21/07/2012
ce parlement a tant grêlé sur le persil qu'il ne faut plus qu'il grêle
... Bien dit , Monsieur de Voltaire !
Vous ne pouvez imaginer comme il est difficile pour ses membres de se réformer . Ce n'est pas demain qu'ils renonceront à piler sous de nouvelles lois le citoyen/persil (tant le plat que le frisé ) . Mais c'est sans doute aux calendes grecques que seront discutées et adoptées les révisions à la baisse d'une partie de leurs -trop- confortables revenus :
http://www.20minutes.fr/politique/974465-assemblee-deputes-incapables-reformer-frais-mandat
Droite et gauche, même combat : touche pas à mon pognon !
Messieurs et mesdames les députés, je ne vous salue pas .
Hausse du SMIC = 2% !
2% = ce qui est au dessus de mon degré d'estime pour votre comportement digne de footballers friqués ; vous êtes bien heureux que le "persil" vous rapporte beaucoup d'oseille .
http://www.deezer.com/music/track/990128
« A M. l'abbé de VOISENON. 1
Aux Délices, 24 juillet [1756]
Vraiment, notre grand-aumônier, c'est bien à un vieux Suisse de faire des épithalames 2
Vous êtes prêtre de Cythère;
Consacrez, bénissez, chantez
Tous les nœuds, toutes les beautés
De la maison de La Vallière. 3
Mais, tapi dans vos voluptés,
Vous ne songez qu'à votre affaire.
Vous passez les nuits et les jours
Avec votre grosse bergère;
Et les légitimes amours
Ne sont pas votre ministère.
Mme Denis l'Helvétique se souvient toujours de vous avec grand plaisir, comme elle le doit. J'ai ici une paire de nièces 4 fort aimables, qui égayent ma retraite. Mon lac n'a point de vapeurs, quoi que vous en disiez. J'en ai quelquefois, mon cher abbé; mais si vous étiez jamais capable de venir consulter M. Tronchin, quand vous serez bien épuisé, ce ne serait pas à lui, ce serait à vous que je devrais ma santé car gaieté vaut mieux que médecine. Il est doux d'être retiré du monde, mais encore plus doux de vous voir.
Vous avez fait, mon cher abbé, une action de bon citoyen, de recommander au prône d'un avocat général les infamies de La Beaumelle. Mais ce parlement a tant grêlé sur le persil qu'il ne faut plus qu'il grêle. Une censure de ces messieurs fait seulement acheter un livre. Les libraires devraient les payer pour faire brûler tout ce qu'on imprime. Le public a plus de besoin de gens éclairés, qui fassent voir les grossières impostures dont le livre de La Beaumelle est plein mais il est bien honteux qu'un tel homme ait trouvé de la protection.
Adieu, très-aimable et très-indigne prêtre. Ayez toujours assez de vertu pour aimer de pauvres Suisses qui vous aiment de tout leur cœur. »
1Claude-Henri de Fusée de Voisenon , le « cher ami Greluchon » de V* : http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Henri_de_Fus%C3%A9e_d...
et : http://www.academie-francaise.fr/immortels/base/academici...
2 Les poèmes de la Loi naturelle et du Désastre de Lisbonne, dont une nouvelle édition paraissait depuis la fin de juin.
23:11 | Lien permanent | Commentaires (0)
vous ne doutez pas des sentiments qui m'attachent à vous. Ils sont si vrais que j'ose supprimer les cérémonies.
... Dit le président au général en chef des armées avant de lui annoncer la suppression du défilé du 14 juillet !
Mais là, je crois que je prend mes désirs pour des réalités , et Eva Joly n'est pas près de voir cette (r)évolution de l'esbrouffe républicaine .
Ne faisons plus défiler les fusils mais gardons les bal(le)s !

« A M. le président de RUFFEY 1
Aux Délices, 21 juillet 1756.
Je ne suis qu'un petit prophète, monsieur et vous êtes un vrai poète, cui mens divinior atque os magna sonaturum. Il faut avouer que M. le maréchal de Richelieu doit être plus flatté de vos éloges que de ceux d'un homme qu'on pourrait regarder comme séduit par un attachement de tant d'années. Je crois que M. de La Marche 2 ferait mieux de venir à Genève, au temple d'Esculape, que d'aller dans ses terres de Bresse; si quelqu'un dans le monde est capable de le guérir, c'est M. Tronchin. Ses amis devraient l'engager à prendre ce parti. Il y a moins loin de ses terres à Genève qu'en Languedoc 3.
Il est bien triste de voir un homme aussi estimable dans un si triste état. Adieu, monsieur, les malades comme moi écrivent peu; mais vous ne doutez pas des sentiments qui m'attachent à vous. Ils sont si vrais que j'ose supprimer les cérémonies.
V. »
1 Gilles-Germain-Richard de Ruffey : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Germain_Richard_de_Ruffey
2 Claude-Philippe ( ou Philibert) Fyot de La Marche, ami de V* depuis leurs études au collège Louis le Grand : http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Philippe_Fyot_de_La_Marche
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il y a un peu d'amour- propre à moi de voir que l'Europe vous regarde des mêmes yeux que je vous ai vu depuis plus de vingt ans
... Il y a un peu d'amour-propre à moi de voir que le monde vous regarde des mêmes yeux que je vous ai vu, depuis trop peu d'années je dois l'avouer, -oserais-je paraphraser,- mon cher Voltaire .
Et je vous salue .
Voltaire, par Emile Lambert, Maison Fusier à Ferney-Voltaire
« A M. le maréchal duc de RICHELIEU.
Aux Délices, 16 juillet [1756]
Mon héros et celui de la France, en vertu du petit billet 1 dont vous daignâtes m'honorer après votre bel assaut, j'eus l'honneur de vous dire tout ce que j'en pense, et de vous écrire à Compiègne. Vous allez être assassiné de poèmes et d'odes. Un jésuite de Diécon, un abbé de Dijon, un bel esprit de Toulouse, m'en ont déjà envoyé . Je suis le bureau d'adresses de vos triomphes. On s'adresse à moi comme au vieux secrétaire de votre gloire.
Ce qui me fait le plus de plaisir, c'est une Histoire de la révolution de Gênes, très-sagement écrite et très-exacte, qui paraît depuis peu en italien. On m'en a apporté la traduction en français on vous y rend toute la justice qui vous est due 2. Je vais incessamment la faire imprimer. J'avoue qu'il y a un peu d'amour- propre à moi de voir que l'Europe vous regarde des mêmes yeux que je vous ai vu depuis plus de vingt ans mais, en vérité, il y a cent fois plus d'attachement que de vanité dans mon fait. On dit que M. le duc de Fronsac 3 était fait comme un homme qui vient d'un assaut, quand il a porté la nouvelle. Il était, avec les grâces qu'il tient de vous, orné de toutes celles d'un brûleur de maisons. Il tient cela de vous encore. Demandez à votre écuyer si vous n'aviez pas votre chapeau en clabaud, et si vous n'étiez pas noir comme un diable, et poudreux comme un courrier, à la bataille de Fontenoy.
Je vous importune; pardonnez au bavard. »
2 Voir tome XV, page 275 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411331n/f278.image
3 Louis-Antoine-Sophie de Vignerot du Plessis , fils unique du duc de Richelieu : voir page 353 : http://books.google.fr/books?id=I0sWAAAAYAAJ&pg=PA353&lpg=PA353&dq=duc+de+fronsac+1756+richelieu&source=bl&ots=eNlyTagEft&sig=E9IYuNDYNwLoAxm8FLPUYJBBhrA&hl=fr&sa=X&ei=lp8KUNKXE_C10QXIn8jgCg&ved=0CEwQ6AEwCA#v=onepage&q=duc%20de%20fronsac%201756%20richelieu&f=false
Ce duc, qui avait montré de la valeur au siège de Port-Mahon, venait de recevoir la croix de Saint-Louis pour récompense.
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