Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/07/2026

Je chante la palinodie ... je renie Votre président et le mien. À tout le monde il voulait plaire 

... Ainsi jubile Marine Le Pen grâce à son pourvoi en cassation qu'elle veut salvateur . Elle se présente ! Et c'est ainsi que Jordan Bardella voit disparaitre ses espoirs de devenir président de la République . Jamais Marine ne lâchera  , trop orgueilleuse et trop avide pour ça, elle a un père à faire oublier pour être première dans l'Histoire . 

"Je suis dans la plus grande colère" moi aussi quand je l'entends dire que "tout va mal en France" et que grâce à elle tout ira à nouveau bien : FGAN , France Grande A Nouveau, nous avons notre petite Trump à nous, experte en détournement de fonds et discours creux, au programme informe et irréaliste . De surcroit, plus attristant encore, tous ces Français qui font fi de sa malhonnêteté et votent encore pour elle, imbéciles qu'ils sont, lui donnant quitus , à elle qui détourne des millions . "Demain on rase gratis !"  Merci dit la foule des gogos . Le réveil sera pénible .

02-PLANTU-MARINE-TRUMP-US-400-e1479478421562.jpg

https://www.cartooningforpeace.org/editos/france-la-campagne-presidentielle-est-en-marche/

 

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand

16è décembre 1770

Je m’en étais douté , il y a trente ans que son âme n’était que molle, et point du tout sensible 1; qu’il concentrait tout dans sa petite vanité ; qu’il avait l’esprit faible et le cœur dur ; qu’il était content pourvu que la reine trouvât son style meilleur que celui de Moncrif, et que deux femmes se le disputassent  . Mais je ne le disais à personne. Je ne disais pas même que ses Étrennes Mignonnes 2 ont été commencées par Du Molard et faites par l’abbé Boudot.

Je reprends toutes les louanges que je lui ai données.

Je chante la palinodie ;
Sage Du Deffand, je renie
Votre président et le mien.
À tout le monde il voulait plaire ;
Mais ce charlatan n’aimait rien ;
De plus, il disait son bréviaire !

Je voudrais, madame, que vous sussiez ce que c’est que ce bréviaire, ce ramas d’antiennes et de répons en latin de cuisine ! Apparemment que le pauvre homme voulait faire sa cour à Dieu 3, comme à la reine, par de mauvais vers.

Je suis dans la plus grande colère ; je suis si indigné que je pardonne presque au misérable La Beaumelle d’avoir si maltraité les Étrennes Mignonnes du président 4. Quoi ! ne pas vous laisser la moindre marque d’amitié dans son testament, après vous avoir dit pendant quarante ans qu’il vous aimait ! Sa petite âme ne voulait qu’une réputation viagère. Je suis très persuadé que l’âme noble de votre grand-maman trouvera cela bien infâme.

Vous voulez des vers pour la Bibliothèque bleue 5 ; vous vous adressez très bien. En voici qui sont dignes d’elle :

La belle Maguelonne avec Robert le Diable
Valaient peut-être au moins les romans de nos jours.
Ils parlaient de combats, de plaisirs et d’amours.
Mais tout ce papier bleu, quoique très estimable,
N’est plus regardé qu’en pitié ;
Mon cœur en a senti la cause véritable :
On n’y parle point d’amitié.

N’est-il pas vrai, madame, que nous n’aurons point la guerre ? C’est une obligation que la France aura encore au mari de votre grand-maman 6.

Je veux que vous m’écriviez dorénavant à cœur ouvert : nous n’avons rien à dissimuler 7 ensemble . Mais, quelque chose que vous ayez la bonté de m’écrire, faites contre-signer par votre grand-maman, ou envoyez votre lettre chez M. Marin, secrétaire général de la librairie, rue des Filles-Saint-Thomas, qui me la fera tenir très sûrement ; le tout pour cause. »

1 V* répond à Mme Du Deffand qui lui avait dit du président Hénault : « De ses amis il n'en parle point » : lettre du 9 décembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8115

2 Ce titre d’un almanach qui donnait la liste des souverains de l’Europe désigne ici l’Abrégé chronologique de l’Histoire de France du président.

C'est allusif . Les Étrennes mignonnes étaient un almanach de très petit format qui parut au début du XVIIIè siècle jusqu'au milieu du XIXè et contenant des informations du genre « État de la France » ou « Almanach des Goths » . V* désigne l'Abrégé chronologique de l’Histoire de France du président Hénault qui se présente en effet comme un recueil d'almanachs annuels.

3 Cette épigramme confirme un mot que Dupan prête à V* , dans une lettre du 4 février 1771 : « On a écrit à Voltaire que la mort du président avait été d'un véritable dévot .» Sur quoi V* a répondu : « Sans doute que dans ses derniers moments il regardait Jésus-Christ comme un homme en place . »

4 Dans l’Examen critique de la nouvelle Histoire de Henri IV .

Voir la lettre du 13 septembre 1768 à Hénault : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/03/26/m-6491423.html

L'indignation qu'y manifestait V* était donc, on le voit maintenant, toute factice .

5 On appelle ainsi la réunion des romans intitulés Histoire de Pierre de Provence et de la belle Maguelonne : Histoire de Robert le Diable ; Histoire des quatre fils Aymon ; Histoire de la belle Hélène, Huon de Bordeaux, etc.

Voir : https://compagnons-de-maguelone.org/legende-de-la-belle-maguelone-et-de-pierre-de-provence/ ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_le_Diable ; https://blog.paris-libris.com/grasset-eugene-histoire-des-quatre-fils-aymon-tres-nobles-et-tres-vaillans-chevaliers/ ; https://www.historia.fr/societe-religions/patrimoine/la-belle-helene-2061584 ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Huon_de_Bordeaux

etc

6  Ce paragraphe trahit une inquiétude de V* ; voir lettre du 17 décembre 1770 à Séroux d'Agincourt : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8127

7 Voltaire veut sans doute faire allusion à ces vers de Quinault dans Atys, acte I, scène 6, vers 23-24) :

Qui n’a plus qu’un moment à vivre
N’a plus rien à dissimuler.