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02/12/2020

J’ignore si vous quitterez cette nation de singes, et si vous irez chez des ours ; mais si vous allez en Oursie , passez par chez nous

... Cécile Duflot quitte Twitter suite à harcèlement et menaces sur ce média, pire qu'une nation de singes . Comme les ours elle va hiberner, et elle fait bien . Pour tout dire,  je ne comprends pas comment on peut encore utiliser Twitter et autres biais pour faire connaître ses idées immédiatement, le plus souvent avant même d'en comprendre les conséquences, pour une foule d'ignares malveillants . La télévision, la radio, la presse écrite ne sont-elles pas suffisantes ? Quel est donc ce besoin de dire tout de suite ce qu'on contredira souvent soi-même le lendemain ?

https://www.20minutes.fr/arts-stars/web/2921359-20201201-...

 

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

A Ferney, 5 auguste [1765]

car je ne puis souffrir août.1

Mon cher philosophe, si la cause que je soupçonnais n’est pas la véritable, il y a donc des effets sans cause. La raison suffisante de Leibnitz est donc à tous les diables ; car tout ce qu’on peut alléguer pour colorer l’injustice qu’on vous fait est parfaitement absurde. Mademoiselle Clairon, dans son genre, se trouve à peu près maltraitée comme vous . Elle a essuyé assurément des choses plus désagréables . Je lui conseille ce que probablement elle fera, et ce que vous lui avez conseillé 2. Pour vous, mon cher et grand philosophe, je n’ai point d’avis à vous donner ; vous n’en prendrez que de votre fermeté et de votre sagesse. Je n’ai rien à dire à M. le duc d Ch[oiseul]. Je lui ai tout dit ; et, puisque vous ne le croyez pas l’auteur de cette injustice, mon rôle est terminé. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a un déchaînement aussi violent que ridicule à la cour contre les philosophes ; et, pour compléter cette extravagance, c’est le beau Siège de Calais qui a fait pousser à l’excès ce déchaînement.

J’ignore si vous quitterez cette nation de singes, et si vous irez chez des ours ; mais si vous allez en Oursie , passez par chez nous. Ma poitrine commence un peu à s’engager. Il serait fort plaisant que je mourusse entre vos bras, en faisant ma profession de foi.

Mais pourquoi ne viendriez-vous pas à Ferney attendre philosophiquement la fin des orages ? Vous me direz peut-être qu’on viendrait nous y brûler tous deux . Je ne le crois pas ; nous ne sommes qu’au temps des Fréron et des Pompignan, et non à celui des du Bourg et des Servet . D’ailleurs nous sommes tous deux bons chrétiens, bons sujets, bons diables , on nous laissera en paix dans ma tanière. Ecrivez-moi par frère Damilaville. Adieu ; je vous aime autant que je vous estime.

V. »

1 V* répond à une lettre de d'Alembert du 16 juillet 1765 que celui-ci a fait porter par Mlle Clairon ; voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2015/02/correspondance-avec-d-alembert-partie-38.html

2 Quitter le théâtre .

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