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03/04/2010

Je n’ai d’autre avis sur ces querelles que celui dont le roi sera

On croirait entendre certains politiciens au moment du mini-ridicule remaniement ministériel français récent . Ouf ! ont-ils pensé, la foudre est tombée ailleurs !

Moi, je dis dommage !

Dommage aussi que les cloches ( en bronze et aussi celles à deux pattes ) qui partent à Rome en reviennent avec des aneries débitées par des mîtrés décorés comme des sapins de Nöel : c'est un comble pour Pâques et ça n'incite pas à se convertir !

Je préfère, de loin, le résonnement au raisonnement qui lui, a conduit un soi-disant dignitaire à trouver l'Eglise (une, sainte catholique et tout le barda ) victime de mauvais jugements, quasiment du niveau antisémite !

Diable, où vas-tu te nicher ?

Sors de ces surplis dorés que je déteste ( seule consolation : leur réalisation donne un peu de travail à quelques ouvriers ; vous voyez bien que je n'ai pas mauvais fond ! ) !

cloche.JPG

Et même Beau Dommage ! :

http://www.tagtele.com/videos/voir/8573

Si Ginette ne vous convient pas, vous pouvez mettre Gaston , Nicolas ou Carla, qui vous voulez !

Un coup de blues :

http://www.youtube.com/watch?v=cJ6SGCOXCoo

 

 

« A Philippe-Antoine de Claris, marquis de Florian

 

3è avril 1767

 

             Mon cher grand écuyer [Florian avait apporté son soutien au projet de char de guerre  « assyrien » de V* en 1756-1757], parmi toutes mes détresses, il y en a une qui m’afflige infiniment et qui hâtera mon petit voyage à Montbéliard et ailleurs. Plusieurs personnes dans Paris accusent Tronchin d’avoir dit au roi qu’il n’était point mon ami et qu’il ne pouvait pas l’être, et d’en avoir donné une raison très ridicule, surtout dans la bouche d’un médecin.[V* écrira à nouveau à Florian le 3 avril : « J’aurais souhaité que Tronchin eût été plus médecin que politique, qu’il se fût moins occupé des tracasseries d’une ville qu’il a abandonnée… »]. Je le crois fort incapable d’une telle indignité et d’une telle extravagance. Ce qui a donné lieu à la calomnie, c’est que Tronchin a trop laissé voir, trop dit, trop répété que je prenais le parti des représentants [partisans de la démocratisation, qui présentaient souvent des « repésentations » au Conseil de Genève], en quoi il s’est bien trompé. Je ne prends assurément aucun parti dans les tracasseries de Genève, et vous avez bien dû vous en apercevoir par la petite plaisanterie intitulée La Guerre genevoise [La Guerre civile de Genève] qu’on a dû vous communiquer de ma part.

 

             Je n’ai d’autre avis sur ces querelles que celui dont le roi sera ; et il ne m’appartient pas d’avoir aucune opinion quand le roi a nommé des plénipotentiaires. Je dois attendre qu’ils aient prononcé et m’en rapporter entièrement au jugement de M. le duc de Choiseul.

 

             Voilà à peu près la vingtième niche qu’on me fait depuis trois mois dans mon désert.

 

             Votre cidre n’arrivera point et sera gâté. Il arrive la même chose à mon vin de Bourgogne. Vingt ballots envoyés de Paris avec toutes les formalités requises sont arrêtés, et Dieu sait quand ils pourront venir et dans quel état ils viendront. J’aurais bien assurément l’honnêteté de vous envoyer des Honnêtetés [les Honnêtetés littéraires], mais on est si malhonnête que je ne puis même vous procurer ce léger amusement.

 

             Je me souviens bien en effet d’avoir envoyé quelques mauvais vers au roi de Dannemarck [trois quatrains joints à la lettre du 4 février 1767, et commençant par : « Pourquoi généreux prince, âme tendre et sublime… »]; il faut qu’ils aient fait le voyage de Copenhagen à Paris, car assurément je n’en ai donné copie à personne, je n’en ai pas seulement gardé une [V* les fera paraître dans les Nouveaux mélanges , à Genève en 1768]. Ce sont des vers qui ne sont bons que pour les rois. Je ne sais si je vous ai mandé que je suis enchanté de la nouvelle calomnie répandue sur les Calas[f1] . Il est heureux que les dévots qui persécutent cette famille et moi soient reconnus pour des calomniateurs. Ils font du bien sans le savoir, ils servent la cause des Sirven. Je recommande bien cette cause à mon cher grand Turc [l’abbé Mignot, qui publiera une Histoire de l’empire ottoman, en 1771]. Il y a des gens qui disent qu’on pourrait bien la renvoyer au parlement de Paris. Je compte alors sur la candeur, sur le zèle, sur la justesse d’esprit de mon gros goutteux [d’Hornoy, fils de sa nièce  Mme de Fontaine-Florian] que j’embrasse de tout mon cœur, aussi bien que sa mère. Vivez tous sainement et gaiement, il n’y a que cela de bon.

 

             Nouvelles tracasseries encore de la part des commis [« les commis condamnés à restituer les cinquante louis d’or (au moment de l’affaire Lejeune, cf. lettres de janvier-février 1767) cherchent à les regagner par toutes les vexations de leur métier. »] et point de justice ; et je partirai, mais gardez-moi le secret ; car je crains la rumeur publique. Je vous embrasse tous bien tendrement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 [f1]V* écrivait à Elie de Beaumont le 30 mars qu’on avait répandu le bruit que « la servante de Mme Calas (Jeanne Viguière) venait) d’avouer par devant notaire, à l’article de la mort, que Mme Calas, son mari, un de ses fils et M. de Lavaysse, leur ami, avaient en effet étranglé Marc-Antoine Calas pour avoir eu quelque tentation d’entrer dans la communion romaine… » Mais « on a fait paraître cette servante qu’on disait morte. Les calomniateurs ont été confondus… »]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=uG2H8jy10_Y&feature=re...

Et pourquoi pas , Amie chère à mon coeur ...

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