26/11/2024
Il sera encore plus porté à découvrir le fabricateur secret de tant de calomnies abominables en lisant les certificats ci-joint qui sont authentiques
... Pour ça, il faut être instruit , et ceci peut y aider , -- car il ne faut absolument pas compter sur un Elon Musk et autres milliardaires pour contrer les pourris qu'ils permettent de s'exprimer -- : https://www.clemi.fr/familles/outils-de-sensibilisation-e...
« A Jean-Pierre Biord
Me trouvant dans le château de Ferney auprès de M. de Voltaire, mon oncle à la mode de Bretagne, qui est très malade depuis deux mois, je lus il y a quelques jours une lettre de six grandes pages, datée d'Annecy du 5 mai 1769, signée 1 J. P. , évêque de Genève . Cette lettre ne vint point par la poste, et fut rendue au château par un homme inconnu . On la confronta avec d'autres lettres, signées du même nom, l'écriture ne parut point semblable ; les fautes d'orthographe augmentèrent encore les soupçons .
Les choses que cette lettre contient nous parurent encore moins écrites par un évêque . Quelque ennemi s'est sans doute servi d'un nom respectable pour outrager un vieillard mourant . J'ai envoyé cet écrit à un conseiller au parlement de Paris, neveu comme moi de M. de Voltaire, pour le faire confronter par des experts avec les véritables lettres de M. l'évêque de Genève . Il n’est pas possible que ce soit lui qui ait écrit à M. de Voltaire ces propres mots : vous disiez vous-même que c'était une grimace . Ces expressions basses et ridicules ne peuvent avoir été prononcées par un membre de l’Académie française .
Il est parlé dans cette lettre de livres infâmes écrits du style le plus grossier, que Dieu merci nous ne lisons point ici, et qu'un évêque ne peut sans doute avoir lus ; il y est parlé de lettres écrites l'année passée par M. l'évêque de Genève à M. le comte de Saint-Florentin, et des réponses faites par ce ministre . Voici la manière dont on fait parler M. l'évêque de Genève : si vous avez vu imprimés les lettres que je vous écrivis l'année dernière, il vous a été facile de reconnaître aux changements qui y ont été faits, que je n'ai eu aucune part à cette impression, etc.
Il est très vraisemblable que celui qui a publié et osé falsifier les lettres d'un ministre d’État d'un roi de France, est celui-là même qui vient d'écrire sous le nom d'un évêque respectable . Il est de l'honneur de M. l'évêque de Genève de découvrir et de dénoncer l'imposteur qui a pu abuser à ce point du nom d'un ministre d’État, faire imprimer les lettres de ce ministre sans son aveu, et pousser l’audace jusqu'à les falsifier . Cela sera d'autant plus aisé à M. l'évêque de Genève, qu'il peut se ressouvenir à qui il a confié les lettres de M. le comte de Saint-Florentin. Il sera encore plus porté à découvrir le fabricateur secret de tant de calomnies abominables en lisant les certificats ci-joint qui sont authentiques .
J'attends de sa justice et de son humanité qu'il daignera seconder ma famille, et se joindre à elle pour mettre un frein à la fureur du calomniateur qui persécute un vieillard moribond, qui compromet un prélat de la sainte Église, et qui falsifie des lettres d'un ministre du roi .
Je le supplie de me pardonner, si je ne lui écris pas directement . J'ai cru qu'il valait mieux dresser ce mémoire que j'ai l'honneur de lui présenter .
J'ai celui d'être avec respect son très humble et très obéissant serviteur .
De Mauléon 2
fils de feu M. de Mauléon, lieutenant-colonel
du régiment du roi ; brigadier de ses armées.
A Ferney ce 17mai 1769. 3»
1 L'édition ajoute ici une croix typographique désignant l'évêque .
2 L'édition réduit ce mot à son initiale ; voir lettre vers le 13 juin 1769 à Biord où V* signe encore Mauléon ; voir : https://artflsrv03.uchicago.edu/philologic4/toutvoltaire/navigate/868/1/
3 Original ; éd. Correspondance de Mgr l'évêque et prince de Genève avec M. de Voltaire, 1769 ; voir : https://archives.bge-geneve.ch/archives/fonds/ms_imv_PVA/...²
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
25/11/2024
De tous les États, quel est celui qui vous paraît d'avoir les meilleures lois
... Est-ce une bonne [sic] question à poser aux immigrants ?
« A Gabriel Cramer
[vers mai 1769]
On renvoie à monsieur Cramer le feuillet 160 du Siècle de Louis XIV 1. Apparemment que l'édit de 1686 confirmait en d'autres termes l'édit de 1685 . Il y a là un grand pléonasme des édits, mais non contradiction .
Je ne puis faire usage de L'A.B.C. avec ce titre que je renvoie . Je prie instamment monsieur Cramer de mettre : nouvelle édition corrigée et augmentée 1769 2.
Nota bene . – On s’aperçoit que le moment que dans L'A.B.C. , page 118, ligne 216, l'élégant compositeur de la fabrique des mots 3 : De tous les États, quel est celui qui vous paraît d'avoir les meilleures lois . Les Gascons disent volontiers : il me paraît d'avoir, je crois d'aller à Paris ; mais les Français disent : il me paraît avoir, je crois aller à Paris .
En feuilletant le livre au hasard je trouve page 5 , dans la note , ce vers de mauvais exemples . Il fallait mettre exemple au singulier, et non pas au pluriel .
Page 68, ligne 15 : Ce que ces deux cardinaux et les deux Mangageats . Il fallait mettre Margajats 4 ; il paraît que l'éditeur a cru d'avoir bien imprimé ; il a oublié d'ailleurs la table des chapitres . »
1 Ceci implique apparemment que l'édition quarto du Siècle de Louis XIV n'est pas encore en pages définitives .
2 On ne connaît pas d’édition correspondant à ce titre ; celui-ci fut donc probablement omis . Les références des pages données dans la lettre correspondent à La raison par l' alphabet, après qu'une pagination séparée eut été donnée à L 'A.B.C. ; voir lettre précédente . Les corrections indiquées ici ne furent pas apportées .
3 À partir de ce troisième paragraphe, la lettre n'est plus de la main de Wagnière, mais de celle de Bigex ; c'est donc lui qui a omis un mot dans la phrase .
4 Margajat est un terme désignant à l'origine une peuplade indienne du Brésil ; par extension on l'emploie chez les burlesques pour désigner un homme qui fait l'important . Ici, comme dans un exemple de Boursault cité par Littré, il s'applique à un galopin .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)

