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29/08/2016

Je donne quelquefois des coups de pieds dans le ventre à Corneille, l'encensoir à la main, mais je serai plus poli

... Oui, messieurs et mesdames les politiciens restez polis, démolissez à votre gré vos chefs de partis sous couvert d'admiration et de respect mutuel .

 

Comme c'est beau et touchant un homme qui pense !

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« A Pierre-Joseph Thoulier d'Olivet

16è septembre 1761, Ferney

Je vous envoie, mon très cher maitre, ma lettre du 20è august, à laquelle j'ai ajouté des détails nécessaires, qui tiendront lieu d'un programme, que je n’aime point . Envoyez-moi quatre lignes en réponse, et faites imprimer le tout au moyen de frère Thieriot .

Je vous réitère que j'ai déjà mandé à notre secrétaire perpétuel, que je vous envoie mes ébauches, et que je travaillerai à tête reposée sur les observations que l'Académie veut bien mettre en marge . Je donne quelquefois des coups de pieds dans le ventre à Corneille, l'encensoir à la main, mais je serai plus poli .

Vous souvenez-vous de Cinna ? C'est le chef-d’œuvre de l'esprit humain, mais je persiste toujours, non seulement à croire, mais à sentir vivement qu'il fallait que Cinna eût des remords , immédiatement après la belle délibération d'Auguste . J'étais indigné, dès l'âge de vingt ans, de voir Cinna confier à Maxime qu'il avait conseillé à Auguste de retenir l'empire pour avoir une raison de ne plus l'assassiner . Non, il n'est pas dans le cœur humain qu'on ait des remords après s'être affermi dans cette horrible hypocrisie . Non, vous dis-je, je ne puis approuver que Cinna soit à la fois infâme et en contradiction avec lui-même . Qu’en pense M. Duclos ? Moi je dis tout ce que je pense, sauf à me corriger . Vale .

V. »

 

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