17/02/2015
J'ai fort mauvaise opinion, monsieur, des billets de loterie et des annuités
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« A Ami Camp, banquier
à Lyon
16 février 1760 1
J'ai fort mauvaise opinion, monsieur, des billets de loterie et des annuités ; nous ferons certainement la campagne sur terre, et il est clair que cette campagne ne donnera pas de l'argent à la France ; les Anglais nous auront pris la Martinique, avant d'avoir signé avec nous des préliminaires . Nos billets de loterie ne s'en trouveront pas mieux ; cependant M. Tronchin fera ce qu’il lui plaira . Voici en attendant, une goutte de beaume sur mes blessures . Je vous supplie de m'accuser la réception de ces quatre lettres de change ci-jointes ; si vous pouvez les négocier avantageusement avec des gens qui aiment l'argent, ou qui veulent mettre à la tontine, vous ferez très bien .
Je me souviens toujours du vin et de l'huile que vous avez eu la bonté de me promettre . Il y a un M. de Chazel, fils du procureur du roi à Nîmes , à qui vous avez bien voulu faire passer un ballot de livres . Faites-moi le plaisir de l'instruire de la manière dont vous lui avez fait passer ce ballot qui ne lui est pas encore parvenu .
Est-il vrai qu'un nommé Pontus Bruiset 2, libraire de son métier, est à Pierre-Encise 3 avec un escroc, qui a escroqué, et imprimé les poésies du roi de Prusse, philosophe de Sans-Souci ?
Votre très humble obéissant serviteur.
V. »
1 Le même jour, Labat régla V* : « J'ai reçu de M. de Labat, baron de Grandcour, huit cents livres de France pour solde de tout compte entre nous, le 16 février 1760 . / Voltaire . Voir la lettre du 25 février 1760 à Labat : « J'ai annulé, j'annule tous billets, tout écrit à votre charge, faites-en autant à mon égard . C'est une justice qu'on n'a jamais refusée, et que sans doute vous ne refuserez pas . »
2 La personne arrêtée est Jean-Marie Bruysset et non son associé Pierre Bruysset-Ponthus ; voir lettre du 7 janvier 1760 à Darget : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/01/15/mon-cher-camarade-je-peux-vous-repondre-que-vous-ne-serez-ja-5534290.html
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16/02/2015
Il ne tient certainement qu'à Votre Majesté d’accélérer la paix, et j'espère que vous la ferez
... Redoutable czar Vladimir Poutine ! Vous amputez l'Ukraine, soit, mais faites le paisiblement au lieu de vous comporter en boucher et exciter les fauteurs de trouble des deux camps .

Tout ce qui vient du ciel est béni ! Da !
« A Frédéric II, roi de Prusse
[vers le 15 février 1760] 1
Il ne tient certainement qu'à Votre Majesté d’accélérer la paix, et j'espère que vous la ferez . Le roi d'Angleterre a un trop grand intérêt à voir votre puissance affermie pour ne pas sacrifier la Guadeloupe et de la morue 2 à de si grands objets, et certainement, si on veut s'entendre de part et d'autre et faire de petits sacrifices, la France sera en droit de dire à l'Autriche : nous ne pouvons plus nous épuiser pour un sujet de guerre qui n'existe plus . Nota : « Si la paix n'est pas faite avec l'Angleterre au mois de juin, elle ne se fera plus que par la destruction de trois grands empires ou par celle du roi de Prusse . » ces paroles sacrées sont tirées d'une dépêche à moi, chétif employé ; je les transcris, je les expose à Votre Majesté . Elle trouvera ces paroles profanes, mais elles sont très vraies, et c'est horrible à imaginer . »
1 Éditée dans Politische Correspondenz, d'après une copie en clair d'une dépêche chiffrée du roi de Prusse à Knyphausen, conseiller à la légation de Prusse à Londres, où il était noté que la lettre était parvenue au roi le 29 février, après avoir été transmise le 25 par la duchesse de Saxe-Gotha .
2 Le Canada avec Terre-Neuve .
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