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28/05/2026

son goût et ses connaissances qui faisaient le charme de sa conversation ; ils me rendraient les heures délicieuses

... C'est bien vous Mam'zelle Wagnière dont il s'agit et dont je regrette infiniment le départ . Voltaire, votre ami et le mien, nous unis, je ne le dis pas au passé , vous êtes tous deux vivants pour moi, et chers à mon coeur, sans limite autre que celle de la nature .

 

 

« A Bonomo Algarotti etc. 1

à Venise

Monsieur,

J'irai bientôt trouver monsieur votre frère ; ma vieillesse et mes maladies me font envisager ce moment comme fort prochain . J'ai employé à le regretter tous les jours que la nature m 'a laissés . Votre lettre et ses ouvrages font ma consolation . Je vois que vous partagez le talent qu'il avait d'écrire avec sentiment et avec grâce, et que je dois aux deux frères l'estime infinie que j'avais pour celui que nous avons perdu . Ma reconnaissance et ma consolation seraient parfaites si je pouvais avoir tous ses ouvrages . J'y retrouverais son goût et ses connaissances qui faisaient le charme de sa conversation ; ils me rendraient les heures délicieuses que j'ai passées avec lui .

Je vois par la lettre dont vous m'honorez que je les retrouverais encore plus dans monsieur son frère .

J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois,

monsieur,

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire .

19è novembre 1770 au château de Ferney par Genève . 2»

1 Frère aîné de Francesco Algarotti (1712-1764) . Voir la correspondance des deux frères : https://www.storiaeletteratura.it/catalogo/lettere-a-bonomo-algarotti-i/21216

2Original signé, mention « franco Milano » ( bibliothèque de l'université de Princeton, relié dans un ouvrage de John Doran, A Lady of the last century, 1873 . : https://babel.hathitrust.org/cgi/pt?id=pst.000001680430&seq=15 )

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