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02/10/2012

Les honnêtes gens, par parenthèse, devraient me remercier d'avoir tant crié toute ma vie contre le fanatisme mais les cours sont quelquefois ingrates

... Je ne suis ici qu'un modeste écho de la voix de Voltaire, et me remerciera qui veut . Que la lutte contre le fanatisme ne soit qu'un pis aller quand la tolérance n'est plus .

 

 Et pour mieux connaitre Voltaire et Emilie du Châtelet, -première scientifique féminine- qui compta énormément dans le vie du philosophe, il est intéressant et urgent de  diffuser ce qui suit ,encore et encore , n'y manquez pas .
http://fonds-voltaire.org/index.php/patrimoine/cirey

 

sauver émilie.jpg

 

 

 

“A madame Marie-Elisabeth de FONTAINE,

à Paris.

A Monrion, 19 février [1757].

Qu'est-ce que c'est donc, ma chère nièce, qu'une petite secte de la canaille, nommée la secte des margouillistes 1, nom qu'on devrait donner à toutes les sectes? On dit que ces misérables fanatiques, nés des convulsionnaires, et petits-fils des jansénistes, sont ceux qui ont mis, non pas le couteau, mais le canif à la main de ce monstre insensé de Damiens; que ce sont eux qui envoient du poison au dauphin dans une lettre, et qui affichent des placards le tout pour la plus grande gloire de Dieu. Les honnêtes gens, par parenthèse, devraient me remercier d'avoir tant crié toute ma vie contre le fanatisme mais les cours sont quelquefois ingrates.
Vous savez les coquetteries que me fait le roi de Prusse, et que la czarine m'appelle à Pétersbourg. Vous savez aussi qu'aucune cour ne me tente plus, et que je dois préférer la solidité de mon bonheur dans ma retraite à toutes les illusions. Si j'en voulais sortir, ce ne serait que pour vous; ma santé exige de la solitude je m'affaiblis tous les jours.
J'ai fait un effort pour jouer Lusignan; votre sœur a été admirable dans Zaïre; nous avions un très-beau et très-bon Orosmane, un Nérestan excellent, un joli théâtre, une assemblée qui fondait en larmes; et c'est en Suisse que tout cela se trouve, tandis que vous avez à Paris des margouillistes. Je vous ai bien regrettée; mais c'est ce qui m'arrive tous les jours.
Ayez grand soin de votre malheureuse santé conservez-vous, aimez-moi. Mille tendres compliments à fils, à frère, à secrétaire 2. Adieu, ma très-chère nièce; votre sœur ne vous écrit point aujourd'hui elle apprend un rôle. Nous ne vous parlons que de plaisir instruisez-nous des sottises de Paris.”

1 Ce mot formé sur margouillis, boue, ordure, ne semble pas avoir été inventé par V* ; voir Histoire des sectes religieuses de Henri-Baptiste Grégoire .http://search.ugent.be/meercat/x/bkt01?q=900000111294

2 Le marquis de Florian, qui épousa Mme de Fontaine en 1762.

 

C'est le sort de bien des talents de ne recueillir que des traverses au lieu de récompenses

... Vient de me souffler Karabatic !

Plus fort sur un terrain de hand que dans le domaine de l'arnaque, il faut l'avouer . Trop nul ! mais, bon, il est loin de toucher les salaires de dingue de footeux achetés par des Qataris qui restent fidèles au trafic d'esclaves ancestral . Seuls les prix changent !

" La prince il parle pas à toi !! "

qataris auréoles.png

Ce sont tous des saints auréolés doublement, -on ne saurait être trop prudent ni trop modeste en matière de sainteté-, signe d'une évidente supériorité sur les saints chrétiens . Juste une petite remarque : leurs nimbes me semblent directement tirés d'une mare de pétrole . Me trompè-je ?

 

 

“A M. Charles Palissot de Montenoy.

A Monrion, 16 février [1757].

Ce que vous me mandez, monsieur, du grand acteur Lekain, m'afflige et ne me surprend pas. C'est le sort de bien des talents de ne recueillir que des traverses au lieu de récompenses. Si vous le voyez, je vous prie de lui dire que j'ai écrit à M. le maréchal de Richelieu, pour lui faire obtenir un congé à Pâques. Mais on m'a répondu qu'il n'était pas possible de lui donner ce congé cette année, puisqu'il en avait pris un de lui-même l'année passée. J'aimerais bien mieux qu'on augmentât sa part que de lui donner un congé. J'écrirai, j'insisterai; mais la recommandation d'un Suisse n'a pas grand pouvoir à Versailles.
Je ne sais où est actuellement votre ami M. Patu, que je possédai huit jours dans mon ermitage, avant qu'il allât en Italie. J'avais chez moi alors une de mes nièces 1 qui commençait à être bien malade, et qui peut-être n'eut pas pour lui toutes les attentions qu'elle aurait eues si elle avait moins souffert. J'ai peur que ce petit contre-temps ne lui ait déplu. J'en serais très-faché je l'aime beaucoup, et je sens tout son mérite. Si vous lui écrivez, je vous prie de l'assurer de tous mes sentiments.
Vous me feriez beaucoup de plaisir, monsieur, de présenter mes respects à M. le duc d'Ayen, et à Mme la comtesse de La Marck 2. Ce sont leurs suffrages qui font ma consolation dans les maux qui m'affligent. Je ne vis plus pour les sensations agréables, mais le plaisir de leur plaire me tiendra lieu de tous les autres.
Comptez, monsieur, sur le sentiment d'une amitié véritable de ma part.”

1 Mme Marie-Elisabeth de Fontaine, soeur de Mme Denis .