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14/07/2017

Les honnêtes gens éclairés savent bien à quoi s'en tenir sur ces sottises dont on est inondé et dont on est las

... Jusques et y compris les stupidités des déclarations et tweets d'un Donald Trump qui est tout à fait digne de voir le tombeau du ridicule Napoléon Bonaparte Ier, grande gueule et va-t-en guerre comme lui,  et parfaitement indigne de voir ceux des vrai(e)s grand(e)s hommes/femmes de notre histoire , touriste de la pire espèce qu'il nous faut pourtant ménager à contre-coeur .

 Petit exemple du "génie clairvoyant maître du monde et des environs " :Image associée

et celui-ci du plus cultivé président que possède notre globule :

 Image associée

Je plains Emmanuel Macron qui doit balader un tel boulet .

Heureusement le Tour de France nous offre quelques plaisirs .

 

 

« A Pierre Rousseau

Aux Délices , 20 auguste [1762] 1

Pour répondre, monsieur, à votre lettre du 14 août dont je vous suis très obligé, je vous dirai que M. le duc de Grafton qui était dans mon voisinage il y a quelque temps, me montra dans le St James'cronicle du 17 juillet, n° 211, une prétendue lettre de moi 2 tirée apparemment des archives de Grub-street 3, ou des Charniers Saints-Innocents4 . Il fallut tout mon respect et toute ma reconnaissance pour m'engager à désavouer dans les papiers anglais cette rapsodie impertinente . Les honnêtes gens éclairés savent bien à quoi s'en tenir sur ces sottises dont on est inondé et dont on est las .

Au reste, monsieur, vous ferez fort bien, et je vous remercierai de faire imprimer dans votre journal la critique allemande de l'Histoire de Pierre le Grand 5. Ce qu'il y aura de vrai et de judicieux dans cette critique servira pour le second volume . Je peux fort bien m'être trompé quoique j'aie suivi aussi exactement que j'ai pu les mémoires qu'on m'avait envoyés de Petersbourg .

Il y avait une lourde méprise dans le manuscrit concernant la religion . On avait pris le patriarche Nicolas pour le patriarche Photius qui vivait cent ans auparavant . Cette erreur a été corrigée dans un grand nombre d'exemplaires . On avait mis aussi en un autre endroit Apraxin pour Nariskin . D'ailleurs si on conteste les faits c'est aux archives de Petersbourg à répondre pour moi .

L'Histoire de Charles XII a essuyé plus de critiques . Ces critiques ont passé, et l'histoire est demeurée . J'ai l'honneur d'être, avec des sentiments d'estime inaltérables, monsieur, votre très humble et très obéissant [serviteur]

Voltaire .»

1 Sur le manuscrit, Rousseau a porté la note suivante : « Il est bon de savoir que quelqu'un de ces hommes qui déshonorèrent les lettres par leur peu de talent et par leurs mœurs a fait courir à Londres une lettre qu'on supposait écrite par M. de Voltaire à M. d'Alembert contre un homme estimable qui contribuait jadis au succès du Journal encyclopédique . Ce n'est pas la première platitude qu'on a l'audace de mettre sous des noms aussi célèbres . »

En face de l'allusion de Voltaire à l'Histoire de l'empire de Russie, Rousseau a noté : « M. Rousseau avait écrit à M. de Voltaire qu'il paraissait une très longue et très insipide critique en allemand de l'Histoire de Pierre le Grand, et qu'il se proposait de donner dans ce journal la traduction de ce qui méritait d’en être extrait . »

Dans l'édition (« Libelle inséré dans le ST James chronicle, du 17 juillet 1762, et lettres de M. de Voltaire à M. Rousseau, auteur du Journal encyclopédique, Bouillon, 1er novembre 1762 ), dont le titre est trompeur (car elle ne contient, outre la présente lettre, que la lettre du 10 octobre 1762 à P. Rousseau), la seconde de ces notes a été supprimée, et la première est formulée ainsi : « Il est juste que les sots haïssent les talents ; il est tout aussi naturel que les envieux détestent les succès et la célébrité des grands hommes . Ce serait être trop sévère que de condamner dans les uns cette stupide aversion qu'ils ont pour la littérature et pour les gens de lettres : condamne-t-on l'instinct de de ces animaux tristes qui ne pouvant souffrir l'éclat de la lumière, fuient aux approches du jour, dans les creux des rochers ? Ne serait-ce pas être également trop susceptible que de ne voir qu'avec indignation les transports jaloux des autres , et les effets ridicules de la passion qui les anime ? Ils sont punis assez cruellement par les tourments et l'impuissance de la rage secrète qui déchire leur âme . Dans ce nombre prodigieux d'ennemis que l'ignorance, la bêtise et l'envie suscitent aux hommes éclairés, la plupart ne sont que méprisables . Ceux qui mériteraient d'être livrés à la rigueur des lois, ce sont les lâches détracteurs, qui hors d'état d'éclipser par des ouvrages de génie , la gloire et les écrits des auteurs respectables, s'efforcent de flétrir leurs mœurs par d'atroces calomnies , ou de les rendre odieux par l'infamie des libelles qu'ils publient sous leur nom . Quelqu’un de ces insectes de la littérature qui, pour vouloir déshonorer les lettres, se déshonorent eux-mêmes par leur peu de talent, et plus encore par leur effronterie, a fait courir à Londres une lettre qu'on supposait écrite par M. de Voltaire à M. d'Alembert , contre un homme estimable, qui contribuait jadis au succès du Journal encyclopédique . Ce n'est pas la première noirceur, la première platitude qu'on a l'audace de mettre sous des noms aussi célèbres . C'est au sujet de ce libelle que M. de Voltaire a écrit à M. Rousseau les deux lettre suivantes . »

2 La lettre du 29 mars 1762 à d'Alembert ( http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/03/06/m... ) . Cette lettre avait paru grossièrement falsifiée dans une version anglaise dans le St Jame's Chronicle le 15-17 juillet 1762 , texte sans aucun intérêt littéraire .

3 Dans une note de 1767 à l'Examen important de milord Bolingbroke (chap. IX) , V* écrit : « Grub-street est la rue où l'on imprime la plupart des mauvais pamphlets qu'on fait journellement à Londres . » ; voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2017/04/examen-important-de-milord-bolingbroke-partie-11.html

En fait , Grubsteet était plutôt le centre des mercenaires de la littérature, comme la rue de la Harpe à Paris .

4 Sur les Charniers Saints Innocents, voir allusion de V* dans sa lettre du 17 décembre 1757 à d'Argental ; c'était une fosse commune, près de l'église des Saints-Innocents, rue Saint-Denis .Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1757-partie-21-116821906.html

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