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04/09/2016

toutes les petites faiblesses de l'humanité, et les défauts qui sont le fruit nécessaire du temps où l'on est né, et de l'éducation qu'on a reçue, doivent être éclipsés, et anéantis

...  "L'éducation qu'on a reçue" ! mon pauvre Voltaire, tu ferais de sauts de cabri en prenant connaissance des programmes de l'Education nationale : comment faire plus compliqué et plus irréaliste ? comment faire plus avec moins de moyens ? déshabiller Paul pour habiller Jacques ? avec en prime , --ça aurait vraiment manqué à la tradition ! -- une grève des enseignants dès la rentrée . Je les trouve vraiment illogiques à l'infini de protester contre le fruit de leur propres réflexions , mais en fait, je ne devrais plus m'étonner quand on voit leur amour d'un jargon imbécile pour épater la galerie ou se faire paraitre plus savants qu'ils sont : on les retrouve dans un  "milieu aquatique profond standardisé " [traduction : piscine],ce qui  n'est pas fait pour éclaircir la pensée, et je sens bien qu'ils sont irrécupérables, en apnée depuis trop longtemps .

http://www.liberation.fr/societe/2015/04/24/education-par...

Notre peuple devient vraiment une nation de coupeurs de cheveux en quatre , en un  mot : d'emmerdeurs , de pinailleurs .[oups ! pardon, j'avais dit "un mot ] .  

Et ce n'est pas le coiffeur à 9000€ de Fanfoué qui maitrisera l'EPI qui a poussé grâce aux soins de la vibrionnante Najat !

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 Ambiance  western "avant l'attaque des Sioux" ou Pikachu dans sa bulle ?

 

 

« A Ivan Ivanovitch Schouvalov

19è septembre 1761, au château de Ferney

par Genève

Monsieur, les mânes de Corneille, sa petite-fille et moi, nous vous présentons les mêmes remerciements, et nous nous mettons tous aux pieds de votre auguste impératrice . Voici les des 1 derniers temps de ma vie consacrés à deux Pierre, qui ont tous deux le nom de Grand . J'avoue qu'il y en a un bien préférable à l'autre ; cinq ou six pièces de théâtre remplies de beautés avec des défauts , n'approchent certainement pas de deux mille lieues de pays policées, éclairées et enrichies .

Je suis très obligé à Votre Excellence de m'avoir épargné des batailles avec des Allemands . J'emploierai à servir sous vos étendards le temps que j'aurais perdu dans une guerre particulière . Vous pouvez compter, monsieur, que je mettrai toute l'attention dont je suis capable, à mettre en ordre les matériaux que vous m'envoierez ; et que les deux volumes seront absolument conformes à vos intentions .

Plus je vois aujourd'hui de campagnes dévastées, de pays dépeuplés, et de citoyens rendus malheureux par une guerre qu'on pouvait éviter, plus j'admire un homme qui au milieu de la guerre même a été fondateur et législateur et qui a fait la plus honorable et la plus utile paix . Si Corneille vivait, il aurait mieux célébré Pierre le Grand que moi, il eût plus fait admirer ses vertus, mais il ne les aurait pas senties davantage .

Je suis plus que jamais convaincu que toutes les petites faiblesses de l'humanité, et les défauts qui sont le fruit nécessaire du temps où l'on est né, et de l'éducation qu'on a reçue, doivent être éclipsés, et anéantis devant les grandes vertus que Pierre ne devait qu'à lui-même, et devant les travaux héroïques que ses vertus ont opérés .

On ne demande point en voyant un tableau de Raphaël, et une statue de Phidias, si Phidias et Raphaël ont eu des faiblesses ; on admire leurs ouvrages, et on s'en tient là, il doit en être ainsi des belles actions des héros .

Je ne m'occupe du commentaire de Corneille avec plaisir, que dans l'espérance qu'il rendra la langue française plus commune en Europe et que la vie de Pierre le Grand trouvera plus de lecteurs . Mon espérance est fondée sur l'attention scrupuleuse avec laquelle l'Académie française revoit mon ouvrage , c'est un moyen sûr de fixer la langue, et d’éclaircir tous les doutes des étrangers . On parlera le français plus facilement, grâce aux soins de l'Académie ; et la langue dans laquelle Pierre le Grand sera célébré comme il le mérite, en sera plus agréable toutes les nations .
Je me hâte de dépêcher Le Cid et Cinna, afin d'être tout entier à Pultawa et à Petersbourg ; je ne demande que trois mois pour achever le Corneille , après quoi, tout le reste de ma vie est à Pierre le Grand et à vous ; c'est avec ces sentiments, et le plus tendre respect que j'ai l'honneur d'être

monsieur

de Votre Excellence

le très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

1 Sic ; un mot manque par lapsus calami, on peut penser à labeurs .

 

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