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28/06/2019

Vraiment voilà un bon petit caractère, c’est-à-dire que quand il dira du bien de quelqu’un, on peut compter qu’il le méprise

... On dirait que Voltaire a bien  connu Nicolas Sarkozy et lu sa prose  dont "Passions" dernier opus ce ce grand auteur à la sincérité et honnêteté débridées .

 

 

« A Charles-Joseph Panckoucke

Aux Délices, 24 Mai 1764 (1).

Vous me mandez, monsieur, que vous imprimez mes romans , et je vous réponds que si j’ai fait des romans, j’en demande pardon à Dieu ; mais tout au moins je n’y ai jamais mis mon nom, pas plus qu’à mes autres sottises. On n’a jamais, Dieu merci, rien vu de moi contre-signé et paraphé Cortiat, secrétaire 1, etc. Vous me dites que vous ornerez votre édition de culs-de-lampes : remerciez Dieu, monsieur, de ce qu’Antoine Vadé n’est plus au monde ; il vous appellerait Welche sans difficulté, et vous prouverait qu’un ornement, un fleuron, un petit cartouche, une petite vignette ne ressemblent ni à un cul ni à une lampe.

Vous me proposez la paix avec maître Aliboron dit Fréron ; et vous me dites que c’est vous qui voulez bien lui faire sa litière 2. Vous ajoutez qu’il m’a toujours estimé et qu’il m’a toujours outragé. Vraiment voilà un bon petit caractère, c’est-à-dire que quand il dira du bien de quelqu’un, on peut compter qu’il le méprise. Vous voyez bien qu’il n’a pu faire de moi qu’un ingrat, et qu’il n’est guère possible que j’aie pour lui les sentiments dont vous dites qu’il m’honore. Paix en terre aux hommes de bonne volonté  ; mais vous m’apprenez que maître Aliboron a toujours été de volonté très maligne. Je n’ai jamais lu son Année littéraire . Je vous en crois seulement sur votre parole.

Pour vous, monsieur, je vois que vous êtes de la meilleure volonté du monde, et je suis très persuadé que vous n’avez imprimé contre moi rien que de fort plaisant pour réjouir la cour ; ainsi je suis très pacifiquement, monsieur, votre, etc. »

2 V* répond sans bienveillance, et même sans aucune pitié à une suggestion que lui a faite Panckoucke d'établir la paix avec Fréron . Le texte de la lettre en question, à laquelle Fréron a sans doute eu part, ne fut-ce que pour en approuver l'intention est citée avec la lettre du 23 mai 176 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2019/06/25/j-ai-un-si-violent-mal-de-gorge-que-je-ne-peux-dicter-et-mes-yeux-sont-si-m.html

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