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03/04/2025

Je me tais quand je n’ai rien à dire

... M. Bayrou le "troublé" de service, que n'appliquez-vous cette sage attitude au lieu de débiter encore une ânerie supplémentaire à une trop longue liste en si peu de temps de premier ministre . C'est inadmissible . Est-ce un signe de lâcheté face au RN qui peut vous faire disparaitre facilement ? Je le crois . On vous garde alors que Michel Barnier s'est fait jeter sans avoir fait autant de boeufferies  .

A suivre : https://www.lopinion.fr/politique/condamnation-de-marine-le-pen-francois-bayrou-trouble-son-propre-camp-en-desaccord

 

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

18è septembre 1769 à Ferney

Je vous écris, monseigneur, quand j’ai quelque chose à mander que je crois valoir la peine de vous importuner. Je me tais quand je n’ai rien à dire, et quand je songe que vous devez recevoir par jour une quarantaine de lettres, je crains de faire la quarante et unième.

Vous me demandez où est la gloire . Je vais vous le dire. Un homme qui revient de Gênes me contait hier qu’il y avait vu un homme de la cour de l’empereur. Cet Allemand, en regardant votre statue, disait : « Voilà le seul Français qui, depuis le maréchal de Villars, ait mérité une grande réputation. » Un pareil discours est quelque chose. Ce seigneur allemand ne se doutait pas que vous le sauriez par moi.

Vous m’accusez toujours d’avoir une confiance aveugle en certaines personnes 1. Comment voulez-vous que je consulte des gens qui ont fourré ces vers-ci, de leur cru, dans la tragédie de Tancrède ?

Voyant tomber leur chef les Maures furieux

L'ont accablé de traits dans leur rage cruelle 2

Les comédiens n'ont pas manqué de réciter ces beaux vers du Pont-Neuf . Cependant je respecte une amitié de cinquante années ; et je la respecte si fort que je prie instamment mon héros de me garder le secret 3.

Je ne connais aucun comédien, excepté Lekain. Il y a vingt et un ans que je n’ai vu Paris, et tous les acteurs ont été reçus depuis ce temps-là. J’ai une autre nièce que Mme Denis, qui se mêle aussi de jouer quelquefois la comédie dans son castel. Elle a distribué une ou deux fois de mes rôles. J’ai aussi un neveu conseiller au parlement, qui est sans contredit le meilleur comique des enquêtes. Je voudrais que la grand’chambre ne fit que ce métier-là, tout en irait mieux.

À propos de grand’chambre, vous devez bien voir, monseigneur, par l’énorme brigandage qui régnait dans l’Inde, que ce n’était pas votre ancien protégé Lally qui était coupable. Il y a des choses qui me font saigner le cœur longtemps. Je suis un peu le don Quichotte des malheureux. Je poursuis sans relâche l’affaire des Sirven, qui est toute semblable à celle des Calas, et j’espère en venir à bout dans quelques semaines. Ces petits succès me consolent beaucoup de ce que les sots appellent malheur.

J’ignore toujours si M. le marquis de Chimène ne s’est pas trompé quand il m’a mandé que vous ordonniez qu’on jouât Les Guèbres. Ordonnez ce qu’il vous plaira ; je vous serai sensiblement obligé de tout ce que vous ferez. J’ai la vanité de croire Les Guèbres très dignes de votre protection. Il n’y a qu’un fat de robin 4 qui ait dit que Les Guèbres étaient dangereux ; où a-t-il pris cette impertinente idée ? craint-il qu’on ne se fasse guèbre à Paris ? M. de Sartines est bien loin de penser comme cet animal.

Je me mets aux pieds de mon héros, et je le remercie de toutes ses bontés.

V. »

1 Les d'Argental .

2 V* revient plusieurs fois sur les corrections malheureuses de Tancrède ; voir lettre du 28 octobre 1760 à d'Argental : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1760/Lettre_4316

et du 17 février 1767 à Lekain : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/07/11/j-espere-qu-il-ne-m-arrivera-plus-ce-qui-m-arriva-6391404.html

3 L'édition de Kehl ne garde que la première phrase de tout ce paragraphe . Elle remplace la suite par : Qui voulez-vous que je consulte ? L'ingratitude de V* à l'égard des d'Argental, pour un motif aussi futile a paru peu excusable, à un moment où il les mettait encore à contribution .

02/04/2025

Madame, vous n’êtes plus Mme Gargantua...Vous avez entendu quelquefois parler des tracasseries de cour ...il ne faut vous aborder que les mains pleines de fleurs.

... Oui, Marine, nous sommes quelques uns à être heureux de vous offrir une couronne mortuaire .

Marine Le Pen , n'oubliez pas, le vol est un délit punissable, pas la peine de tortiller du cul pour c... droit, comme on dit : https://www.lecanardenchaine.fr/

Cette politicarde  récolte ce qu'elle a semé, n'en déplaise à sa mémoire sélective : https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/sur-l-ineligibilite-a-vie-marine-le-pen-ne-voit-pas-de-contradiction-avec-ses-declarations-de-2013_248263.html

Merci à Philippe Cavarivière , homme d'esprit qui nous réjouit : https://www.dailymotion.com/video/x9h49h4

et : https://www.dailymotion.com/video/x9h4ahi

 

 

 

« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul

À Ferney 18è septembre 1769

Madame, vous n’êtes plus Mme Gargantua, et je ne m’appelle plus Guillemet 1 ; je n’ai reçu votre joli et vrai soulier qu’après avoir pris la liberté de vous envoyer ma soie : j’ignore si vous avez daigné agréer ce ridicule hommage, mais je sais bien que mes jours ne seront pas filés d’or et de soie si vous persistez à soupçonner que des choses que j’abhorre soient de moi. Vous avez entendu quelquefois parler des tracasseries de cour, des petites calomnies qu’on y débite, des beaux tours qu’on joue ; soyez bien sûre que la république des lettres est précisément dans ce goût. Arlequin disait : Tutto il mondo è fatto come la nostra famiglia 2 et Arlequin avait raison. Je ne vous fatiguerai pas des noirceurs qu’on m’a faites ; mais souvenez-vous de cet écrit 3 dans lequel on insulta, l’année passée, le président Hénault, et une personne très respectable que je ne nomme point 4, la même dont nous me parlez dans votre dernière lettre 5, la même à laquelle vous êtes si attachée, la même qui… Le style de cet ouvrage était brillant et hardi ; on me fit l’honneur de me l’imputer, et bien des gens me l’attribuent encore. Un homme de condition 6 l’avait lu dans la séance publique d’une académie, comme s’il en était l’auteur : il en reçut les compliments, et s’en vanta a moi dans sa lettre : et, pour comble, il a été avéré qu’il n’avait d’autre part à l’ouvrage que celle de l’avoir acheté, et qu’il était très incapable de l’écrire.

Le tour qu’on me fait aujourd’hui est plus méchant ; mais comment croira-t-on que j’aie dit que le roi donna des pensions à tous les conseillers qui jugèrent Damiens, tandis qu’il est de notoriété publique qu’on n’en donna qu’aux deux rapporteurs ? Comment aurais-je pris M. de Bésigny pour le président de Nassigny ? comment aurais-je dit qu’on fit un procès à Damiens, et qu’on perpétra son supplice ? Tout cela est absurde, et aussi impertinent que mal écrit. Un abbé Desfontaines fit autrefois une édition de La Henriade, dans laquelle il inséra des vers contre l’Académie pour m’empêcher d’en être. J’ai une édition de La Pucelle dans laquelle il y a des vers contre le roi et contre Mme de Pompadour ; et ce qu’il y a de pis, c’est que ces vers ne sont pas absolument mauvais. Messieurs les tracassiers de cour ont-ils jamais rien fait de plus noir ? Voilà, madame, ce qui m’a fait quitter la France : ai-je tort ? Je suis très honteux de vous entretenir de ces misères, il ne faut vous aborder que les mains pleines de fleurs.

J’ai vu un petit médecin 7 dont vous avez fait la fortune et la réputation . Je n’avais pas osé vous le recommander ; je lui avais seulement conseillé d’implorer vos bontés, parce que sa requête était juste ; vous avez fait pour lui plus qu’il n’espérait et plus qu’il ne demandait. Voilà comme vous êtes, madame ; la bienfaisance est votre passion dominante . Vous aurez des autels jusque dans le pays barbare que j’habite. Dupuits vous doit tout 8; et moi, que ne vous dois-je point ! Vous m’avez fait connaître tout votre esprit et toute la bonté de votre caractère . Vous m’avez réconcilié avec mon siècle, dont j’avais fort mauvaise opinion.

Je reviens, madame, à votre soulier . On dit que quelque Praxitèle s’est mêlé des proportions de votre figure.

Je n’en crois rien, et je demande
Aux connaisseurs que vous voyez
Comment, avec ces petits pieds,
On peut avoir l’âme si grande !

Daignez recevoir, madame, avec votre bonté ordinaire, le profond respect de votre ancien typographe, et de votre très affligé et très obéissant serviteur

V. »

2 Tout le monde est fait comme notre famille .

3 Sur cet écrit, voir lettre du 13 septembre 1769 à Hénault : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/03/26/m-6491423.html

4 Le roi .

5 Cette lettre date du 27 août 1769 . La duchesse critique encore le second livre de l'Histoire du Parlement de paris et se dit prête à accepter officiellement la thèse selon laquelle il n'est pas de V*.

6 Bélestat .

8 Le 30 janvier 1768 Mme Du Deffand écrit à Walpole qu'elle « avait fait grande connaissance » avec Dupuits ; qu'après avoir passé un mois à Paris, il a obtenu une compagnie de dragons ( Lewis, IV, 18, 20-21. ).

01/04/2025

April fool's day

...

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« A Joseph-Marie Balleidier

Ferney 17 septembre 1769 1

[ Pas de texte disponible .] »

1 Le manuscrit olographe est passé chez Charavay le 28 février 1886 . A cette date, la lettre peut se rapporter aux démêlés du père Adam et de Bigex .