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04/12/2022

Mon Dieu, rendez nos ennemis bien ridicules !

... J'aimerais bien que Dieu ne fasse pas usage de la vertu des ânes .

 

 

« A Etienne-Noël  Damilaville

Je vois bien, monsieur, par votre lettre du 9 de mai, que ce pauvre homme 1 qui fut cuit à Valladolid n’a pu arriver à Paris dans votre hôtel. M. Boursier, votre ami, m’a promis qu’il tenterait de vous faire tenir ce magot par une autre voie. Ce pauvre Boursier est bien embarrassé. Je ne crois pas qu’il aille sur la Saône 2 ; il prendra patience ; on dit que c’est la vertu des ânes ; mais il faut que chacun porte son bât dans ce monde.

Je vous demande en grâce de m’envoyer le petit libelle sorbonnique 3 contre Bélisaire. Il y a cent lieues et cent siècles des honnêtes gens d’aujourd’hui à la Sorbonne. J’ai toujours fait une prière à Dieu, qui est fort courte ; la voici : Mon Dieu, rendez nos ennemis bien ridicules ! Dieu m’a exaucé.

Je vous embrasse tendrement ; tantôt je pleure tantôt je ris. »

1 Allusion aux Questions de Zapata .

2 A Lyon .

3 Indiculus propositonum excerptarum ex libro cui titulus : Bélisaire. (G.Avenel.)

Voir lettre du 16 avril 1767 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/10/13/felix-qui-potuit-rerum-cognoscere-causas-heureux-qui-a-pu-penetrer-la-cause.html

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