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26/09/2013

J'ai attendu que vous fussiez entièrement rétabli

... Ce qui est une grande preuve de tact, tant il est vrai que l'inquiétude de l'entourage d'un malade est néfaste . Voltaire est bien placé pour le savoir, lui le mourant récidiviste .

De plus il sait bien que les soins peuvent être plus redoutables que le mal premier et qu'on peut fort bien mourir de la main du soignant . Ce fait est plus rare de nos jours me direz-vous peut-être ? Pas si rare que ça !

Avez-vous entendu parler des maladies nosocomiales ? Si oui , attendez toujours le rétablissement de votre santé d'abord par la fuite de l'hopital, lieu malsain par excellence,  ensuite, éventuellement par le corps des soignants . Evitez aussi la salle d'attente du médecin, vous y entrez avec un bobo, vous en sortez avec les virus de Ma'me Michu et les bactéries du père Lustucru , généreux donateurs de miasmes, comme on disait jadis .

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« A David-Louis Constant de Rebecque, seigneur d'Hermenches

A Schwetsingen [juillet/août 1758] 1

J'ai appris monsieur , avec les plus tendres alarmes que vous aviez versé autant de sang sous la lancette de Cabanis 2, que vous en voudriez répandre sous les drapeaux d'Orange . J'ai attendu que vous fussiez entièrement rétabli pour vous dire à vous et à madame d'Hermenches combien votre état m'a inquiété . Il me reste la douleur de n'avoir pu présenter à madame votre garde les bouillons qu'elle vous donnait . Je suis au désespoir que vous ayez été mal logé, je vous en demande pardon . J'espère avoir bientôt l'honneur de vous embrasser et de vous renouveler tous les sentiments qui m'attachent à vous pour ma vie .

V. »

1 A la même époque, le 31 juillet 1758, Maupertuis écrivait à Bernouilli, depuis Neuchâtel : « J'irai donc loger chez vous en arrivant quoiqu'il eût été assez plaisant de coucher dans le lit de Voltaire comme il vous le disait . On dit ici qu'il a loué ou revendu sa maison de Suisse, qu'il a obtenu la permission de retourner en France et qu'il y retourne . »

2 Cabanis : médecin de Genève ; voir par ex, page 392. : http://books.google.fr/books?id=QydhAAAAIAAJ&pg=PA392&lpg=PA392&dq=cabanis+m%C3%A9decin&source=bl&ots=XhUmDZuO0r&sig=df4vuT52VVWmB2rNKn2umwX-RuU&hl=fr&sa=X&ei=Jq5EUr3RLajw4gT7xYGYDQ&ved=0CDEQ6AEwADgy#v=onepage&q=cabanis%20m%C3%A9decin&f=false

Plus tard V* aura à se plaindre de ce médecin -chirurgien  de Genève qui tentera de soigner Hyacinthe Daumart, un parent de Voltaire. Le résultat fut pitoyable comme le note cette lettre à David Louis Constant de Rebecques du 5 novembre 1760 : « Le ciseau de Cabanis est encore plus fatal aux mousquetaires du roi qu'aux majors des gardes stadoudériennes. J'ai peur quelquefois que ce ne soit le ciseau d'Atropos. Le plus fier houzard n'aurait pas fait une plus large blessure que le fer de Cabanis. Il y a bientôt six semaines que Daumart a la fièvre, on l'avait pourtant envové aux eaux ; on l'a tailladé, on lui a enfoncé des sondes du genou aux hanches, et il n'en est pas mieux. Les Russes n'ont point traité ainsi les Berlinois. »

 

 

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