17/05/2017
C'est un homme qui ne convient ni dans une république ni dans un royaume ni dans une société
... Aussi, monsieur le président, nous avons raison de ne point choisir tel et untel pour occuper quelque fonction que ce soit dans notre gouvernement " .[Edouard Philippe à Emmanuel Macron, fiction réaliste ou réalité fiction ? ]
Je n'ose imaginer ce que deviendrait la France avec un ministre de l'acabit de Jean-Jacques Rousseau, et des Jean-Jacques, malheureusement nous n'en avons que trop, et des Voltaire pas assez .

Qu'a-t-il été fait depuis deux ans ? quelle est la réponse ?
« A Gabriel Cramer
[vers le 30 juin 1762] 1
Puisque ce bâtard du chien de Diogène est malheureux, il faut lui pardonner . Mais s'il vient à Genève 2 il sera encore plus impudent et plus insensé qu'il ne l'était dans son village auprès de Paris . C'est un homme qui ne convient ni dans une république ni dans un royaume ni dans une société . Il faut que Tronchin le purge, que Cabanis le taille, mais qui le corrigera .
Je crois que votre libraire de Lyon a pris Thieriot pour Rousseau . C'est bien se méprendre . Je ne vois point venir de feuille de Polyeucte . Si vous avez entrepris quelque autre ouvrage, que n’employez vous Grasset ? pour Dieu cher Gabriel dépêchons, la vie est courte . »
1 Manuscrit olographe ; et lettre selon l'édition Marie . Rousseau avait quitté Montmorency le 9 juin 1762, dès qu'il eût été informé par ses amis que son arrestation avait été ordonnée ; il était à Yverdon vers le 14, et V* le savait vers le 26 juin (voir P.S. de la lettre du 26 juin 1762 à Damilaville .
2 Le bruit avait couru vers cette date que Rousseau était à Genève .
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si on peut aider les enfants qui sont ici, en même temps qu'on secourra la mère
... Dans notre politique d'accueil des réfugiés, on aura fait un grand pas vers la solidarité et la paix . "Si on peut ", et d'abord si on veut .

« A Philippe Debrus
derrière le Rhône
à Genève
[30 juin 1762 ?] 1
J'ai à peu près vingt quatre louis, mon cher monsieur, dont il faut disposer en faveur de la famille Calas . Je m'en rapporterai à votre prudence pour savoir si on peut aider les enfants qui sont ici, en même temps qu'on secourra la mère . Je crois qu'à présent elle n'est pas dans le besoin . Je distribuerai cet argent de la manière dont vous l'ordonnerez . Nous aurons encore quelques autres secours en temps et lieu . J'embrasse MM. de Végobre et Cathala et tous vos amis . Je vous trouvai sorti hier . Je vous fais mon compliment sur votre santé ; nous avons le soleil de Languedoc, c'est la seule bénédiction de ce pays-là .
V. »
1 Mention sur le manuscrit : « R. le 30 juin »
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16/05/2017
afin de ne lui pas donner le dégoût de penser que je n'ai pas en lui la confiance que je lui dois
... A peut-être pensé Emmanuel Macron après avoir contacté Edouard Philippe, donné son programme et exposé ce qu'il attend de lui et sa nouvelle équipe, afin de lui confier la direction du gouvernement . Toujours est-il que cette/ces nomination(s) ne sont pas faites à la va-vite et ne sont pas des récompenses pour services rendus, -réels ou fictifs,- comme on a pu le voir dans des gouvernements récents ; ça change heureusement la donne .
Et , sacré nom de Zeus ( je tiens à rester poli avec vous, lecteurs), qu'on arrête de parler de "prise" , comme s'il s'agissait d'un pion, concernant un ministre disposant de son libre-arbitre d'homme face à un président qui propose et n'agit pas en conquérant avide de vider les rangs des partis, à priori, adverses , ce qui serait parfaitement improductif et il le sait bien . Journalistes de tout poil, vous pouvez être particulièrement stupides dans vos "accroches" , et sachez que vous n'avez aucune "prise" sur moi .

Et tu es bien le seul, cervelle de piaf !
« A Dominique Audibert
Aux Délices 30 juin [1762] 1
Je vous écris, monsieur, ce petit billet 2 pour ne vous pas ruiner en port de lettres . Ma reconnaissance est aussi grande que ma lettre est courte . Voici ma procuration . Tout ce que vous ferez sera bien fait . Puisse M. le marquis de Saint-Tropez me payer longtemps . Il lui sera aisé de vous faire passer à Marseille ma 3 petite rente, et à vous, monsieur de me la faire tenir à Genève dorénavant, puisque vous voulez bien avoir la bonté de vous en charger . Je me remets à vous de mon temporel, et quand au spirituel, il vous attend sur le théâtre de Ferney .
Avez-vous entendu parler de la veuve Calas ? Cette horrible aventure va enfin être connue à Paris et à la cour . Je crois que les juges de Toulouse n'ont qu'à pleurer et à réparer leur arrêt .
Votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire .
N.B. – Mon contrat doit être chez M. de Laleu, notaire, rue Sainte-Croix-de-La-Bretonnerie 4 . Je lui écris qu'il ait la bonté de vous le donner et je lui mande que j'ai des comptes à faire avec vous, afin de ne lui pas donner le dégoût de penser que je n'ai pas en lui la confiance que je lui dois .
1 Manuscrit olographe sur lequel Audibert a noté « Voltaire / rép[ondu]le 20 juillet 1762 ».
2 Le manuscrit est de quatre pages de 11,5 cm sur 8,25 cm .
3 V* avait commencé à écrire cet .
4 Voir : https://fr.mappy.com/#/0/M2/TGeoentity/F4d6df123b9eb25073ce6d0c3/N151.12061,6.11309,2.35714,48.85781/Z8/
00:52 | Lien permanent | Commentaires (0)
15/05/2017
Il faut de puissants ressorts pour émouvoir les hommes occupés de leurs propres intérêts
... De ce fait, bon nombre de nos dirigeants, politiciens et fonctionnaires ne peuvent améliorer la vie de leurs concitoyens, sinon en améliorant d'abord la leur . Autrement, circulez, il n'y a rien à voir ...

... That's life ! Sorry !
« A Philippe Debrus
derrière le Rhône
Plus je réfléchis, monsieur, sur l'épouvantable destinée des Calas, plus mon esprit est étonné et plus mon cœur saigne . Je vois évidemment que l'affaire traînera à Paris et qu'elle s'évanouira dans les délais . Le chancelier est vieux 1. La cour est toujours bien tiède sur les malheurs des particuliers . Il faut de puissants ressorts pour émouvoir les hommes occupés de leurs propres intérêts . Nous sommes perdus si l'infortunée veuve n'est pas portée au roi sur les bras du public attendri , et si le cri des nations n'éveille pas la négligence .
Il faut absolument que je vous parle aujourd'hui . Je vous prie que Donat Calas soit à portée, que M. l’avocat de Gobre 2 (j'écris mal son nom ) soit de notre conférence . Appelez-y qui vous voudrez, M. Martine 3 ou un autre . Plût à Dieu que M. Tronchin le professeur y fût . Donnez-moi votre heure, je me rendrai chez vous ou chez M. Tronchin à l'heure que vous prescrirez .
Aux Délices à midi [29 juin 1762 ?] 4»
1 Guillaume de Lamoignon était né en 1683 . Voir : http://data.bnf.fr/11844217/guillaume_de_lamoignon/
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_de_Lamoignon_de_Blancmesnil
2 Avocat genevois Charles de Manoël de Végobre . Voir : http://data.bnf.fr/10234053/donat_calas/
et : https://books.google.fr/books?id=0nnxGEXYcR0C&pg=PA21...
3 Jacques ou Gédéon Martine . Voir : http://gw.geneanet.org/rossellat?lang=en&pz=marguerite+jeanne+culalie&nz=plet&ocz=0&p=gedeon&n=martine&oc=1
4 L'édition Lettres inédites place cette lettre en avril ou mai 1762 . La date proposée ici tient compte des lettres à Ribote Charron, du mémorandum publié dans les Pièces originales, et surtout de l’allusion à la réunion du 29 juin 1762 .
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