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10/01/2022

On ne peut certainement entendre qu’un homme fasse mieux une chose que ceux qui ne la font pas

... Il y a ceux qui font et ceux qui disent qu'ils feront .

 

 

« A Claire-Josèphe-Hippolyte Léris de La Tude Clairon

8 octobre [1766] 1

On ne peut certainement entendre qu’un homme fasse mieux une chose que ceux qui ne la font pas. On ne peut entendre qu’une pièce soit mieux représentée par ceux qui y jouent que par ceux qui n’y jouent pas. On doit encore moins entendre que des personnes du monde, qui jouent la comédie pour leur plaisir, aient des talents supérieurs à ceux des plus grands acteurs de Paris.

Ce qu’il faut encore moins entendre, c’est qu’on ait prétendu comparer personne à Mlle Clairon.

Ce qu’il faut surtout entendre, et ce qui est d’une vérité incontestable, c’est qu’on a pour Mlle Clairon tous les sentiments qu’elle mérite et qu’on ne démentira jamais. Le pauvre vieillard lui sera toujours attaché avec des sentiments aussi vifs que s’il était jeune . Il admirera ses talents, et il admirera encore la force qu’elle eut d’en priver 2 un public ingrat ; il aimera sa personne jusqu’au dernier moment de sa vie. »

1 Cette lettre a été publiée pour la première fois dans le Supplément au recueil des Lettres de M. de Voltaire (1808, deux volumes in-8° ou in-12), comme adressée à Mlle Clairon. Elle porte l’adresse de Thibouville dans l’édition des Œuvres de Voltaire en douze volumes in-8°. Beuchot lui a conservé l’adresse à Mlle Clairon, et l’a placée au 8 octobre 1760 , corrigé par Moland selon la copie portant la date 1766,elle ne peut être que de 1766.

Note de Beuchot : « Il est à croire que cette actrice n’avait pas été flattée de la comparaison que Voltaire établissait parfois entre elle et Mme Denis, sa nièce. »

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