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05/03/2017

les modes changent en France : c’était autrefois la mode de faire des campagnes glorieuses, d’être le modèle des autres nations

... Autrefois , oui !

Maintenant , c'est une autre affaire, ou plus exactement, d'autres affaires qui remplacent les orchestres symphoniques par des batteries de casseroles, ce qui est beaucoup moins euphonique mais plus approprié .

Je pense que vous avez bien saisi qu'il s'agit de campagne électorale, et non de campagne militaire, on fait couler de l'encre, pas du sang, il n'y aura pas de morts au champ d'honneur, l'honneur n'étant plus de mise depuis que la légalité tient lieu de seul argument pour camoufler des bassesses .

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 Et vive la Belgie une et indivisible !

 

 

« A Henri Lambert d'Herbigny, marquis de Thibouville

rue des Saints-Pères

à Paris

Vous mandez, mon cher marquis, à ma nièce que ma lettre était bien extraordinaire 1; mais comme dans ce temps-là il se passait des choses beaucoup plus extraordinaires dans votre infâme ville de Paris, ma lettre était très sage. Certain discours 2 prononcé contre les encyclopédistes, certaines cabales, certaines persécutions, sont des orages auxquels un homme de mon âge ne doit pas s’exposer. La personne 3 dont vous parlez dans votre lettre à madame Denis ne peut pas, ou du moins ne doit pas, dire qu’elle a vu ce qu’elle n’a jamais vu. Ce serait une très grande infidélité et un crime dans la société d’accuser un homme dont on doit être très content, et de l’accuser après avoir eu sa confiance. Mais ce serait dans ce cas-ci un mensonge affreux. Ce que je vous dis est très exact, très vrai, et la personne en question n’a rien vu ni rien pu voir.

Au reste, les modes changent en France : c’était autrefois la mode de faire des campagnes glorieuses, d’être le modèle des autres nations, d’exceller dans les beaux-arts : aujourd’hui on ne connaît plus que des querelles pour un hôpital 4, des cabriolets, des fêtes de catins sur les remparts 5, et des  persécutions contre des hommes sages et retirés. Si je ne suis pas sage, je suis au moins très retiré, et je ne veux pas donner lieu à des pédants de troubler ma retraite. Croyez que je suis instruit de bien des choses, et que j’ai dû écrire de façon à dérouter les curieux qui se trouvent sur les chemins ; mais croyez surtout que je vous aimerai toujours. Madame Denis vous en dira davantage ; mais elle ne vous est pas plus attachée que moi.

28 mars [1762]. »

1 On ne connait pas cette lettre qui peut être n'est pas récente .

2 Certainement le discours de Lefranc de Pompignan dont il a été souvent question , ou le réquisitoire d'Omer Joly de Fleury .

3 Nous ne savons pas de qui parle V* ici ; (Georges Avenel)

4 Voir l'Histoire du Parlement, chap. LXV (Georges Avenel ) . Voir lettre du 15 décembre 1760 à J. R. Tronchin :

et lettre du 13 août 1760 à d'Alembert et voir : Voir la Lettre de M. l'archevêque de Lyon [Antoine de Malvin de Montazet] primat de France, à M. l'archevêque de Paris, 1760 . Cette brochure traite de l'affaire des religieuses hospitalières du faubourg Saint-Martin-d’Hères, dont on reparlera  .

5 Les remparts , très larges vers la porte Saint-Antoine étaient des lieux de promenade et de distractions ; des boulevards furent tracés plus tard sur leur emplacement .

 

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