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10/08/2012

cette femme singulière ... qui fut dévote et qui fit l'amour

... L'un n'empèchant pas l'autre, le rapprochement des deux activités mène-t-il obligatoirement à la position du missionnaire, ou alors, moyennant confession en bonne et due forme, certaines fantaisies sont-elles permises ?

 

Françoise_d'Aubigné,_marquise_de_Maintenon_(1694).jpg

A première vue ce n'est pas le style de Françoise, mais Louis XIV en sait plus que moi !

Je pose la question car je ne me sens pas l'âme d'un guette au trou de serrure . Et à ce propos, je peux vous assurer que Secret Story ne m'a pas eu une seule seconde comme spectateur, Dieu m'en préserve, la connerie humaine n'a pourtant pas besoin de tant de publicité pour être consommée et pratiquée .

 

 

 

« A madame la duchesse de SAXE-GOTHA

Aux Délices, 23 août 1756.

Madame, l'optimisme et le tout est bien reçoivent, en Suède, de terribles échecs. On se bat sur mer, on se menace sur terre. Heureuse encore une fois la terre promise de Gotha, où l'on est tranquille et heureux sous les auspices de Votre Altesse sérénissime ! Elle a donc lu les lettres de cette femme singulière 1, veuve d'un poète burlesque et d'un grand roi, qui naquit protestante et qui contribua à la révocation de l'édit de Nantes, qui fut dévote et qui fit l'amour. Je ne sais, madame, si vous aurez trouvé beaucoup de lettres intéressantes.
A l'égard des Mémoires de La Beaumelle, c'est l'ouvrage d'un imposteur insensé qui a quelquefois de l'esprit, mais qui en a toujours mal à propos. Ses calomnies viennent de le faire enfermer à la Bastille pour la seconde fois, c'était un chien enragé qu'on ne pouvait plus laisser dans les rues. C'est une étrange fatalité que ce soit un pareil homme qui ait été cause de ce qu'on appelle mon malheur à la cour de Berlin. Pour moi, madame, je ne connais d'autre malheur que d'être loin de Votre Altesse sérénissime.
On est grand nouvelliste dans le pays que j'habite; on prétend qu'il y a, dans une partie de l'Allemagne, des orages prêts à crever. Heureusement ils sont loin de vos États. Je n'ose, madame, vous demander si Votre Altesse sérénissime pense qu'il y ait guerre cette année il ne m'appartient pas de faire des questions mais je sais que Votre Altesse sérénissime voit les choses d'un coup d'œil bien juste. Son opinion déciderait, en plus d'une conjoncture, de ce qu'on doit penser. Plus d'un particulier est intéressé aux affaires générales, qu'elle me pardonne de lui en parler, et qu'elle daigne recevoir, avec sa bonté ordinaire, mon profond respect et mon inviolable attachement. »

 

1 Mme de Maintenon dont la correspondance a été publiée par La Beaumelle .http://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_Maintenon

 

Informez-vous, je vous prie, de cette folie anglaise, et punissons-la

... Non, non , non, je ne cite pas une déclaration de diverses fédérations sportives, comme l'aviron ou le cyclisme, qui entre autres, ont eu maille à partir avec les perfides Anglais qui ont exploité trop habilement les possibilités les moins fair play de leurs règlements .

Malheureusement, en vue d'un résultat qu'on veut doré, des sportifs sont prêts à ne l'être plus qu'à moitié, l'autre moitié étant dédiée à la combinazione . Dommage !

L'or ne vaut ainsi pas mieux que du fer blanc, les bidouilleurs sont perdus de réputation, leur valeur les met seulement au catalogue du best of des chacals du sport (que les chacals me pardonnent de les rabaisser ainsi, eux qui ne trichent pas ) .

 Le XVIIIè faisait fonctionner la "savonnette à vilain" pour, moyennant finance acquérir des quartiers de noblesse illico presto; nos tricheurs des JO 2012, sont eux aussi des vilains, qui malgré savon et gloire le resteront .

soap and glory.jpg

 

 

« A M. Jean-Robert TRONCHIN, de Lyon

Des Délices, 21 août 1756.

On m'écrit de Paris qu'on parie à Londres, à bureau ouvert, vingt contre un que M. le maréchal de Richelieu sera mené prisonnier en Angleterre avant quatre mois, et celui qui me l'écrit a envoyé vingt guinées, à ce qu'il dit, pour en gagner quatre cents. Je parierais bien vingt contre un, mais il est encore plus doux de mettre un contre vingt. Si la chose est ainsi, faisons fortune aux dépens de l'Angleterre. Je veux bien parier cinquante louis pour M. de Richelieu, et compte ne rien hasarder. Je vous conseille d'en faire autant: cela vaut mieux que Cadix. Informez-vous, je vous prie, de cette folie anglaise, et punissons-la.
M. le docteur Tronchin continue ses miracles, mais il ne peut rien sur monsieur le conseiller votre frère 1. Ce n'est que dans sa famille qu'il ne fait point de prodiges, mais il y a des miracles impossibles. On dit des choses si extraordinaires du roi de Pologne et du roi de Suède; mais je ne les crois point. Il faut attendre le dénoûment de tout ceci.

 

Quand le dernier des Autrichiens aura tué le dernier des Prussiens, cela n'empêcherait pas qu'il fallût songer à ses petites affaires. Je n'ai besoin dans le moment présent que des secours de votre Esculape, paralytique d'une jambe, mordu à l'autre par mon singe 2, ne digérant point, et ayant souvent la fièvre, je suis un corps très-ridicule. Je vous écris comme je peux.3 »

1 François Tronchin , cousin de Théodore Tronchin , le médecin

2 Ce qui l'empêchera de recevoir ses visiteurs .Voir Revue suisse 1855, pages 404-405 : http://books.google.fr/books?id=UEwpAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

3 Ce dernier paragraphe figure aussi comme lettre estimée écrite le 14 octobre de cete même année . Voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/10/13/je-suis-un-corps-tres-ridicule.html