07/02/2009
Tout est découvert, et constaté...
Avec Volti, il n'est pas difficile de trouver des lettres réclamant justice, -il a payé le prix de l'opposition-, mais mon petit challenge est d'en trouver qui se rapprochent de l'actualité avec des dates concordantes. M. K. finira-t-il KO ? ou OK ? Les paris sont ouverts . Je parie pour le blanchîment ( je devrais dire blanchissement, on a affaire à du linge sale et pourtant on peut dire qu'il est dans de beaux draps, oh joies de la langue française !) car il me semble avoir une bonne dose d'enzymes actifs sous la main, lui qui est un enzyme glouton.Tant pis dans ce cas, ou peut-être tant mieux dans le cas opposé, pour la morale. "Asinus asinum fricat" = l'âne frotte l'âne, "qui se ressemble s'assemble", donc les membres du gouvernement qui n'ont pas une âme sainte et qui n'ont pas la pureté du cristal, vont immanquablement apporter leur soutien au chouchou . Il est très mal vu de tirer sur les médecins en France. Je vais être, -encore, allez vous dire,- d'une mauvaise foi remarquable et d'un cynisme à toute épreuve ["tueur à sang froid" ma gentille Babeth !! ] : était-ce Dr Kouchner ou Mister K. qui fréquentait l'abbé Pierre en héritant au passage d'une aura de bienfaiteur, bon point pour franchir des portes de pouvoir et d'argent ? "Il est vrai qu’il est prêtre, il est vrai que je l’aime..." : Voltaire était sincère, M. K. aussi ?
« A Jacques-Abram-Elie-Daniel Clavel de Brenles

(secreto)
Tout est découvert, et constaté, mon cher ami, aussi bien que le fameux vol de Genève [vol par Félix et Jean-Baptiste Pignatelli d’une grosse somme, ils sont arrêtés à Lyon et ramenés à Genève le 20 janvier 1759 ]. C’est un nommé Lervèche, ci-devant précepteur de M. Constant, qui écrivit le libelle [ Jean-Pierre Le Resche auteur d’une lettre non signée dans le Journal helvétique d’octobre 1758 ];il l’envoya aussi à Allamand pour le corriger, il l’envoya aussi à M. de Chavannes, à Vevey, et M. de Chavannes méprisa cette ordure [François de Chavannes, frère de Mme de Brenles, ministre à Vevey, que V*** avait cru être l’auteur du libelle ]. Mme de Brenles doit embrasser notre ami Polier et ne point juger contre lui . Il est vrai qu’il est prêtre, il est vrai que je l’aime, mais dans l’Europe il y a trois ou quatre prêtres honnêtes gens que j’aime de tout mon cœur .
Ce n’est point lui qui m’a averti de tout ce tissu d’iniquités et de bassesses ; il a tout ignoré, et ses ennemis se sont cachés de lui. Les mêmes personnes très respectables qui m’ont donné avis de toutes ces horreurs m’ont averti aussi qu’on imprimait à Lausanne un livre scandaleux, intitulé La Guerre de M. de Voltaire [ La Guerre littéraire ou choix de quelques pièces de M. de V.*** ], dans lequel on renouvelle l’affaire de Saurin et celle de Servet, et cent autres horreurs . On [ le banneret de Berne : Freudenreich] en a été instruit à Berne et très indigné. On a écrit à M. le bailli de Lausanne ; il lui sera très aisé d’arrêter le cours de ces infamies qui peuvent troubler et déshonorer votre ville . Grasset est violemment soupçonné ; mais il y a d’autres imprimeurs [ Arnay, ex-associé de Bousquet, libraire, soupçonné par V* et du Pan ]. Une visite chez eux, une défense de continuer, une saisie des exemplaires, ne sont pas chose difficile . Vous pourriez très aisément, mon cher ami, accélérer l’effet de la justice et les bontés de monsieur le bailli, en le pressant d’interposer son autorité, et d’agir vivement dans une affaire où il n’ya pas un instant à perdre ; je vous aurai une obligation qui égalerait la tendre amitié que j’ai pour vous . Je vous demande instamment de m’instruire de tout ce qui se sera passé et de n’en parler à personne .
Je vous donne avis que Mme Denis ne sait rien de tout cela, et que je n’en ai écrit à âme qui vive à Lausanne excepté à M. de Tscharner [ Albrecht von Tscharner bailli de Lausanne ].
Mille tendres respects à madame votre femme . Je vous embrasse tendrement .
Voltaire
Aux Délices, 7 février 1759. »
Pour connaître Jacques Abraham Elie Daniel Clavel de Brenles :
http://www.swisscastles.ch/vaud/chateau/ussieres.html
Amis bloggers, mille tendres respects à mesdames vos femmes
Amies bloggueuses, je vous embrasse tendrement.
17:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, brenles, prêtre, polier, chavannes, imprimeur, berne
Ayant le malheur d’être devenu un homme public

« A Nicolas, heureux époux actuel de Carla, palais de l’Elysée à Paris
J’avais bien raison, Nicolas, quand je te suppliais de vouloir bien arrêter les libelles du sieur Péan ; il s’est joint aux éditions Fayard pour composer ce malheureux libelle diffamatoire qui mérite assurément la punition la plus exemplaire. Ayant le malheur d’être devenu un homme public par mes grandes œuvres et coups médiatiques, je suis obligé de repousser les calomnies publiques .
Péan dans son libelle diffamatoire, cite un autre libelle , dans lequel Omar Bongo dit que j’ai eu une querelle de comédie avec lui et que ce despote m’ a refusé son paiement . Je te demande en grâce, Nicolas, de vouloir bien faire signer par tes camarades le certificat ci-joint . Il m’est absolument nécessaire . Tu vois quelle est la rage des journalistes ; et quelle funeste récompense je recueille de tant de travaux . Mon honneur m’est plus cher que mes écrits, et je me flatte que vous ne me refuserez pas un certificat dans lequel je ne demande que la plus exacte vérité .
Tous ceux qui sont cités dans cet infâme libelle m’en ont donné , c’est la meilleure manière de répondre aux calomnies. Je voudrais bien mériter votre amitié par mes talents, mais je n’en suis digne que par ma reconnaissance . Je te conjure de m’obtenir un certificat qui me fasse honneur, je t’en aurai une obligation infinie .
Nous soussignés instruis qu’il court un libelle diffamatoire également horrible et méprisable, intitulé Le Monde selon K. dans lequel on ose avancer que M. Kouchner a usé de rapines à l’occasion de ses activités de ministre théatral, et dans lequel on fait dire au sieur Omar Bongo que ledit sieur Kouchner a été insulté nous déclarons sur notre honneur tous unanimement, que M. Kouchner en a toujours agi avec nous généreusement à l’occasion de ses garden parties, et que l’affaire prétendue entre lui et un chef d’état démocrate est une calomnie qui n’a pas le moindre fondement etc.
M. Kouchner, irréprochable french doctor honoris causa
A Paris, ce 6 février 2009. »
Ci-dessous, une "charmante" lettre de notre Caliméro du XVIIIème (siècle bien sûr! ) qui m'a servi pour faire le pastiche qui précède. Ah qu'il est bon pour le moral de fréquenter des personnages célèbres qui ont parfois des points communs qui unissent les siècles .

« A Mademoiselle Jeanne –Françoise Quinault , rue d’Anjou faubourg Saint Antoine à Paris
J’avais bien raison, Mademoiselle, quand je vous suppliais de vouloir bien arrêter les libelles du sieur de Merville [ Guyot de Merville qui « farcit ses préfaces d’injures inutiles » ] ; il s’est joint à l’abbé Desfontaines pour composer ce malheureux libelle diffamatoire [ La Voltairomanie ] qui mérite assurément la punition la plus exemplaire. Ayant le malheur d’être devenu un homme public par mes ouvrages, je suis obligé de repousser les calomnies publiques .
L’abbé Desfontaines dans son libelle diffamatoire, cite un autre libelle du sieur de Saint Hyacinthe [ L’Apothéose ou la déification d’Aristarchus] , dans lequel ce Saint Hyacinthe dit que j’ai eu une querelle à la Comédie avec un officier nommé Beauregard, et que cet officier m’insulta en présence d’un acteur . Je vous demande en grâce, Mademoiselle, de vouloir bien faire signer par vos camarades le certificat ci-joint . Il m’est absolument nécessaire . Vous voyez quelle est la rage des gens de lettres ; et quelle funeste récompense je recueille de tant de travaux . Mon honneur m’est plus cher que mes écrits, et je me flatte que vous ne me refuserez pas un certificat dans lequel je ne demande que la plus exacte vérité .
Tous ceux qui sont cités dans cet infâme libelle m’en ont donné , c’est la meilleure manière de répondre aux calomnies. Je voudrais bien mériter votre amitié par mes talents, mais je n’en suis digne que par ma reconnaissance . Je vous conjure de m’obtenir un certificat qui me fasse honneur, je vous en aurai une obligation infinie [ Mlle Quinault ne donnera pas ce certificat et Voltaire lui enverra en remplacement une « lettre ostensible » qui ne la « commet en rien » ].
Nous soussignés instruis qu’il court un libelle diffamatoire également horrible et méprisable, intitulé La Voltairomanie dans lequel on ose avancer que M. de Voltaire a usé de rapines à l’occasion de ses pièces de théatre, et dans lequel on fait dire au sieur de Saint Hyacinthe que ledit sieur de Voltaire a été insulté en notre présence par un officier nous déclarons sur notre honneur tous unanimement [la première version disait « et de notre seule volonté » ], que M. de Voltaire en a toujours agi avec nous généreusement à l’occasion de ses pièces, et que l’affaire prétendue entre lui et un officier est une calomnie qui n’a pas le moindre fondement etc.
Voltaire
A Cirey, ce 6 février 1739. »
Pour connaître Mlle Quinault qui, avouez-le messieurs, a de jolis arguments à faire valoir :http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne-Fran%C3%A7oise_Quinault
12:47 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, kouchner, péan, quinault, public, calomnie

