23/01/2026
loger les marchands qui fourniront tout le pays des choses qu'on achète trop chèrement à Genève
... C'est fait, pour le plus grand plaisir des Genevois et Lausannois , les super et hypermarchés ont poussé dans le pays de Gex comme des champignons après l'averse (une royée de francs suisses ).
« A Louis-Gaspard Fabry
Monsieur,
Je vous remercie bien sensiblement de toutes vos attentions obligeantes . Il y a plus de trois mois que j'ai commandé quarante chars de chaux à Gex la vile, et sans ce secours il serait impossible que les émigrants fussent logés .
Brillon travaille que pour moi . Nous bâtissons encore des maisons pour une nouvelle compagnie d'émigrants . Tous ces nouveaux établissements échoueraient si nous n'avions pas les secours nécessaires .
J'ai l'honneur décrire à M. de Caire ainsi que vous le jugez à propos .
Le sieur Resseguerre 1 , monsieur, ne travaille dans la maison de Raffo, et ne fait de petites fenêtres nécessaires à ses ouvriers qu'après la déclaration que Raffo a faite de vendre sa maison . Resseguerre en a proposé l'achat, et il est prêt de payer le prix qui sera convenu . J'ai prié M. Emery de vouloir bien fixer le prix de cette maison que Raffo acheta cent douze louis, en lui tenant compte des dépenses qu'il y a faites . Il sera payé comptant .
Notre boucher a toujours fourni de très bon bœuf, et sa viande a toujours été débitée en moins de deux heures , mais il n'a point d'ordre . Il ne peut tenir de compte, ne sachant point écrire . Sa fortune d’ailleurs ne lui permet pas de faire les établissements nécessaires . Peut-être sera-t-on obligé d'en faire venir un autre 2.
Nous sommes aussi très pressés d'achever la maison dans laquelle doivent venir loger les marchands qui fourniront tout le pays des choses qu'on achète trop chèrement à Genève .
Si on ne met aucun empêchement à nos bâtiments, on pourra se passer absolument de Genève dans deux mois , et c'est ce dont je me suis fait fort auprès de M. le duc de Choiseul .
Voilà , monsieur, un compte exact de la colonie de Ferney, en attendant que Gex et Versoix prennent sous votre administration les accroissements qui feront fleurir cette petite province .
J'ai l'honneur d'être avec les sentiments les plus respectueux,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire.
30è juillet 1770 à Ferney. »
1 Daniel Resseguerre, fils de Jacob Resseguerre, et frère cadet de Guillaume Resseguerre, dont l’emprisonnement avait occasionné les troubles du 25 février 1770 . Voir : https://archives.bge-geneve.ch/ark:/17786/vtaa6d342147f48eea3
2 Voir lettre du 15 août 1770 à Fabry : « Le boucher établi à Ferney pour le première fois depuis que ce hameau existe a été utile, tout ignorant et tout pauvre qu'il est . Il fournit tous les environs . »
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Nous serons d'ailleurs entièrement à vos ordres
... Dit une majorité . Quand il faut y aller, faut y aller dit le premier ministre en brandissant le 49-3 : https://www.france24.com/fr/france/20260123-budget-s%C3%A9bastien-lecornu-affronte-deux-motions-de-censure-avant-un-nouveau-49-3
« A François de Caire
Commandant etc.
à Versoix
30è juillet [1770]
Monsieur,
Nous vous prions très instamment Mme Denis et moi de vouloir nous laisser prendre les quarante chars de chaux que nous avons commandée il y a plus de trois mois à Gex la ville , pour lesquels nous avons déjà payé des avances, et qui nous sont d'une nécessité absolue pour achever nos maisons . Nous nous flattons que vous nous ferez cette grâce . Nous serons d'ailleurs entièrement à vos ordres .
J'ai l'honneur d'être avec les sentiments les plus respectueux,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
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Le pays des Chicachas et des Topinamboux est la patrie de la raison et de l’humanité, en comparaison de ces horreurs . Et voilà de quels hommes nos vies et nos fortunes dépendent !
... On peut le dire de tant de chefs d'Etats en ce moment que notre rage seule peut nous en débarrasser : https://ici.radio-canada.ca/info/long-format/2216111/dix-...
« A Jean-Baptiste-Jacques Élie de Beaumont
Le 30 juillet [1770] à Ferney
On me dit, il y a un mois, mon cher Cicéron, que vous étiez en Normandie. Je ne vous écrivis point, attendant votre retour. Je ne sais où vous êtes ; mais je ne puis rester plus longtemps sans vous remercier de votre dernière lettre. J’ignore si vous embellissez Canon, si vous faites vos moissons, ou si vous prenez la défense de quelque innocent persécuté. Vous donneriez bien tous vos vergers et tout votre froment pour secourir quelque infortuné. Sirven ne l’est plus. Il est toujours demandeur en réparation, dommages et intérêts, qu’il obtiendra difficilement. Je ne sais pas un mot des procédures . Je sais seulement que nous avons affaire à un procureur général un peu dur.
Savez-vous bien que ce M. Riquet avait conclu à pendre Mme Calas, et à faire rouer son fils et Lavaysse ? Je tiens cette horrible anecdote de Mme Calas elle-même. Le pays des Chicachas 1 et des Topinamboux 2 est la patrie de la raison et de l’humanité, en comparaison de ces horreurs . Et voilà de quels hommes nos vies et nos fortunes dépendent !
L’affaire de Sirven ne sera décidée qu’après la Saint-Martin. Il y a huit ans que cette pauvre famille combat contre l’injustice.
Avez-vous su l’histoire des deux amants 3 de Lyon ? Un jeune homme de vingt-cinq ans et une fille de dix-neuf, tous deux d’une figure charmante, se donnent rendez-vous avec deux pistolets dont la détente était attachée à des rubans couleur de rose ; ils se tuent tous deux en même temps . Cela est plus fort encore qu’Arrie et Petus 4. La justice n’a fait nulle infamie dans cette affaire . Cela est rare.
Avez-vous lu le Système de la Nature ? Il ne me paraît pas consolant . Mais nous avons d’autres systèmes qui le sont encore moins, par exemple celui des jansénistes.
Adieu, mon cher Cicéron ; ne m’oubliez pas, je vous prie, auprès de madame Terentia. »
1 V* songe à une tribu indienne d'Amérique du Nord, les Chikasaws, branche des Muskhogeans.
2 Les Topinambous étaient une tribu brésilienne dont le nom avait pris une valeur générique pour désigner des sauvages arriérés et féroces .
3Cette aventure, dont on parle avec quelques détails dans une lettre insérée au Journal encyclopédique du 15 juin 1770, est le sujet d’un quatrain de J.-J. Rousseau, et a fourni à Léonard le sujet d’un roman intitulé Lettres de deux Amants habitants de Lyon, 1783, trois volumes in-12. Le 16 juin 1812, on représenta sur le théâtre de l’Odéon Célestine et Faldoni, ou les Amants de Lyon, drame historique en trois actes et en prose, par M. Augustin *** (Hapdé), imprimé la même année. Voltaire a parlé du suicide des amants de Lyon dans l’article « Caton » de ses Questions sur l’Encyclopédie ; le jeune homme s’appelait Faldoni ; la jeune personne, Thérèse Monier. (Beuchot.)
Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome18.djvu/103
4 Voir lettre du 6 juin 1770 à Tabareau : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/10/il-dit-que-la-providence-l-appelait-a-voler-la-caisse-6569872.html
10:58 | Lien permanent | Commentaires (0)

