04/06/2024
il n’y a point aujourd’hui d’inquisiteurs en France qui fassent brûler les peintres qui les dessinent
... Et vive Charlie ! couverture ancienne mais l'actualité des trublions parlementaires est raccord :

Fondamentalement lâches, les gueulards n'osent pas affronter ouvertement Charlie .
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
21 novembre 1768
Il vaut mieux servir tout à la fois que plat à plat . Ainsi j’envoie à mon divin ange les Guèbres tout entiers, sous le couvert de M. le duc de Praslin. Il m’a paru impossible d’adoucir les traits contre messieurs de Pluton. Si ce sont en effet des prêtres païens, des prêtres des enfers, on ne peut trop les rendre odieux . Si les malintentionnés s’obstinent à traiter cela d’allégories, rien ne les en empêchera, quelque tour que l’on prenne.
Je sens bien que mon nom est plus à craindre que la pièce même. Ce serait mon nom qui ferait naître toutes les allusions ; il porte toujours malheur à la sacro-sainte. Il est constant que la chose en elle-même est non-seulement de la plus grande innocence, mais de la meilleure morale. Si les allusions qu’on peut faire devaient empêcher les pièces d’être jouées, il n’y en aurait aucune qu’on pût représenter. Le possédé a pris son parti . Si on ne peut avoir une approbation, il s’en passera très bien ; il fera imprimer la facétie, qui déplaira beaucoup aux persécuteurs, mais qui plaira infiniment aux persécutés.
Et, après tout, comme il n’y a point aujourd’hui d’inquisiteurs en France qui fassent brûler les peintres qui les dessinent, je ne vois pas qu’il y ait plus de danger à imprimer cette pièce que celle du Royaume en interdit 1, ou de l’Honnête Criminel 2.
Je vous demande en grâce, mon cher ange, de lire l’article « Lally »3 au quatrième volume du Siècle. Je suis convaincu qu’il était aussi innocent que le brutal, et que rien n’est aussi injuste que la justice.
L’abbé de Chauvelin, cette fois-ci, ne doit pas être mécontent . Au reste, il est bien difficile de contenter tout le monde et son père 4.
Respect et tendresse.
V. »
1 Lothaire et Valrade, ou le Royaume mis en interdit, tragédie en cinq actes et en vers (par Gudin de la Brenellerie), 1767, in-8°, publié en 1768 à Amsterdam, mais jamais joué ; voir lettre de mai 1768 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/10/en-attendant-on-le-prie-d-envoyer-les-quatre-volumes-des-nou-6479620.html
2 Sur L'Honnête criminel, de Fenouillot de Falbaire, voir lettre du 1er décembre 1767 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/06/16/par-quelle-fatalite-deplorable-faut-il-que-des-ennemis-du-ge-6447905.html
Voir la lettre du 11 décembre 1767 à Falbaire : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2023/07/03/il-y-a-des-gens-qui-ont-imprime-que-si-on-avait-joue-la-trag-6450497.html
3 Au chapitre XXXIV du Précis du siècle de Louis XV : https://fr.wikisource.org/wiki/Pr%C3%A9cis_du_si%C3%A8cle_de_Louis_XV/Chapitre_34
4 La Fontaine, « Le meunier , son fils et l'âne » : http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/meunfils.htm
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03/06/2024
lokje n’ai point entendu parler de vous
... Pas le moins du monde !
Et ce ne sont pas les spots politico-publicitaires que vous faites qui vont m'instruire sur votre curiculum et votre programme, mesdames et messieurs les candidat.e.s aux élections européennes . Pourquoi s'encombrer l'esprit avec les dires, de Bardella à Elisabeth Bornes ? Dès le 9 juin au soir, et pour 90% d'entre vous ( sur quatre-vingt-un partants ), vous retournerez à l'oubli ou vous y resterez, et n'aurez que le souci de tenter de vous faire rembourser vos frais de campagne, ce qui est bien le moindre .
Voir tous ces zigotos : https://www.touteleurope.eu/vie-politique-des-etats-membr...
« A Philippe-Charles-François-Joseph de Pavée, marquis de Villevielle
19è novembre 1768 à Ferney
Je vous ai attendu, mon cher marquis, et je n’ai point entendu parler de vous. Si je suis assez malheureux pour ne vous pas posséder chez moi, si vous êtes à Montpellier, je vous demande une grâce, c’est de me mettre au fait d’un prétendu marquis de Bélestat. J’ai reçu plusieurs lettres sous ce nom, datées de Montpellier. Celui qui les écrit se dit un jeune homme qui aime les lettres. Il m’envoya, il y a quelques mois, un Éloge de Clémence Isaure. Je lui ai écrit, depuis ce temps-là, deux lettres pour une affaire très importante . Je n’ai point eu de réponse ; et on m’avertit que ce marquis de Bélestat n’existe pas. Dites-moi, je vous prie, ce que vous en savez. Soyez bien persuadé surtout que de tous les marquis de votre pays vous êtes celui que j’aime le mieux.
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