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27/05/2026

cela prenait un beau train ; les étrangers venaient peupler ce désert, les maisons se bâtissaient de tous côtés, le commerce, l’abondance, commençaient à vivifier ce petit canton ; un mot a tout perdu

... Car tel est notre bon plaisir !

Nous n'avons plus de roi, mais encore pire : un.e président.e qui peut se vanter d'être l'élu.e du peuple quand l'autre était élu de Dieu . N'oublions pas dans le pouvoir de réussite ou d'échec les élus des élus précédents : les ministres , et les prétendus représentants du peuple : les députés et sénateurs , grands pourvoyeurs de textes pinailleurs, basse-cour de cheffaillons tenus en laisse par leurs partis qui financent leurs campagnes électorales . Tous semblent bien avoir perdu le contact avec la réalité du vivre au jour-le-jour : ce n'est plus notre plaisir .

 

 

« A Jeanne-Louise Pavée de Provenchères de Rochefort d'Ally

A Ferney ce 19 novembre 1770 1

N’ayez donc point, madame, de colique hépatique, si vous ne voulez pas que j’aie le transport au cerveau ; et allez en Bourgogne, puisque vous me donnez l’espérance que je verrai l’une des deux personnes à qui je suis également attaché.

Il est vrai que l’orateur , M. l'avocat général Séguier, dont vous me parlez me vint voir le même jour que M. d’Alembert arriva. S’ils s’étaient rencontrés, la scène aurait été beaucoup plus plaisante ; mais quoiqu’il n’y eût que deux acteurs, elle n’a pas été sans agrément.

Le bout des ciseaux de M. l’abbé Terray a donc coupé aussi votre bourse ? C’est sans doute pour notre bien, puisque c’est pour celui de l’État : nous devons l’en remercier. Je lui ai le double, et au delà, de l’obligation que vous lui avez. Je ne sais pas s’il pourra contribuer à la colonie de Versoix, mais il a furieusement dérangé celle de Ferney. C’est grand dommage, cela prenait un beau train ; les étrangers venaient peupler ce désert, les maisons se bâtissaient de tous côtés, le commerce, l’abondance, commençaient à vivifier ce petit canton ; un mot a tout perdu, et ce mot est : Car tel est notre plaisir 2. Cette catastrophe empoisonne un peu mes derniers jours ; mais il faut se soumettre.

Je vous enverrai dans quelques jours un petit amusement 3. Vivez gaiement, couple heureux et si digne de l’être. Mille respects .
V.»

1Copie par Boissy d'Anglas ; éd. Vie privée. L'original avait été apparemment adressé à Mme de Rochefort à Vandoeuvre , Voir lettre du 30 avril 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/10/04/pour-l-ame-elle-est-je-ne-sais-ou-6565259.html

Voir le texte retenu par Louis Moland, édition Garnier : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8037

2 C’était la formule des ordonnances du roi.

3 L’épître au roi de la Chine .

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