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28/02/2009

Il est impossible de désirer se voir en égalité avec des oignons, des chats, des veaux, des peaux d’ânes

Hier soir, grand plaisir : le XV de France a fichu la pâtée aux Gallois ! Normal, les Gaulois ont vu rouge et les roastbeefs sont devenus des steaks hachés ! Sic gloria transit ! Et encore, la correction aurait pu être plus sévère si nous avions eu un buteur top niveau . Parra a fait du bon boulot quand même .

Il y a quelques soirs de cela, j’ai revu Platoon. Là aussi, ça saignait fort. Il en est qui désirent un rendu total au cinéma, le relief du son et de l’image, et pourquoi pas les odeurs ! Je vous laisse imaginer Platoon avec ce réalisme ! Gore ! comme dit mon gothique de fils !!La sélection du spectateur irait en faveur de ceux qui ont l’estomac bien accroché ou le nez bouché, sans quoi, on trouvera des sacs adéquats sous les sièges comme dans les avions et les ferries . Gare à l’effet boule de neige –en l’occurrence, gerbe à tous les étages-.

Passons à des œuvres moins perverses .

 

 

« A Jean-François Marmontel , chez Madame de Geoffrin, rue et quartier Saint-Honoré, à Paris

 

 

                        Chancelier de Bélisaire [œuvre de Marmontel ], on me dit que la Sorbonne demande des cartons . Ce n’est pas Bélisaire qui est aveugle, c’est la Sorbonne . Voici les propres mots d’une lettre de l’impératrice de Russie [Catherine a écrit : »je ne voudrais point être mise au rang de ceux que le genre humain a adorés pendant si longtemps…. Il est impossible de désirer se voir en égalité avec des oignons, des chats, des veaux, des peaux d’ânes,… des bêtes de toutes espèces,… »] en m’envoyant son édit sur la tolérance : « L’apothéose n’est pas si fort que l’on pense, on la partage avec des veaux, des chats, des oignons, etc., etc., etc. Malheur aux persécuteurs, ils méritent d’être rangés avec ces divinités là ! »

 

                        Elle ambitionnera votre suffrage, mon cher confrère, dès qu’elle aura lu votre Bélisaire, et n’y fera pas assurément de carton. Cet ouvrage fera du bien à notre nation, je peux vous en répondre . Tout ce que je vous écrit est toujours pour Mme de Geoffrin [de retour de Pologne], car j’ai la vanité de croire que je pense comme elle . Si le roi de Pologne et l’impératrice de Russie ne s’entendaient pas sur la tolérance, je serais trop affligé .

 

                        Bonsoir mon cher confrère, jouissez de votre gloire, et du ridicule des docteurs [de la Sorbonne, qui publient un Indiculus… ex libro…Bélisaire.].

 

                        Voltaire

                        28 février 1767. »

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