08/05/2026
Tant de générosité de votre part ne m’étonne point ; mais l’objet m’en étonne
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« A Christian VII, roi de Danemark 1
[vers le 5 novembre 1770 ] 2
Sire,
M. d’Alembert m’a instruit des bontés de Votre Majesté pour moi 3. Tant de générosité de votre part ne m’étonne point ; mais l’objet m’en étonne . Ce n’était pas sans doute à un simple citoyen comme moi qu’il fallait une statue. L’Europe en doit aux rois qui voyagent pour répandre des lumières, qui ont la modestie de croire en acquérir, qui donnent des exemples en prétendant qu’ils en reçoivent, qui emportent les vœux de tous les peuples chez lesquels ils ont été, qui ne revoient leurs sujets que pour les rendre heureux, pour en être chéris, et pour les venger des barbares.
Je suis près 4 de finir ma carrière, lorsque Votre Majesté en commence une bien éclatante. L’honneur qu’elle daigne me faire répand sur mes derniers jours une félicité que je ne devais pas attendre. Je sens combien il est flatteur de finir par avoir tant d’obligations à un tel monarque.
Je suis avec le plus profond respect
et la plus vive reconnaissance,
Sire,
de Votre Majesté
le très humble, très obéissant et très obligé. »
1 Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_VII
et : https://histoiresroyales.fr/christian-vii-roi-obsede-masturbation-fou-violent/
2 Minute olographe ; éd. Kehl qui date la lettre d'abord de juin , puis de novembre 1770, ce qui est sensiblement exact .
3 La lettre de d’Alembert manque ; mais voir lettre du 5 novembre 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/05/06/il-se-pourrait-bien-faire-que-cette-entreprise-ne-lui-procur-6594142.html
et de d'Alembert du 4 décembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8107
4 L'edition Besterman met prêt .
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