21/04/2020
Je rends service à l’État sans qu’on en sache rien
... En toute modestie ...

- Comment dit-on con-finement maître Confucius ?
- 一般收容 Yībān shōuróng
- Merci Maître . Et "11 mai 2020 en France" ?
- 一般解除限制 Yībān jiěchú xiànzhì
- A vos souhaits Maître !
« A Etienne-Noël Damilaville
1er Février 1765. 1
Mon cher frère, voici une grâce temporelle que je vous demande ; c’est de faire parvenir à M. de Laleu ce paquet, qui est essentiel aux affaires de ma famille. Les philosophes ne laissent pas d’avoir des affaires mondaines à régler. Jean-Jacques n’est chargé que de sa seule personne, et moi je suis chargé d’en nourrir soixante et dix : cela fait que quelquefois je suis obligé d’écrire à M. de Laleu des mémoires qui ne sont pas du tout philosophiques. Vous ne savez pas ce que c’est que la manutention d’une terre qu’on fait valoir. Je rends service à l’État sans qu’on en sache rien. Je défriche des terrains incultes, je bâtis des maisons pour attirer les étrangers , je borde les grands chemins d’arbres à mes dépens, en vertu des ordonnances du roi, que personne n’exécute . Cette espèce de philosophie vaut bien, à mon gré, celle de Diogène.
Je crois que c'est un prêtre janséniste qui est l'auteur d'une des pièces d’éloquence que vous m'avez envoyées, et je soupçonne, non sans raison, le petit abbé d'Estrées, qui ferait bien mieux de servir à boire ce bon vin de Champagne comme son père, que de succéder au ministère d'Abraham Chaumeix . Il n'y a pas, Dieu merci, l'ombre du sens commun dans ce ridicule chiffon .
J’envoie votre lettre à Esculape-Tronchin, qui vous exhortera sans doute à la persévérance . On commence aujourd’hui la destruction du petit théologien : je voudrais bien savoir quel est ce maraud-là.
Vous m'avez parlé des Délices . Je deviens si vieux et si infirme que je ne peux plus avoir deux maisons de plaisance, et l'état de mes affaires ne me permet plus cette dépense qui est très grande , dans un pays où il faut combattre sans cesse contre les éléments . Je me déferai donc des Délices, si je peux parvenir à un arrangement raisonnable, ce qui est encore très difficile . »
1 L'édition Supplément au recueil interpole dans le texte quelques fragments empruntés à la lettre du 10 février 1765 ; l'édition Correspondance littéraire intervertit les quatre paragraphes .Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/09/correspondance-annee-1765-partie-4.html
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ne vous affligez pas pour la prévarication impudente d'un misérable libraire ... On est bien las de ces livres de plagiaires
... "des misérables libraires " même , sans oublier les misérables auteurs .

https://www.lemonde.fr/blog/micael/2020/04/04/le-salon-du...
« A Henri Rieu
[janvier -février 1765]
Mon très cher Corsaire, vous êtes trop bon et trop aimable ; ne vous affligez pas pour la prévarication impudente d'un misérable libraire . Il est à croire qu'il défèrera à votre lettre et à l'autorité de M. Astier . Ma plus grande peine est de vous voir affligé . Je vous envoie L’Espion chinois 1 imité de L’Espion turc 2. On est bien las de ces livres de plagiaires . On les fait pour gagner de l'argent et on n'en gagne guère . Il y a quelques hardiesses dans L’Espion chinois, mais elles sont rebattues et ne sont plus des hardiesses . Je vous embrasse tendrement . Je vous prie de passer chez nous avant d'aller vous établir à Genève . »
1 Cet ouvrage, L'Espion chinois , ou l'Envoyé secret de la cour de Pékin, pour examiner l'état présent de l'Europe, 1764 est d'Ange Goudar . Sur ce personnage non dénué d'intérêt voir l'excellente étude de Francis-L. Mars , « Ange Goudar, cet inconnu (1708-1791) , essai bio-bibliographique sur un aventurier polygraphe du XVIIIè siècle », Revue internationale d'études casanoviennes et dix-huitièmistes , 1966 , à laquelle sont venus s'ajouter des « Addenda et corrigenda, I, II et III » repectivement en 1967, 1969 et 1971, ainsi que « Du nouveau sur Ange Goudar ».
Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k107571f.texteImage
et : https://books.google.fr/books?id=eMoFAAAAQAAJ&pg=PA19...
et : http://dictionnaire-journaux.gazettes18e.fr/journal/0387-lespion-chinois-2
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ange_Goudar
et : https://www.musicologie.org/Biographies/g/goudar_ange.html
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20/04/2020
La Destruction me parait plaisante de plus en plus
... Hey James ! anarchiste [de salon ?] confirmé confiné, du calme ! Ne nous trompons pas de cible . C'est le virus qui doit être détruit , pas le pays .
Que faire quand les déchetteries sont fermées ...
« A Gabriel Cramer
[30 janvier 1765] 1
Je vous prie mon cher Caro d'envoyer ce petit billet à M. de Valbelle .
La Destruction me parait plaisante de plus en plus .
J'ai envoyé mon exemplaire de Corneille à l'Académie . Cela finit tout . Vous m'en rendrez un de la nouvelle édition . »
1 La date est fixée selon l'hypothèse selon laquelle le billet pour Valbelle serait la lettre http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/04/19/je-respecterai-toujours-les-monuments-de-l-amitie-6231456.html ; la référence à l'envoi du Corneille le confirme .
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je respecterai toujours les monuments de l'amitié
...
Gravure visible au château , dès le déconfinement établi
« A Joseph-Alphonse Omer, comte de Valbelle
Ferney 30 janvier [1765] 1
Je prie celui qui éternise les traits de Mlle Clairon sur le bronze 2, comme ses talents le sont dans les cœurs de vouloir bien agréer mes très humbles remerciements . J'espère que mes yeux me permettront bientôt de reconnaître des traits qui sont si chers au public . Je me consolerai en voyant la figure de Melpomène, du malheur de ne la pas entendre, et je respecterai toujours les monuments de l'amitié .
V. »
1 L'édition de Kehl, à la suite de la copie Beaumarchais date de 1764 , mais comme ce chiffre apparaît sur la médaille, il est assez probable que cette lettre est de 1765 .
2 Valbelle, ainsi qu'on l'a vu à propos de la lettre du 5 janvier 1763 à d'Argental, amant de Mlle Clairon, et Villepinte ont chargé Lundberger de graver une médaille de Mlle Clairon, dont le revers doit porter cette légende : « L’Amitié et Melpomène ont fait frapper cette médaille en 1764. » Voir : page 494 : https://archive.org/stream/mademoiselleclai00gonc/mademoiselleclai00gonc_djvu.txt
ou : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1148937/f503.item.r=lundberger.texteImage
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