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10/12/2019

Si je ne m’étais pas fait une famille aussi considérable que celle à la tête de laquelle je me trouve

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« A Sébastien Dupont, Avocat au Conseil

souverain d'Alsace

à Colmar

20è octobre 1764

Oui, mon cher ami, vous serez avocat de monseigneur le duc de Virtemberg ou je mourrai à la peine . Je ferai plutôt le voyage de Stuttgard. Je vais écrire à M. le comte de Montmartin, que j’ai l’honneur de connaître, et qui m’honore de ses bontés. Monseigneur le duc de Virtemberg et M. l’Électeur palatin ont daigné m’inviter à venir chez eux ; mais, en vérité, j’ai plus d’envie de vous embrasser que de faire ma cour à des princes. Si je ne m’étais pas fait une famille aussi considérable que celle à la tête de laquelle je me trouve ; si je n’avais pas chez moi la nièce de Corneille, son mari et leur fille, et le père Adam, et un architecte et sa femme, et trente ou quarante domestiques de campagne à conduire, et un assez grand terrain à cultiver sans pouvoir trouver de fermier, je vous jure que j’accepterais bien vite votre proposition de m’établir à Montbéliard ; je serais votre voisin, nous philosopherions ensemble.

Présentez, je vous prie, mes respects à M. le premier président et à madame ; embrassez pour moi madame votre femme et vos enfants. Madame Denis vous fait les plus tendres compliments. »

 

 

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