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07/08/2018

il n’est pas permis de tromper ainsi le public.

... Ce qui n'est pas le reproche qu'on peut faire à ces deux enflures (au sens premier) que sont Booba et Kaaris, roquets qui bavent l'un sur l'autre publiquement depuis assez / trop longtemps  ; qu'ils remercient les juges de les avoir mis à l'ombre en ce temps de canicule (temps de chien justement ) . Il en est qui aiment leurs chansons [sic] et leurs personnes, tous les goûts sont dans la nature, y compris le mauvais .

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Match de nuls !

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental

O mes anges ! après avoir beaucoup écrit de ma main, je ne peux plus écrire de ma main. Je ne m’aviserai pas de vous envoyer corrections, additions, pour la tragédie de mes roués [Octave ou le Triumvirat]. Une autre farce vient à la traverse. On prétend que notre ami Fréron, très attaché à l’Ancien testament, a fait imprimer la facétie de Saül et David qui est dans le goût anglais, et qui ne me parait pas trop faite pour le théâtre de Paris [Le relieur Pierre Hallé , qui avait été condamné en 1757 « au caveau et banni pour trois ans pour avoir imprimé des ouvrages impies et scandaleux » a été emprisonné le 8 août pour avoir eu 62 copies « de la tragédie du Saül par Voltaire ; il sera relâché le 30 octobre 1763 .»]. Ce scélérat, plus méchant qu’Achitophel [Achitophel, conseiller du roi David, complota avec Absalon , fils de David, révolté ; il conseilla à celui-ci d'abuser des femmes de son père et autres mauvais conseils ; Absalon ne les suivit pas . Achitophel se pendit de dépit .] a mis bravement mon nom à la tête ; c’est du gibier pour Omer [Omer Joly de Fleury, procureur général du Parlement de Paris]. Je n’y sais autre chose que de prévenir Omer, et de présenter requête, s’il veut faire réquisitoire. Je me joins d’esprit et de cœur à Messieurs, en cas qu’ils veuillent poser sur le réchaud Saül et David, au pied de l’escalier du May [c’est là qu’on brulait les livres condamnés à la requête d’Omer] ; voir Conversation de M. l'intendant des menus en exercice avec M. l'abbé Grizel .] C’étaient, je vous jure, deux grands polissons que ce Saül et David, et il faut avouer que leur histoire et celle des voleurs de grand chemin se ressemblent parfaitement. Maitre Omer est tout à fait digne de ces temps là. Quoi qu’il en soit, je déshérite mon neveu le conseiller au parlement [D’Hornoy, fils de Mme de Fontaine, devenue Marquise de Florian, à qui V* écrit la veille : « Il est important pour votre salut que votre oncle ne soit pas excommunié, attendu qu’étant mon héritier vous seriez damné aussi par le troisième concile de Latran. ». V* avait fermement insisté pour qu’il devint conseiller.], s’il n’instrumente pas pour moi dans cette affaire, en cas qu’il faille instrumenter.

Je lui donne tous pouvoirs par les présentes ; et mes anges sont toujours le premier tribunal auquel je m’adresse.

Je vous supplie donc d’envoyer chercher aux plaids mon gros neveu, et de l’assurer de ma malédiction s’il ne se démène pas dans cette affaire.

De plus, j’envoie à frère Damilaville un petit avertissement pour mettre dans les papiers publics, conçu en ces termes :

« Ayant appris qu’on débite à Paris sous mon nom, et sous le titre de Genève [à Damilaville : « S’il y avait une étincelle de justice dans messieurs de la justice, ils verraient bien que l’affectation de mettre mon nom à la tête de cet ouvrage est une preuve que je n’en suis point l’éditeur, ils verraient que le titre qui porte Genève est encore une preuve qu’il n’a pas été imprimé à Genève. »], je ne sais quelle farce, intitulée Saül et David, je suis obligé de déclarer que l’éditeur calomnieux de cette farce abuse de mon nom, qu’on ne connait point à Genève cette rhapsodie, qu’un tel abus n’y serait pas toléré, et qu’il n’est pas permis de tromper ainsi le public. »

Nul ange n’a jamais eu depuis le démon de Socrate un si importun client ; tantôt tragédies, tantôt farces, tantôt Omer, je ne finis point, je mets la patience de mes anges à l’épreuve. Si l’affaire est sérieuse, je les supplie d’envoyer chercher mon gros cochon de [ces trois mots rayés sur la copie Beaumarchais manquent aussi das les éditions suivantes ] neveu, sinon mes anges jetteront au feu la lettre qui est pour lui ; en tout cas, je crois qu’il sera bon que frère Damilaville fasse mettre dans les papiers publics le petit avertissement daté de la sainte ville de Genève. Il faut être bien méchant pour avoir mis mon nom là. Mes méchancetés à moi, se terminent au Pauvre Diable, au Russe à Paris, aux Pompignades, aux Bertiades [Pamphlets contre Lefranc de Pompignan et contre Berthier], à L’Écossaise ; mais aller au criminel ! ah fi !

Respect et tendresse au bout de vos ailes.

V.

Et M. le duc de Praslin a-t-il gagné son procès pour la Gazette littéraire ? [ Post scriptum rayé aussi sur la copie Beaumarchais . V* se réjouira du gain du procès le 1er février 1764, le duc de Choiseul-Praslin s’étant heurté à l’hostilité du Journal des Savants en particulier ]

14è auguste 1763. »

 

 

 

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