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28/03/2018

vous dire tout ce que vous m’inspirez, ... vous le dire d’une manière digne de vous

... Monsieur Arnaud Beltrame, aucun mot autre que "merci" ne me semble suffisant, merci maintenant et pour demain, pour l'exemple que vous donnez . Avec tous mes respects et intentions pour votre famille et celles de tous ceux qui, comme vous, meurent en service pour le bien commun .

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« Au marquis Francesco Albergati Capacelli

Senatore di Bologna

à Bologna

Aux Délices 31è mars 1763

Je n’ai jamais été si fâché, monsieur, d’être réduit à ne pouvoir écrire de ma main ; je n’aime point à dicter ; il semble que le cœur perd toujours quelque chose. Quelles obligations ne vous ai-je point ? Vous m’embellissez, vous flattez à la fois mon goût, mon amitié et mon amour-propre.

Permettez-moi de renouveler mes remerciements à M. Paradisi 1.

J’ai reçu, monsieur, deux lettres de vous, des 9 et 22è Mars . Dans la dernière vous m’ordonnez de répondre à ce que vous m’avez mandé touchant le père Pacciandi 2, mais je n’ai jamais rien reçu de vous touchant ce religieux ; je ne sais qui il est ; il faut que la lettre où vous m’en parlez se soit perdue. Vous me faites rougir en me parlant de l’honneur que vous faites à Sémiramis 3, conjointement avec M. l’abbé Fabry . Pourquoi n’ai-je ni la force de traverser les Alpes pour venir vous dire tout ce que vous m’inspirez, ni assez de génie pour vous le dire d’une manière digne de vous ? Mais il faut que j’achève ma vie dans le petit pays où est mon établissement. Je viens d’y marier la descendante du grand Corneille ; me voilà devenu père de famille. Ne pouvant marcher sur les traces de Corneille, je me suis fait son allié pour me consoler de n’être pas son imitateur. Je reste dans ma solitude, et je ne regrette Paris qu’à cause de M. Goldoni.

Comptez toujours, monsieur, sur les tendres et respectueux sentiments de votre très humble et très obéissant serviteur. 

Voltaire»

1Dans la lettre du 22 mars 1763, Albergati avait annoncé à V* que lui-même et Paradisi donneraient à l'impression deux tomes de tragédies françaises et l'avait prié de leur permettre qu’ils les lui dédicaceraient .

2 Ou plutôt Pacciaudi, comme l'écrit Albergati dans la même lettre où il demande une réponse qu'il puisse montrer à ce qu'[il] a écrit concernant le père Pacciaudi ; le plus récent ouvrage archéologique de Pacciaudi était les Monumentia Peloponnesis, 1761 . Voir : https://books.google.fr/books?id=NPE6AAAAcAAJ&pg=PA186&lpg=PA186&dq=pacciaudi&source=bl&ots=HXOlptle02&sig=pwffNTwGjQmJNFluRw5orFJq-qU&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjRs4DC2Y7aAhXLaVAKHaptAv8Q6AEIQTAG#v=onepage&q=pacciaudi&f=false

3 En la faisant jouer en italien .

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