22/04/2012
on se prépare à de nouveaux opéras en Italie, on va donner de nouvelles comédies à Paris
... Hélas ! trois fois hélas !
Huit sont HS , dont un qui ne le mérite pas !
Il va falloir subir encore deux semaines d'auto-promotion .

« A M. DUPONT,
AVOCAT.
Aux Délices, près de Genève, 3 décembre [1755]
Je reçois dans le moment, mon cher monsieur, une lettre de M. Turckeim, par laquelle il me mande que le sieur Schœpflin a satisfait à sa dette. Je n'ai donc autre chose à faire qu'à vous prier de rengainer, et à vous marquer, comme je pourrai, ma reconnaissance. Nous allons passer l'hiver à Monrion, Mme Denis et moi. Je vous assure que je serais bien tenté de faire un petit tour à Colmar, s'il n'y avait pas de jésuites 1. Je crois qu'il me faudrait auprès d'eux une sauvegarde de Nicolas Ier 2. Dites, je vous prie, à Mme de Klinglin qu'elle m'a joué un tour affreux; elle a été à Saint-Claude, à six lieues de mes Délices. Si elle m'en avait informé, je serais venu lui faire ma cour; elle sera cause que je ferai un voyage à Colmar.
Sur la nouvelle de l'anéantissement du Portugal, on se prépare à de nouveaux opéras en Italie, on va donner de nouvelles comédies à Paris, et on y fait une loterie de trente millions 3. Je vous souhaite le trentième, mon cher ami. »
2 Voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/04/20/si-j-etais-plus-jeune-et-si-j-aimais-encore-la-poesie-je-ser.html
20:17 | Lien permanent | Commentaires (0)
Adieu, monsieur adieu, homme aimable et essentiel
... Ou soi-disant tel !
Le poids des urnes a cassé tes ficelles .
Disparais comme prévu,
Nous t'avons assez vu,
Entendu, supporté, payé .
Ta retraite monnayée,
A la baisse tu vas compter .
Adieu, homme désagréable ,
Essentiellement remplaçable !

A cette heure-ci, 18h, la TSR donne Hollande devant Sarkozy, et Le Pen ; ce n'est pas le résultat idéal à mes souhaits, mais Bayrou , hélas "homme agréable" n'a pas l'heur de plaire au moment du vote .
« A M. POLIER DE BOTTENS.
Aux Délices, 2 décembre [1745]
Mme Denis, mon cher monsieur, est revenue enchantée de vous, et pénétrée de la bonté de votre cœur. Elle ne me parle que de vous et de notre cher ami M. de Brenles. Il n'y a ni maladie, ni ordonnance du docteur Tronchin qui tienne, il faut venir à Monrion se mettre entre les mains du docteur Tissot 1 dussé-je être disséqué comme mon pauvre ami Giez. Je compte écrire à M. de Brenles, en vous écrivant je m'imagine que vous êtes assez heureux l'un et l'autre pour vous voir tous les jours. Quand pourrai-je en faire autant, et venir enfin dans la petite retraite où mon cœur m'appelait depuis si longtemps ?
Croyez-vous qu'on imagine à Genève qu'il y a eu un tremblement de terre en France 2 comme en Portugal, parce que le courrier des lettres a manqué aujourd'hui ? Dieu nous en préserve! les Alpes sont un bon contre-poids aux secousses, elles sont en tous sens l'asile du repos.
Les protestants sauvés à Lisbonne, et l'Inquisition engloutie, ne sont pas l'effet des prières de saint Dominique. Adieu, monsieur adieu, homme aimable et essentiel, jusqu'au moment où je pourrai vous renouveler, à M. de Brenles et à vous, mes deux parrains dans ma régénération de pays de Vaud, combien je vous aime et vous respecte.
V. »
1 Né le 20 mars 1728, au village de Grancy, entre Lausanne et le Jura, d'un père qui était commissaire-arpenteur. Ce célèbre médecin acheta Monrion vers 1774; ce fut lui qui y fit construire l'escalier à double rampe formant une espèce de terrasse du côté du lac. Voltaire adressa plus tard quelques lettres à Tissot, mais elles sont restées inconnues jusqu'à présent (1885).
Voir une note de la lettre du 7 janvier 1755 à de Brenles : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/11/04/je-n-aurais-pas-celui-le-credit-d-obtenir-une-place-de-balay.html
2 Le tremblement de terre du 1er novembre 1755 s'est fait ressentir sur quelques points de la France. Il a déplacé l'une des sources des eaux thermales de Néris dans le Bourbonnais (aujourd'hui département de l'Allier). (Beuchot.)
http://artia.over-blog.com/article-neris-les-bains-58713913.html
18:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
Le Tout est bien et l'optimisme en ont dans l'aile
... Place au réalisme des urnes !

http://www.guilimaux.com/article-jour-j-aux-urnes-c...
« A M. DUPONT,
AVOCAT.
Aux Délices, 2 décembre [1755]
Mon cher ami, on ne parle plus que de tremblements de terre; on s'imagine à Genève que Lyon est englouti, parce que le courrier des lettres manqua hier. S'il n'y a point eu de tremblement à Strasbourg et à Colmar, je vous prie de me faire payer de Schœpflin 1. C'est un mauvais plaisant; je vous jure que je n'ai pas entendu parler de lui; il est juste qu'il entende parler de vous, à moins qu'il n'ait payé à M. Turckeim de Strasbourg. Mais M. Turckeim ne m'a point écrit. Vraiment oui, Jeanne d'Arc est imprimée, elle est partout. La pauvre diablesse est horriblement défigurée. Les Anglais, les Chapelain 2, les libraires, et moi, nous avons bien maltraité Jeanne. On prend fort bien la chose à Paris et en Suisse, mais les faquins de libraires ont très-mal pris leur temps. Ce n'était pas le temps de rire, quand la moitié d'un royaume est engloutie sous la terre, et que chacun tremble dans son lit. Le Tout est bien et l'optimisme en ont dans l'aile. Je présente mes respects à M. et à Mme de Klinglin.
Comment se porte Mme Dupont? Ma nièce et moi nous sommes à vous.
V. »
1 Voir lettre du 11 novembre à Dupont : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/04/17/vous-savez-que-je-lui-ai-prete-pour-deux-ans-10-000-livres-s.html
2 Caux de Cappeval, qui donna, en 1772, une traduction en vers latins de la Henriade, avait proposé par souscription, en 1757, une nouvelle édition de la Pucelle de Chapelain. Cette nouvelle édition, qui n'a point été faite, eut compris les vingt-quatre chants dont les douze derniers sont encore manuscrits.
Les éditions de la Pucelle de Chapelain en quinze, dix-huit et vingt chants, sous les dates de 1755,1756, 1757, 1762, dans le Catalogue La Vallière (2e partie), n°' 15831- 36, sont des éditions du poème de Voltaire. Cette fausse indication a passé dans quelques ouvrages.
15:28 | Lien permanent | Commentaires (0)
C'est le jugement dernier pour ce pays-là, il n'y a manqué que la trompette
... Pour signaler leur ite missa est à huit candidats de la doulce France !
Combien vont regretter ces quelques semaines de mise ?
Trompettes de la renommée, vous pouvez retrouver le silence , ce n'est pas trop tôt !
http://www.youtube.com/watch?v=u3euv5jralU

« A M. PALISSOT 1
Aux Délices, près de Genève, 1er décembre. [1755]
On ne peut vous connaître, monsieur, sans s'intéresser vivement à vous. J'ai appris votre maladie avec un véritable chagrin. Je n'ai pas besoin du
Non ignara mali, miseris succurrere disco, 2 Virgile., Eneïde., I, v. 630
pour être touché de ce que vous avez souffert. Je suis beaucoup plus languissant que vous ne m'avez vu, et je n'ai pas même la force de vous écrire de ma main. Si vous écrivez à Mme la comtesse de La Marck,3 je vous supplie de lui dire combien je suis touché de l'honneur de son souvenir; je le préfère à ma belle situation et à la vue du lac et du Rhône. Ayez la bonté, je vous en prie, de lui présenter mon profond respect.
On ne sait que trop, à Genève, le désastre de Lisbonne et du Portugal. Plusieurs familles de négociants y sont intéressées. Il ne reste pas actuellement une maison dans Lisbonne; tout est englouti ou embrasé. Vingt villes ont péri, Cadix a été quelques moments submergé par la mer; la petite ville de Conil, à quelques lieues de Cadix, détruite de fond en comble. C'est le jugement dernier pour ce pays-là, il n'y a manqué que la trompette. A l'égard des Anglais, ils y gagneront plus à la longue qu'ils n'y perdront; ils vendront chèrement tout ce qui sera nécessaire pour le rétablissement du Portugal.
Je n'ai point de nouvelles de M. Patu, votre compagnon de voyage. Il m'a paru fort aimable, et digne d'être votre ami. J'espère que vous ne m'oublierez pas quand vous le verrez, ou quand vous lui écrirez. Mme Denis sera très-sensible à votre souvenir. Elle est actuellement à ma petite cabane de Monrion, auprès de Lausanne, où elle fait tout ajuster pour m'y établir l'hiver, en cas que mes maladies m'en laissent la force. Si jamais vous repassiez près de notre lac, j'aurais l'honneur de vous recevoir un peu mieux que je n'ai fait. Nous commençons à être arrangés. M. de Gauffecourt 4 est ici depuis quelques jours, je crois que vous l'avez vu à Lyon. Il fait pour le sel à peu près ce que vous faites pour le tabac; mais il ne fait pas de beaux vers comme vous.
J'ai l'honneur, etc. »
1 Charles Palissot, né à Nancy le 3 janvier 1730, est mort à Paris le 15 juin 1814. Sa comédie des Philosophes, en 1760, et sa Dunciade, en 1764, lui valurent quelque célébrité et beaucoup d'ennemis. A l'occasion de ses Philosophes, il eut une correspondance avec Voltaire. Il avait fait imprimer, en 1763, son Théâtre et Ouvres diverses, en trois volumes. Plusieurs autres éditions de ses Oeuvres ont été données en divers formats. La dernière édition est de 1809, en six volumes in-8°. Palissot a donné une édition des Ouvres (choisies) de Voltaire, en cinquante- cinq volumes in-8°. S'il n'était que sévère envers les éditeurs de Kehl, on pourrait l'excuser; mais il est injuste envers eux, et, ce qui est pis encore, il manque de bonne foi. Ainsi plus d'une fois il leur reproche amèrement des fautes qu'il se vante de corriger et il ne fait qu'exécuter les corrections indiquées dans l'errata de Kehl. Au total, malgré son goût et son esprit, il n'a pas été bon éditeur de Voltaire. (Beuchot.)
3 Marie-Anne-Françoise de Noailles, comtesse de La Marck , une des soeurs du duc d'Aïen, Louis de Noailles . Elle a entre les mains un manuscrit de La Pucelle, comme de nombreux amis et connaissances de V*.
4 Voir : http://www.geneanet.org/archives/ouvrages/index.php?action=detail&livre_id=411186&page=32&book_type=livre&name=GAUFFECOURT&tk=4d8ba6f57ce6e6ab
« Au milieu du XVIIIe siècle, au mois d'octobre 1754, une publicité scandaleuse pour les Valaisans commence à la suite des remarques quel'Encyclopédie fournit pour expliquer le terme crétin:«On donne ce nom à une espèce d'hommes qui naissent dans le Valais en assez grande quantité, et surtout à Sion leur capitale. Ils sont sourds, muets, imbéciles, presque insensibles aux coups, et portent des goitres pendants jusqu'à la ceinture; assez bonnes gens d'ailleurs, ils sont incapables d'idées, et n'ont qu'une sorte d'attrait assez violent pour les plaisirs des sens de toute espèce, et leur imbécillité les empêche d'y voir aucun crimecomtesse de La Marck . La simplicité des peuples du Valais leur fait regarder les Crétins comme des anges tutélaires des familles...»
Victor Capperonnier de Gauffecourt, secrétaire du résident de France à Genève et directeur des fournitures de sel pour le Valais, déplore la bourde des rédacteurs car ses «chers Valaisans s'en sont extrêmement formalisés» . Un
rectificatif paru au printemps 1756, en tête du tome VI de l' Encyclopédie, ne dissipe pas l'image désavantageuse de notre population. Les trompettes de la renommée ne sonnent heureusement pas toutes à l'unisson. »
15:12 | Lien permanent | Commentaires (0)

