26/12/2023
il faut qu’elle mette ordre à ses affaires
... Pas de trêve des confiseurs pour la ministre Dominique Faure , les policiers municipaux ruent dans les brancards :https://www.bfmtv.com/police-justice/policiers-municipaux...
Cela a-t-il gâché son réveillon ? cela va-t-il pourrir le prochain ? Petit papa Noël, qui vas-tu choisir d'exaucer : les policiers ou la ministre ?
Qu'en disent les chevaliers du Fiel ?
« A Marie-Jeanne Pajot de Vaux ; Maîtresse
des comptes
à Lons-le-Saulnier
23è avril 1768 à Ferney
On ne peut être plus touché que je le suis, mon excellent pâté, de toutes les bontés que vous me témoignez . Quoique je n'aie plus de dents pour vous manger, cela n’empêche pas que je vous trouve du meilleur goût du monde . J'ai toujours pensé que le fond du pâté était aussi bon que sa croûte ; c'est-à-dire que son cœur valait bien sa beauté .
Monsieur votre frère vient incessamment ; il ira sans doute vous voir . Mme Denis ne reviendra pas sitôt ; il faut qu’elle mette ordre à ses affaires . D'ailleurs, la vie d'une dame de Paris ne cadre plus guère avec la mienne . Je me couche à neuf heures et je me lève à quatre 1 . Je ne suis plus qu'un agriculteur, qui fait valoir une très mauvaise terre .
Mille compliments , je vous prie, à monsieur de Vaux et à monsieur François . Comptez que toute votre famille me sera toujours infiniment chère . Conservez vos bontés , madame, pour le vieux solitaire.
V. »
1 V* affine progressivement sa formule . Il disait d'abord se coucher à dix heures et se lever à sept . Il finira par dire qu'il se lève quand Mme Denis se couche !
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25/12/2023
ne veut-on pas aussi que je me sois confessé ?
... Après avoir mis le petit Jésus dans la crêche , bien sûr ...

« A Henri Lambert d'Herbigny, marquis de Thibouville
[vers le 22 avril 1768] 1
[Il est calomnié dans tout ce qu'il fait ] On ne se contente pas d'assurer que j'ai fait mes pâques, ne veut-on pas aussi que je me sois confessé ? [...]
1 A vrai dire, il ne s'agit que d'une citation . Après avoir fait mention de la lettre du même jour à d'Argental , le rédacteur ajoute : « On prétend que dans une autre lettre à M. de Thibouville que je n'ai point vue, il se plaint […]. » Suit la citation .
19:02 | Lien permanent | Commentaires (0)
Relisez ensuite votre ouvrage à tête reposée
... Est-il possible qu'un pratiquant des réseaux sociaux soit doté à la fois d'une tête reposée et de capacité à se relire ?
Statistiquement, je l'estime à un pour dix millions , tant pis si je me trompe .
Chat-J'ai-pété peut-il nous le dire ? Non : "Je ne dispose pas de données précises sur la proportion de personnes qui se relisent sur les réseaux sociaux. Cependant, il est toujours recommandé de se relire avant de publier du contenu en ligne pour éviter les fautes d'orthographe ou les erreurs de frappe. Cela contribue à une meilleure communication et à une image plus professionnelle." Pas mieux . Humain :1 - Ia :0 .
« A Michel-Paul-Guy de Chabanon, de
l'Académie des belles-lettres,
rue du Doyenné saint-Louis du Louvre
à Paris
22è avril 1768 1
Votre lettre, mon cher ami, me donne mille remords. Consultez quelqu'un qui soit bien au fait de l'art des vers et de l'art tragique . Ne lisez point votre pièce dans un cercle , personne n'y dit jamais son avis . C'est de toutes les séductions la plus dangereuse . Donnez votre pièce à lire à quelque ami éclairé et sévère . Relisez ensuite votre ouvrage à tête reposée . Prenez une tragédie de Racine d'une main , et Eudoxie de l'autre . Dites-vous à vous même : Racine se serait-il permis ces vers ? aurait-il étranglé ces sentiments ? aurait-il laissé ce principal caractère indécis ? n'aurait-il pas donné à cet ambassadeur des vues plus développées ? n'aurait-il pas donné à Maxime un caractère plus ferme et plus noble ? n'aurait-il pas mis dans sa pièce de plus grands mouvements ? ne l’aurait-il pas enrichie d'une foule de vers qui restent sans effort dans la mémoire du lecteur ? Songez, mon cher ami, que c'est pour les lecteurs que vous travaillez . Un succès au théâtre n'est rien pour l’Académie française ; il n'y a jamais eu d'aussi grand succès que celui du Siège de Calais . Cet ouvrage ne fera certainement pas de son auteur un académicien 2.
Pardonnez encore une fois à ma tendre amitié . Ne m'en croyez pas, et jugez par vous-même .
Le Pandorien 3 m'avait promis de m'envoyer un mémoire pour son bon homme de père, je le désirais avec ardeur, je l'attends encore ; faites-l'en ressouvenir, je vous en prie .
Ma santé est bien mauvaise, mais je fais contre mauvaise fortune bon cœur . Comptez qu'on ne peut vous être attaché plus sincèrement que je le suis pour le peu de temps qui me reste à vivre . »
1 Original, cachet « de Lyon ». La lettre figure parmi les copies faites en vue de l'édition de Kehl mais n'a pourtant pas été imprimée.
2 En fait Buirette de Belloy entra à l'Académie française : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/pierre-la....
3 Le musicien La Borde, auteur de Pandore, déjà cité .
12:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
je me trouve seul de ma bande contre deux cent cinquante consciences timorées
... Petit bilan d'actualité du président Macron ( à quelque unités près ) qui, comme son sapin élyséen, a les boules . Joyeux Noël ... à tous les autres, si possible .
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
22 Avril 1768
Mon divin ange, mes raisons pour avoir changé ma table ouverte contre la sainte table pourront ennuyer un excommunié comme vous ; mais je me crois dans la nécessité de vous les dire. Premièrement, c’est un devoir que j’ai rempli avec madame Denis une fois ou deux1, si je m’en souviens bien.
Secondement, il n’en est pas d’un pauvre agriculteur comme de vous autre seigneurs parisiens, qui en êtes quittes pour vous aller promener aux Tuileries à midi. Il faut que je rende le pain bénit en personne dans ma paroisse ; je me trouve seul de ma bande contre deux cent cinquante consciences timorées ; et, quand il n’en coûte qu’une cérémonie prescrite par les lois pour les édifier, il ne faut pas s’en faire deux cent cinquante ennemis 2.
3°/ Je me trouve entre deux évêques qui sont du XIVè siècle et il faut hurler avec ces sacrés loups.
4°/ Il faut être bien avec son curé, fût-il un imbécile ou un fripon, et il n’y a aucune précaution que je ne doive prendre, après la lettre de l’avocat Caze 3.
5°/ Soyez très sûr que, si je vois passer une procession de capucins, j’irai au-devant d’elle chapeau bas, pendant la plus forte ondée.
6°/ M. Hennin, résident à Genève, a trouvé un aumônier tout établi ; il le garde par faiblesse. Ce prêtre est un des plus détestables et des plus insolents coquins qui soient dans la canaille à tonsure. Il se fait l’espion de l’évêque d’Orléans, de l’évêque d’Annecy, et de l’évêque de Saint-Claude. Le résident n’ayant pas le courage de le chasser, il faut que j’aie le courage de le faire taire.
7°/ Puisque l’on s’obstine à m’imputer les ouvrages de Saint-Hyacinthe, de l’ex-capucin Maubert, de l’ex-mathurin Laurent, et du sieur Robinet, tous gens qui ne communient pas, je veux communier ; et si j’étais dans Abbeville je communierais tous les quinze jours.
8°/ On ne peut me reprocher d’hypocrisie, puisque je n’ai aucune prétention.
9°/ Je vous demande en grâce de brûler mes raisons après les avoir approuvées ou condamnées. J’aime beaucoup mieux être brûlé par vous qu’au pied du grand escalier.
Je rends de très sincères actions de grâces à la nature, et au médecin qui l’a secondée, d’avoir enfin rendu la santé à madame d’Argental.
Je vous amuserai probablement, par la première poste, de la Guerre de Genève, imprimée à Besançon . C’est un ouvrage, à mon gré, très honnête et qui ne peut déplaire dans le monde qu’à deux ou trois mille personnes ; encore sont-elles obligées de rire.
Je suis hibou, je l’avoue, mais je ne laisse pas de m’égayer quelquefois dans mon trou ; ce qui diminue les maux dont je suis accablé . C’est une recette excellente.
Je suis comme votre ville de Paris : je n’ai plus de théâtre. Je donne à mon curé les aubes des prêtres de Sémiramis ; il faut faire une fin. Je me suis retiré sans pension du roi, dans ma soixante-quinzième année. Je ne compte pas égaler les jours de Moncrif ; mais si j’ai les moyens de plaire 4 à mes deux anges, je me croirai pour le moins aussi heureux que lui. Je me mets à l’ombre de vos ailes, avec une vivacité de sentiments qui n’est pas d’un vieillard.
V.»
1 A Colmar, et en 1761 à Ferney. (Georges Avenel.)
Le 29 juin, à Richelieu : « Mme Denis doit se souvenir qu'elle a communié avec moi à Ferney (en 1761 sans doute ; il le lui rappellera le 27 avril), et qu'elle m'a vu communier à Colmar (en 1754) » .Voir lettre page 131 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k80039n/f136.image
2 Mot important ; voir lettre précédente du 20 avril à Larcher : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/12/23/les-parisiens-jouissent-d-une-heureuse-oisivete-puisqu-ils-d-6477070.html
3 On ne connaît pas la lettre répondant à cette désignation . Une certaine Mme Caze, nièce de Joseph-Marie Terray, vint à Ferney en 1772 . Mais il s'agit plutôt d'une mauvaise lecture pour Cassen, nom sous lequel V* publia sa Relation de la mort du chevalier de La Barre . Du reste, quelques mots sont grattés sur la copie entre la lettre et de l'avocat .
4 Moncrif est auteur d’Essais sur les moyens de plaire. (Georges Avenel.)Voir : https://books.google.fr/books?id=ZLmz3XtsqbwC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
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