Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

05/05/2018

je suis toujours prêt de demander au marquis de Forlipopoli sa protection

... lequel semble furieusement être aussi fiable qu' un certain Fanfoué de Tulle, d'où mon hésitation à passer à l'acte .

 

Interprêté par Sylvain-Emmanuel Jubault , de La Comédie des Délices : https://ddlices.wordpress.com/les-membres-des-delices/syl...

 

 

« A Carlo Goldoni, Avocat

vénitien

près de la Comédie -Italienne

à Paris 1

Aux Délices , 10 mai 1763

Je n'ai reçu que depuis peu de jours, monsieur, vos bienfaits . La personne qui m'avait dit tant de bien de la pièce dont vous avez gratifié Paris, ne m'avait pas trompé 2. Je ne me plains que de la peine que m'ont faite mes pauvres yeux en la lisant ; mais le plaisir de l'esprit m'a consolé des tourments de mes yeux . Je viens de relire L'Avanturiere onorato, Il Cavaliere di buon gusto, et La Locandiera : tout cela est d'un goût entièrement nouveau et c'est à mon sens un très grand mérite dans ce siècle-ci . Je suis toujours enchanté du naturel et de la facilité de votre style . Que j'aime ce bon et honnête aventurier, que je voudrais vivre avec lui ! Il n'y a personne qui ne voulût ressembler au cavalier di buon gusto, et je suis toujours prêt de demander au marquis de Forlipopoli 3 sa protection . En vérité vous êtes un homme charmant .

Quand j'aurai l'honneur de vous faire parvenir mes rêveries, qui ne sont pas encore tout à fait prêtes, je ferai avec vous le marché des Espagnols avec les Indiens, ils donnaient des petits couteaux et des épingles pour de bon or .

Je reçois quelquefois des lettres de Lelius Albergati, l'ami intime de Térence ; heureux ceux qui peuvent de trouver à table entre Térence et Lelius !

Bonsoir ; monsieur, je vous aime et vous estime trop pour faire ici les plats compliments de la fin des lettres .

V. »

1 Une autre main a ajouté à la suite de l'adresse « rue de Richelieu » . Goldoni avait écrit le 28 février 1763 à V* pour lui envoyer L'Amour paternel.

2 C'est Cideville, qui dans une lettre du 7 février 1763 a rendu compte à V* de la représentation de L'Amour paternel au Théâtre Italien le 4 février 1763 .

3 Personnage de La Locandiera .

Écrire un commentaire