08/03/2017
il avoue qu'il a mal au bout du doigt quand il a la pierre, la goutte et la vérole
... Ce genre d'homme/femme n'existe pas dans le monde politique ; tous/toutes sont victimes : d'attaques injustes, de complots, d'assassinat politique, etc. ; et tous/toutes vivent de leurs baratins , et cancerisent tout .

« A Gabriel Cramer
Voici trois pancartes pour mon cher Gabriel : 1° une lettre de l'intendant de Grenoble, 2° un mémoire des frais en déduction des 25 louis que les enfers rendent à mon cher Gabriel, 3° une lettre que j'ai crue à moi adressée, et qui se trouve vous appartenir . Je ne sais de qui elle est . Elle était dans un gros paquet .
Je prie mon cher Cramer de me renvoyer la lettre de M. l'intendant de Grenoble afin que je lui réponde au plus vite et que je le remercie, lui, et Mme de Montferrat . J’ai été prodigieusement affligé de ne point recevoir de feuille de Médée ce samedi . C'est une bien détestable pièce que cette Médée . Voilà ce que le fade Fontenelle appelle prendre l'essor 1. C'est l'essor des sorcières sur un manche à balai . On enverra incessamment Le Cid mais il faut au préalable mettre après la Médée le jugement de Pierre sur icelle . C'est un bon homme que Pierre, il avoue qu'il a mal au bout du doigt quand il a la pierre, la goutte et la vérole . Bonsoir .
Samedi [mars-avril 1762] »
1 Dans la Vie de Pierre Corneille, Fontenelle dit que le poète « prit tout à coup l'essor dans Médée » . Ce jugement est moins insignifiant que ne le dit V* un peu sèchement .
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07/03/2017
Vous oubliez notre nouveau tome tragique
... et vous votez pour moi " dit le Fanfoué II avec le soutien des finances du LR, ne l'oublions pas . Nous sommes une belle république démocratique censée donner sa chance également à tout citoyen : ô ! la belle égalité quand il faut environ 10 millions d'euros ( au bas mot ) pour mener campagne présidentielle avec quelque chance de succès ! Tout ça pour entendre et voir sur le devant de la scène toujours les mêmes bobines ! La pièce parait interminable autant qu'incompréhensible .

C'est beau la méthode Coué, c'est beau un sénateur qui se dégonfle publiquement (contrairement à ce que l'image peut laisser penser, il trouve in petto que Fillon le gonfle grave ! )
« A Gabriel Cramer
[mars-avril 1762]
Je vous prie Caro de me faire savoir si vous avez reçu par M. Olinshlager, banquier de Francfort, vingt-quatre louis d'or pour la souscription de Mme la duchesse de Gotha .
Vous oubliez notre nouveau tome tragique, mais je ne suis point jaloux de Pierre .
V. »
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les conversations sont à la glace, et les conversations amoureuses sont à l'eau de rose
... Ce qui résume tout à fait les relations fillonistes-sarkozystes du LR .
Pour les conversations amoureuses aussi me demanderez-vous ? Oui, même celles-ci, et ce n'est pas l'inénarrable et superflu Larcher qui peut dire le contraire, amoureux contrarié au moins, faux cul à coup sûr . Et il n'est pas le seul rallié , cocu, et content .
Ah qu'il est bon de vivre de la politique, il faut juste avoir un bon estomac pour avaler les couleuvres, et l'échine assez souple pour baisser la tête en évitant les baffes .

Ce qui reste du LR avec Fillon .
« A Etienne-Noël Damilaville
[vers le 30 mars 1762] 1
J'ai envoyé à mes frères cette petite relation , adressée à M. le duc de Villars 2, qui me vit esquisser Cassandre si vite, lorsqu’il était chez moi . Je prie mon cher frère, de dire au frère Platon, que ce qu'il appelle pantomime 3, je l'ai toujours appelé action . Je n'aime point le terme de pantomime pour la tragédie . J'ai toujours songé autant que j'ai pu à rendre les scènes tragiques pittoresques . Elles le sont dans Mahomet, dans Mérope, dans L'Orphelin de la Chine, surtout dans Tancrède . Mais ici toute la pièce est un tableau continuel . Aussi a-t-elle fait le plus prodigieux effet . Mérope n'en approche pas, quant à l'appareil et à l'action ; et cette action est toujours nécessaire, elle est toujours annoncée par les acteurs mêmes . Je voudrais qu'on perfectionnât ce genre qui est le seul tragique, car les conversations sont à la glace, et les conversations amoureuses sont à l'eau de rose […]»
1 L'édition de Kehl fond cette lettre incomplète dans celle du 4 avril 1762 , elle sera suivie par les éditions .Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-11-122935273.html
2 Voir lettre du 25 mars à de Villars : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/03/02/rendez-vous-a-la-loi-respectez-sa-justice-elle-est-commune-a-5916803.html
3 Voir l'essai De la poésie dramatique, XXI, de Diderot, composé pour servir de préface au Père de Famille . Voir : http://www.wikipoemes.com/poemes/denis-diderot/le-pre-de-famille-et-le-discours-de-la-posie-drama521771816.php
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06/03/2017
Mandez-moi je vous prie, quel est le corps que vous méprisez le plus, je suis empêché à résoudre ce problème
... Si Voltaire hésitait , faute de preuves encore, de même j'hésite à savoir quel camp politique nous expose les plus méprisables candidats ou quels candidats s'imposent et prennent en otage leurs partis .
S'il est une seule chose à retenir de cette campagne présidentielle calamiteuse, c'est un moment de vraie volonté de bien faire donnée par Alain Juppé ce jour . Il est regrettable que des élections primaires vaseuses en aient décidé autrement . E la nave va ! comme dit Fellini , en attendant le naufrage .

Alain Juppé ne laisse aucun doute sur son choix et respecte sa parole , lui .
« A Jean Le Rond d'Alembert
A Ferney 29 mars 1762 1
Mon cher et grand philosophe, vous avez donc lu cet impertinent petit libelle 2 d'un impertinent petit prêtre 3 qui était venu souvent aux Délices et à qui nous avions daigné faire trop bonne chère . Le sot libelle de ce misérable était si méprisé, si inconnu à Genève que je ne vous en avais point parlé . Je viens de lire dans le Journal encyclopédique 4 un article où l'on fait l'honneur à ce croquant de relever son infamie . Vous voyez que les presbytériens ne valent pas mieux que les jésuites, et que ceux-ci ne sont pas plus dignes du carcan que les jansénistes .
Vous aviez fait à la ville de Genève un honneur qu’elle ne méritait pas . Je ne me suis vengé qu'en amusant ses citoyens . On joua Cassandre ces jours passés sur mon théâtre de Ferney, non le Cassandre que vous avez vu croquis 5, mais celui dont j'ai fait un tableau suivant votre goût . Les ministres n'ont pas osé y aller, mais ils y ont envoyé leurs filles . J'ai vu pleurer Genevois et Genevoises pendant cinq actes , et je n’ai jamais vu pièce si bien jouée, et puis un souper pour deux cents spectateurs, et puis le bal . C'est ainsi que je me suis vengé .
On venait de pendre un de leurs prédicants à Toulouse, cela les rendait plus doux, mais on vient de rouer un de leurs frères accusé d'avoir pendu son fils en haine de notre sainte religion pour laquelle ce bon père soupçonnait dans son fils un secret penchant . La ville de Toulouse, beaucoup plus sotte et plus fanatique que Genève, prit ce jeune pendu pour un martyr . On ne s'avisa pas d'examiner s'il s’était pendu lui-même, comme la chose est très vraisemblable . On l'enterra pompeusement dans la cathédrale, une partie du parlement assista pieds nus à la cérémonie, on invoqua le nouveau saint, après quoi la Chambre criminelle fit rouer le père à la pluralité de huit voix contre cinq . Ce jugement était d'autant plus chrétien qu'il n'y avait aucune preuve contre le roué . Ce roué était un bon bourgeois, bon père de famille, ayant cinq enfants en comptant le pendu . Il a pleuré son fils en mourant, il a protesté de son innocence sous les coups de barre . Il a cité le parlement au jugement de Dieu . Tous nos cantons hérétiques jettent les hauts cris, tous disent que nous somme une nation aussi barbare que frivole, qui sait rouer et qui ne sait pas combattre et qui passe de la Saint-Barthélémy à l’opéra-comique . Nous devenons l'horreur et le mépris de l'Europe . J'en suis fâché car nous étions faits pour être aimables .
Je vous promets de n'aller ni à Genève ni à Toulouse . On n'est bien que chez soi .
Pour l'amour de Dieu, rendez-moi aussi exécrable que vous le pourrez le fanatisme qui a fait pendre un fils par son père, ou qui a fait rouer un innocent par huit conseillers du roi .
Mandez-moi je vous prie, quel est le corps que vous méprisez le plus, je suis empêché à résoudre ce problème .
Interim vous savez combien je vous aime, estime et révère . »
1Edition « Lettre de M. de Voltaire à M. d'Alembert à l'occasion d'une brochure intitulée Lettre critique d'un voyageur anglais sur l'article « Genève » du Dictionnaire encyclopédique et sur la lettre de M. d'Alembert à M. Rousseau » , publiées avec une préface par R. Brown, ministre anglais à Utrecht » , Bibliothèque des sciences et des beaux-arts, La Haye, 1762, qui date à tort du 24 mars .Voir : https://books.google.fr/books?id=0rVaTV3TwyEC&pg=PA210&lpg=PA210&dq=Lettre+de+M.+de+Voltaire+%C3%A0+M.+d%27Alembert+%C3%A0+l%27occasion+d%27une+brochure+intitul%C3%A9e+Lettre+critique+d%27un+voyageur+anglais+sur+l%27article+%C2%AB%C2%A0Gen%C3%A8ve%C2%A0%C2%BB+du+Dictionnaire+encyclop%C3%A9dique+et+sur+la+lettre+de+M.+d%27Alembert+%C3%A0+M.+Rousseau&source=bl&ots=A2EwNHFJk4&sig=db02NY3XoZ9VrUQC7_hkwhUREX0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwifsOGkxsHSAhUJ1RQKHfnYCF0Q6AEIHDAA#v=onepage&q=Lettre%20de%20M.%20de%20Voltaire%20%C3%A0%20M.%20d%27Alembert%20%C3%A0%20l%27occasion%20d%27une%20brochure%20intitul%C3%A9e%20Lettre%20critique%20d%27un%20voyageur%20anglais%20sur%20l%27article%20%C2%AB%C2%A0Gen%C3%A8ve%C2%A0%C2%BB%20du%20Dictionnaire%20encyclop%C3%A9dique%20et%20sur%20la%20lettre%20de%20M.%20d%27Alembert%20%C3%A0%20M.%20Rousseau&f=false
2 Cet « impertinent petit libelle » était les Lettres critiques décrites dans la note ci-dessus . Il était en réalité l’œuvre de J.-J. Vernet, 1761 .
3 Pour V*, le « petit prêtre » était Robert Brown qui avait signé la préface ; c'est à lui qu'il continua d'attribuer l'ouvrage jusqu'à la troisième édition de 1766 ; voir Eugène Ritter : « Voltaire et le pasteur Brown », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, mars-avril 1904 : https://www.jstor.org/stable/i24286668
4 Un compte rendu de l'ouvrage de Vernet avait paru dans le Journal encyclopédique, Bouillon, 15mars 1762 . Voir page 73 : https://books.google.fr/books?id=fctgAAAAcAAJ&pg=PA1&lpg=PA1&dq=Journal+encyclop%C3%A9dique,+Bouillon,+15mars+1762&source=bl&ots=tV8YHWhFBL&sig=2AJb3KLgzQswyzVa8fjHKG2CL8g&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwibz56L-MHSAhXGvRoKHQZeDLQQ6AEIHzAB#v=onepage&q=lettres%20critiques&f=false
5 L'emploi de ce mot est récent en ce sens : il date seulement de 1752, d'après le Französisches etymologisches Wörterbuch de W. von Wartburg, 1946 .
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