cérémonie

votre très humble et très obéissant serviteur

V. »

1 Selon une note de Jean Pommier, V* avait alors 500 000 francs chez le banquier Tronchin Jean-Robert . Monthoux avait acheté le manoir d'Annemasse le 29 mars 1759 et avait besoin d'argent pour terminer l'affaire . Voir lettre précédente de juin 1759: http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/08/04/je-ferai-tout-ce-que-l-etat-present-de-mes-affaires-peut-me-5422639.html

2 V* a oublié mille .

 

Nous répétons mardi en habits pontificaux

... Et nous nous répétons, disent les évêques qui ne changent toujours pas d'avis à propos du cas des divorcés et des homosexuels au sein de l'Eglise : niet, nein, no, non, ... amen .

 

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« A Louise-Suzanne Gallatin Vaudenet

[septembre-octobre 1759]

Vous me donnez plus de figues, madame, qu'il n'y en a dans le pays de papimanie et moi, madame, je suis comme le figuier de l’Évangile, sec et maudit 1; ce n'est pas comme acteur, c'est comme très attaché à toute votre famille que je m'intéresse bien vivement à la santé de Mme Gallatin Rolaz 2.

Nous répétons mardi en habits pontificaux 3. Ceux qui ont des billets viendront s'ils veulent . Je suis à vous madame pour ma vie .

V. »

1 Évangile de Matthieu, XXI , 18-19 et Évangile de Marc XI, 12-14 ; V* reprend souvent cette image du figuier maudit satiriquement . On note d'autre part le jeu de mots implicite sur papefigues (protestants) et papimanie (catholicité) ; voir lettre du 2 septembre 1758 à Algarotti : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2013/10/14/temp-067c4a2d4104530d19a456670bd9ad3a-5195701.html

2 Le fils de Mme Gallatin, Jean, né en 1733 épousa Sophie-Albertine Rolaz en 1755, et mourut en 1765 .

3 D'où l'on peut déduire que la pièce jouée est Mérope .