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18/06/2012

avec vérité j'ai abhorré les abus, les querelles et les crimes mais toujours avec la vénération due aux choses sacrées, que les hommes ont si souvent fait servir de prétexte à ces querelles, à ces abus et à ces crimes

 ... A tous les défenseurs des choses "sacrées" ou sacrées choses, je dédie le : Bonhomme bleu marine ! Saurez-vous donner un nom , sans vous tromper à ce bonhomme ?

Vous donnez votre langue au chat ( qui n'est toujours pas végétarien ! ) ?

Vous avez trop d'idées après cette merveilleuse période électorale qui enfin va laisser un peu de temps pour se consacrer aux vraies valeurs , celles du foot, du cyclisme et enfin de l'olympisme à l'anglaise ?

Alors écoutez :

http://www.deezer.com/music/track/7007623

 

choses sacrées.jpg

http://www.wattpad.com/17596-trait%C3%A9-du-pouvoir-du-ma...

 

 

 

 

« A MM. CRAMER frères 1

[mars 1756]

Je ne peux que vous remercier, messieurs, de l'honneur que vous me faites d'imprimer mes ouvrages; mais je n'en ai pas moins de regret de les avoir faits. Plus on avance en âge et en connaissances, plus on doit se repentir d'avoir écrit. Il n'y a presque aucun de mes ouvrages dont je sois content, et il y en a quelques-uns que je voudrais n'avoir jamais faits. Toutes les pièces fugitives que vous avez recueillies étaient des amusements de société qui ne méritaient pas d'être imprimés. J'ai toujours eu d'ailleurs un si grand respect pour le public que, quand j'ai fait imprimer la Henriade et mes tragédies, je n'y ai jamais mis mon nom; je dois, à plus forte raison, n'être point responsable de toutes ces pièces fugitives qui échappent à l'imagination, qui sont consacrées à l'amitié, et qui devaient rester dans les porte-feuilles de ceux pour qui elles ont été faites.
A l'égard de quelques écrits plus sérieux, tout ce que j'ai à vous dire, c'est que je suis né Français et catholique et c'est principalement dans un pays protestant que je dois vous marquer mon zèle pour ma patrie, et mon profond respect pour la religion dans laquelle je suis né, et pour ceux qui sont à la tête de cette religion. Je ne crois pas que dans aucun de mes ouvrages il y ait un seul mot qui démente ces sentiments. J'ai écrit l'histoire avec vérité j'ai abhorré les abus, les querelles et les crimes mais toujours avec la vénération due aux choses sacrées, que les hommes ont si souvent fait servir de prétexte à ces querelles, à ces abus et à ces crimes. Je n'ai jamais écrit en théologien je n'ai été qu'un citoyen zélé, et plus encore un citoyen de l'univers. L'humanité, la candeur, la vérité, m'ont toujours conduit dans la morale et dans l'histoire. S'il se trouvait dans ces écrits quelques expressions répréhensibles, je serais le premier à les condamner et à les réformer.
Au reste, puisque vous avez rassemblé mes ouvrages, c'est- à-dire les fautes que j'ai pu faire, je vous déclare que je n'ai point commis d'autres fautes ; que toutes les pièces qui ne seront point dans votre édition sont supposées, et que c'est à cette seule édition que ceux qui me veulent du mal ou du bien doivent ajouter foi. S'il y a dans ce recueil quelques pièces pour lesquelles le public ait de l'indulgence, je voudrais avoir mérité encore plus cette indulgence par un plus grand travail. S'il y a des choses que le public désapprouve, je les désapprouve encore davantage.
Si quelque chose peut me faire penser que mes faibles ouvrages ne sont pas indignes d'être lus des honnêtes gens, c'est que vous en êtes les éditeurs. L'estime que s'est acquise depuis longtemps votre famille dans une république où règnent l'esprit, la philosophie, et les mœurs, celle dont vous jouissez personnellement, les soins que vous prenez, et votre amitié pour moi, combattent la défiance que j'ai de moi-même. Je suis, etc. »

 

1 Cette lettre est imprimée dans le premier volume des Œuvres de Voltaire, 1756. Elle doit être antérieure au 12 avril, jour où Voltaire écrivait à Thieriot que l'édition était finie depuis quelques jours. (Beuchot)

 

Vous direz, mon cher monsieur, que je suis un étourdi, et vous aurez raison

 ... Diantrement raison . Où sont donc mes clés ? mon permis ? ma tête ? mon portable  ?

Ah ! oui , mon portable que j'ai sans doute enterré en plantant deux pommiers le 30 mars , de profundis toshibus kaput !

Mes clés qui naviguent semble-t-il d'un manière autonome de poches en poches, et que j'ai du mal à suivre .

Mon permis, qui a tout prendre et tout bien réfléchi m'est moins indispensable pour rouler qu'un bon plein d'essence .

Ma tête ! oublions ce détail de mon anatomie !

tete-de-linotte-et-pomme-d-api-3790093.png

Têtes de linottes

http://www.deezer.com/music/track/229984

 http://www.deezer.com/music/track/7007608

 

 

« A M. BERTRAND

à Berne

Aux Délices, 30 mars [1756]

Vous direz, mon cher monsieur, que je suis un étourdi, et vous aurez raison. J'envoyai cette lettre à M. de Seigneux de Correvon 1, magistrat de Lausanne. Je mis son adresse au lieu de la vôtre. J'étais si malade que je ne savais ce que je faisais. M. de Seigneux m'a renvoyé la lettre, sans savoir pour qui elle est. Je vous rends votre bien, c'est-à-dire mes hommages et mon cœur, qui sont certainement à vous de droit.
Vous me mandez, que Mme de Giez 2 vous a montré ce dessus de lettre; c'est pur zèle de sa part. Le cachet était surmonté d'un H: on disait à Lausanne que H voulait dire Haller; mais ce n'est pas le style d'un homme si respectable. On disait qu'il y a d'autres Haller. Tant mieux pour eux, s'ils ressemblent un peu à ce grand homme 3. Mais que ne dit-on pas à Lausanne ?
Je n'entre point dans les tracasseries; je ne suis point de la paroisse. Je vis dans la retraite, je souffre mes maux patiemment. Je reçois de mon mieux ceux qui me font l'honneur de me venir voir. Je vous aime à jamais, et voilà tout.

V. »

1 Gabriel Seigneux, seigneur de Correvon, né à Lausanne vers la fin du XVIIe siècle; auteur de quelques ouvrages utiles, mort en 1776, dans sa ville natale. http://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/745-gabriel-seigneux-de-correvon

2 Veuve du jeune banquier qui permit à V* d'avoir Monrion .

3 Dans la bibliothèque cantonale de Berne, ville natale d'Albert de Haller, est un buste avec cette inscription Le grand Haller. (CL.) Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Albrecht_von_Haller