Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/05/2016

il faut faire oublier toutes nos médiocrités de ce siècle, en rendant justice aux chefs-d'oeuvre

... L'oubli, le bienheureux oubli  des médiocrités est journalier, sinon comment admettre l'emballement médiatique, -the buzz on the net-, effaçant le buzz précédent tout aussi inepte, en attendant le pire si tant est que ce soit possible .

Chef d'oeuvre :

Non seulement je suis fan de Klimt, mais de plus je trouve ici un double chef-d'oeuvre, la peinture exploitant les folles cicatrices de la guerre, et le génie de Tammam Azzam :

http://www.unpaondemur.com/article9.php

Trouver des chefs-d'oeuvre en ce XXIè siècle, et les faire admirer, voilà qui est bien ardu . Du moins à mes yeux , car aux yeux des critiques professionnels on trouve une palanquée d'oeuvres ad-mi-raaaa-bleueueu, sublaïme ma chérie ! C'est sans doute que mes revenus ne dépendent pas de mon opinion, qui au demeurant, vous intéresse comme mon premier rôt .

 

Chef d'oeuvre vivant ...

... Et pour mon amie Mam'zelle Wagnière, ce lien pour une anecdote sur la Grande Catherine :

http://jeudi.lu/au-musee-de-lermitage-des-chats-tiennent-...

 

 

 

« A Claude-Philippe Fyot de La Marche

Au château de Ferney par Genève

26 juin 1761

Il faut, monsieur, que je vous serve suivant votre goût . Il faut que je prenne la liberté de vous mettre à la tête d'une bonne action qui se fera dans votre Bourgogne .

J'étais à Londres quand on apprit qu'il y avait une fille de Milton qui était dans la dernière pauvreté, et incontinent elle fut riche .

J'ai mis dans ma tête de faire voir aux Anglais que nous savons comme eux honorer les beaux-arts et le sang des grands hommes . J’ai imaginé de faire une magnifique édition des tragédies de Pierre Corneille, avec des notes qui seront peut-être utiles aux étrangers, et même aux Français . Je finirai ma carrière en élevant un monument à mon maître, et en procurant un établissement à sa petite fille . Le profit de l'édition sera pour elle et son père . Je n'ai pas beaucoup de bien libre ; mon malheureux château, et mon église me ruinent, et Dieu seul me saura gré de cette église car l'évêque allobroge ne m'en sait aucun . J'espère que la nation sera un peu plus contente de l'édition de Corneille . C'est presque le seul moyen de laisser à sa descendance une fortune digne d'elle . Toute l'Académie concourt à cette entreprise, et je me flatte que le roi sera à la tête des souscripteurs . Je souscris pour six exemplaires 1, plusieurs académiciens en font autant, d'autres suivront . L'édition sera uniquement pour ceux qui auront souscrit , on ne paiera rien d'avance . Ce sera un monument qui restera dans la famille de chaque souscripteur . Ils permettront qu'on imprime leurs noms, parce que ces noms qui seront les premiers du royaume encourageront les autres . Je demande le vôtre , et celui de monsieur votre fils . M. de Ruffey donnera le sien ; je taxe M. De Brosses à deux exemplaires, à quarante livres pièce, c'est marché donné, pour une terre qu'il m'a vendue un peu chèrement . Nos confrères les académiciens de Paris, qui ont à expier leur asservissement au cardinal de Richelieu, et leur censure du Cid 2, doivent prendre plus d'exemplaires que les autres .

Je ne demande pas que messieurs de Dijon, qui ne sont point coupables, retiennent un aussi grand nombre d'exemplaires ; il suffira d'un ou de deux pour chacun . Je voudrais que l'évêque fût du nombre, l'auteur de Polyeucte le mérite .

Je vous recommande Corneille et son sang . Je finis , car Cinna et Cornélie m'appellent ; il faut faire oublier toutes nos médiocrités de ce siècle, en rendant justice aux chefs-d'oeuvre du siècle de Louis XIV . Permettez-moi la liberté de vous embrasser, et de vous assurer de mon très tendre respect .

Voltaire . »

1 En fait V* souscrivit pour cent exemplaires .

 

Les commentaires sont fermés.