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27/08/2019

Je suis à présent à sec, et accablé d’un ouvrage très considérable en faveur de la bonne cause

... Ce que devraient se dire tous les chefs d'états et de gouvernements au retour du G7 .

Ce qu'ils ne se diront pas, trop préoccupés de leur petit train train politique .

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

6è juillet [1764] à Ferney 1

Mes divins anges, quoi ! toujours un rhumatisme ! Je conçois bien que nous autres agriculteurs des Alpes nous soyons souvent affligés de ce fléau , mais un ange! une dame de Paris, qui n’est jamais exposée aux malignes influences de l’air ! Non, ce n’est pas là une maladie de dame. Que dit à cela M. Fournier  ?2 Mon cher ange, qui n’a point de rhumatisme, écrit très proprement, quoi qu’il en dise ; et moi aussi, qui ai recouvré la vue jusqu’à ce que je la reperde. Cette vie est pleine de tribulations. Conservez votre santé, mes anges ; cela vaut mieux que des pièces de théâtre, et surtout que les pièces d’aujourd’hui. Je fais donc Pierre-le-Cruel, comme dit très bien M. de Thibouville . Je l’ai même confié à M. de Chimène . Ainsi je ne crois pas qu’on puisse en douter. Pour vous, mes braves conjurés, vous avez employé un jésuite pour faire les Roués. Je ne sais quel nom on donne à la pièce . Je sais seulement qu’elle ne ressemble pas à Bérénice.

Le petit jésuite dit qu’il est très loin de souhaiter qu’on l’imprime sitôt . Il fera tout ce que vous ordonnez pour Lekain . Il désire seulement qu’on donne un honoraire à un jeune homme 3 qui, depuis dix ans, a copié cinq ou six tragédies dix ou douze fois chacune, et à qui le petit jésuite doit quelque attention. Ledit défroqué ne veut jamais être connu, à moins qu’ayant été encouragé l’été par un petit succès, il n’en ait un grand pendant l’hiver, après avoir donné la dernière main à ses Roués.

Vous avez terminé noblement l’affaire du roi de Pologne, et je vous en remercie. Cramer viendra sans doute chez vous, et vous lui recommanderez de presser son correspondant d’Italie de dépêcher les livres qu’il a promis, et alors je les aurai.

Je suis toujours aux ordres de la Gazette littéraire, quoiqu’elle ait mis une certaine note trop flatteuse à l’extrait de Pétrarque, note à laquelle l’abbé de Sade s’obstine, dit-on, à me reconnaître.

Je suis à présent à sec, et accablé d’un ouvrage très considérable en faveur de la bonne cause 4. Mes chers anges, respect et tendresse.

V.

N.B. – Nous sommes perdus maman et moi si M. le duc de Praslin n' a pas décidé l'affaire des dîmes avant la Saint-Martin.

N.B. – J'ai vu le secrétaire parmesan Deleyre 5. Je l'ai reçu comme un homme recommandé par vous . »

1 Date complétée par d'Argental . L'édition de Kehl omet le post-scriptum .

2 Médecin .

3 Wagnière .

5 Alexandre Deleyre : http://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journalis... . Il a écrit l'article Fanatisme de l'Encyclopédie .

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