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03/06/2019

rien n’est plus triste que de donner des sujets de plainte à ceux à qui on a rendu service

... Subtile et adorable affirmation de Voltaire .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

5è mai 1764 aux Délices

Mes divins anges verront par la lettre ci-jointe dans quel embarras je me trouve . Je me flatte que la bonté de monsieur d'ArgentaI m'en tirera , et qu'il m'épargnera une violente tracasserie que j'essuie pour des contes dont je ne me soucie guère . J'avais très grand sujet de me plaindre que mon nom se trouvât à la tête des fadaises de Guillaume Vadé, d’autant plus que parmi ces fadaises il y a des choses qu'on trouvera trop hardies, et je consens de tout mon cœur qu'on les supprime entièrement ; mais je ne me suis point servi des paroles choquantes rapportées par M. Crommelin .

D'ailleurs , Cramer m'a juré qu'il avait supprimé toutes les feuilles du titre dont j'avais lieu de me plaindre . Je vous demande en grâce de m'écrire [un mot]1 par lequel vous me renvoyez la lettre que je vous écrivis au mois d'avril pour cette petite affaire 2; j'en ai gardé copie, je la montrerai au plaignant, et tout sera apaisé . Je vous aurai la plus grande obligation du monde, car rien n’est plus triste que de donner des sujets de plainte à ceux à qui on a rendu service .

Je vous supplie de ne point donner encore à Lekain la nouvelle copie des Roués ; vous recevrez par la première poste des changements nouveaux, qui m'ont paru d'une nécessité absolue . Je vous demanderais pardon de toutes les peines que je vous donne, s'il ne s'agissait pas d'une conspiration dont vous êtes le premier mobile . Plus je m'efforce de rendre la pièce tolérable, et plus j'ai droit à votre indulgence . »

1 Le manuscrit porte une tache d'encre .

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